CHAPITRE IV I. — OROGRAPHIE
Les influences météoriques, agissantes dans les pays tropicaux au point souvent d'altérer et d'ameublir le terrain « jusqu'à une profondeur telle qu'il devient la plupart du temps impossible d'apercevoir les roches en place » (l), ont avec l'érosion donné ce relief mou et usé qui, sauf au Nord-Ouest, caractérise le sol de la Côte d'Ivoire.
Les mouvements de terrain du Nord-Ouest sont la terminaison vers l'Est du bourrelet montagneux traversant la Guinée, le Sierra-Leone et le Libéria. Au Nord du 7*^0 de latitude, ce soulèvement atteint des altitudes dépassant 1.000 mètres, et son point culminant paraît être le Moniy (1.500 mètres) sur la rive gauche du Gavally. Il s'épanouit à travers le Toura en massifs, en dômes et eu pics atteignant 1.000 mètres et se termine par des groupements de dômes plus ou moins importants au Nord dans la région Touba- Odienné-Boundiali (massif de Mahoudougou entre les vallées de la Férédougouba et du Bafmg, massifs de Dinkélé, du
(4) Leçons de fjéographie physique. A. de l.npp.nent, page 45.
Napong, etc.), à l'Est, à travers rOuorodougou dans le Ngalakadougou et jusque dans la région de Mankono. Ces mon* tagnes d'érosion sont surtout constituées par des granités et des schistes cristallins.
Ailleurs, très fréquents jdans la colonie et d'une consti^
Fig. 4. — Côte d'Ivoire. — Carte des grandes lignes du relief.
tution analogue, se rencontrent des dômes isolés, groupés ou soudés. Citons la chaîne de Grabo de direction 0.-S.-0,-E.-
N'-E. traversée parla rivière Gavally formée de micaschiste, de pegmatite et d'orthogneiss, la chaîne S.-O.-N.-E. de Béréhy dans le cercle du Bas-Gavally, les massifs de Kouta et de Dougako dans le cercle de Lahou, le massif de Kinnta dans le district de Bouna, la ride montagneuse constituant dans ce même district la ligne de partage des eaux de la Volta et de la Comoé. Mais ces accidents sont insignifiants par rapport à ceux du N.-O., leur hauteur de commandement ne dépasse pas 200 à 250 mètres.
La chaîne centrale du Baoulé formée surtout de roches sédimentaires métamorphiques comprend une succession de petits massifs isolés les uns des autres et auxquels il y a lieu de rattacher les massifs du Sia (cercle de l'Ouorodougou), de TAkoué et du Yaouré près du confluent de la Marahoué et de la Bandama.
La chaîne de Bondoukou, de même formation que la précédente, s'amorce non loin de la rive gauche de la Comoé et comprend, elle aussi, une succession de petits massifs jusqu'à la frontière séparant la Côte d'Ivoire de la Gold-Coast.
Ces deux dernières chaînes ne présentent guère de hauteurs de commandement dépassant 300 mètres.