‹ La Côte d'IvoireChapitre 9 sur 19 · ANC HE VII · texte numérisé non relu

ANC HE VII

Fig. 15. — Le massif Akoué.

Fii^. IG. — Le massif de Kokumbo.

500 mètres environ au-dessus du niveau de la mer, se trouve dans la partie N.-E. du massif. Les schistes métamorphiques qui le constituent avec les diabases et des rhyolites présentent des degrés d'altération différents et se rencontrent jusqu'à la Bandama (Aouadia et Kumikro) qu'ils traversent. Le contact des schistes et des gneiss s'observe sur la rive gauche de la Bandama non loin d' Aouadia

Au N.-E. du massif, on trouve une série de montagnes de constitution identique parmi lesquelles le Nzaa-Bocca de 60 mètres d'altitude au-dessus delà plaine environnante. La roche encaissante des filons de quartz minéralisés d'or et de pyrite (ce dernier minerai se rencontrant surtout au-dessus du niveau hydrostatique) paraît être constituée par des schistes amphiboliques qui ont donné en surface des roches vertes par altération.

Le massif de l'Akoué forme sur la rive gauche de la Bandama, entre Bocabo au Nord et Tombokro au Sud, une sorte de lentille dont la convexité est à TEst. Le point culminant du soulèvement parait être au Tandabakro-Bocca (450 mètres au-dessus du niveau de la mer).

Le massif du Yaouré forme sur la rive droite de la Bandama un arc de cercle dont la concavité est N.-O. Les versants presque à pic sur la plaine à l'Est, à l'Ouest et au Sud sont plus adoucis vers le Nord. Les hautes altitudes sont dans la partie occidentale du massif et ne paraissent pas dépasser celles du Tandabakro.

Dans les parties de ces massifs que nous avons pu visiter, la roche verte (diabase altérée ou quartzite amphibolique) se rencontre avec le quartz à l'exclusion de l'orthogneiss. Mais on retrouve dans ces mouvements de terrain les boules et l'en-

duit ferrugineux peu épais dont il a été question plus haut»

Les indigènes exploitent non seulement l'or alluvionnaire dans les vallées (puits de 1 m. 50 à 3 mètres de fond dans le Yaouré entre Pombo et liazi), mais aussi et surtout l'or des gîtes de dépôts détritiques et de dé,pôts lacustres (Akoué : Kossou et Nzaa ; Yaouré : An go via, Bopri, Alaou, Tanou, Akou-Yanou et Koronou). La succession des couches dans les puits du placer de Nzaa (Akoué) est la suivante :

1^ Terre végétale.

2" Gravier et sable très ferrugineux ;

3'' Terre aurifère jaunâtre ;

3*^ Terre aurifère blanche ;

5« Bed-rock.

Dans la partie méridionale du cercle de Bondoukou, aux environs du village de Koon, s'amorce une cliaine formant une succession de petits massifs que Ton suit constamment par la route d'Akakoumoékrou à Bondoukou. Us s'allongent dans la direction N.-N.-E. suivant les lignes principales Zanzan-Sikassiko-Assafouni-Tambi d'une part, Sapia-Kossindawa-Inzimala de l'autre, avec des hauteurs de commandement n'excédant pas 150 mètres.

Ils sont comme leurs alentours, comme aussi presque tout le N'Zi-Gomoé et l'Indénié constitués par des roches sédimentaires métamorphiques (quartzite, schiste rosé, schiste micacé avec des diabases très altérées). Cette dernière roche forme des épanchements tabulaires dont l'un est visible de Bondoukou vers l'Ouest. Le massif de Zanzan au sud de Bondoukou présente une brèche où la roche est formée de galets de diabase,de schiste cristallin et de quartzite dans un ciment siliceux. Cette chaîne disparaît au N.-E., mais les

fosEPH

Planche VIII

te

fcD

(Tl

et

Il>

roches qui la constituent se retrouvent dans le lit des rivières tributaires de la Volta noire (Zorholk, Goladio, Nimbé) et dans celui de la rivière Binta qui traverse les monts Kinnta formés d'un énorme chaos de roches érujDtives granitiques et syénitiques en abondance ainsi que de schistes cristallins. Ce sont ces schistes qui dominent à l'ouest, au centre et au N.-O. du cercle de Bondoukou surtout au Nord de la route de Groumania.

Aux abords des petits massifs se rencontrent parfois des buttes latéritiques affectant dans la région de Korhogo une forme tabulaire allongée qui les font ressembler de loin à de petits fortins.

Si les schistes cristallins couvrent une bonne partie de la colonie, on peut toutefois constater la fréquence des roches sédimentaires métamorphiques qui dominent dans tout Test et une partie du centre de la colonie. Le tracé sur une carte des travaux aurifères indigènes montrerait assez bien la répartition des terrains de cette nature. On les rencontre dans le Sanwi (cercle d'Assinie), chez les Attiés (cercle de FAgnéby), dans TAlangoua où la roche verte est recouverte d'une couche détritique de plusieurs mètres d'épaisseur (cercle de rindénié), chez les Quelles, les Faatoués et les Akoués (cercle du N'Zi-Gomoé), le long du N'Zi (cercle du Baoulé), chez les Yaourés (cercle des Gouros).

Hooieiiclaiare des roches rencontrées Calcaires

La seule formation calcaire encore connue est située sur la rive S.-E. de la lagune Aby. Elle comprend des calcaires

bitumeux à fossiles écrasés et minuscules dont l'âge n'a pu être déterminé et des conglomérats coquilliers d'âge récent.

En 1909, nous avons trouvé dans la lagune de Laliou, recouverts d'oxyde ferrugineux, des blocs d'un calcaire gris et compact présentant une décalcification très nette, des traces de fossiles de dimension moyenne et des empreintes de polypiers, ce qui nous a conduit à supposer qu'ils avaient été détachés par les vagues de gros temps de récifs barrières coralligèiies (1) devant constituer le substratum du cordon littoral sableux séparant les lagunes de la mer.

En 1912, à Alépé, sur la rive droite du cours inférieur de la Comoé où la roche affleurante est l'orthogneiss, nous avons recueilli des morceaux d'un calcaire gris peu consistant, portant des traces de fossiles, nous n'avons pu connaître la provenance de ces roches assurément transportées là.

Il serait du plus grand intérêt de poursuivre les recherches sur ces formations en raison de la rareté des calcaires

(1) Au sujet de l'existence de iorniations coralJigènes, il est intéressant de reproduire ce (jne dit Uoberison dans ses Notes on africn, publiées en 1819, du commerce de graines fossiles pratiqué jadis par les gens du Bas-Cavallj. J'emprunte la note suivante à l'appendice du livre de M. le Gouverneur Glozel : Dix ans à la Côte d'Ivoire.

a Presque toute la population mâle est employée à faire des chapelets composés de grains d'une subslance fossile du fond de la mer qui ressemble au corail, mais qui n'en a pas la couleur. Tous les habitants des contrées environnantes payent fort cher ces chapelets qui passent pour protéger contre les sortilèges. Les plongeurs qui recueillent cette substance se munissent d'un instrument de fer pour creuser la couche de terre qui la recouvre au fond de la mer. Chose curieuse, tous nos renseignements récents se taisent à ce sujet. Il semblerait que depuis 80 ans le souvenir même de cette substance et du commerce auquel elle donnait lieu se soit perdu dans le pays. »

signalés jusqu'à ce jour dans cette partie de la Côte Occidentale d'Afrique.

fiable siliceux, et terre de barre (littoral)

Grèfii très ferrugiueax à gros éléiuentâi de quartz

Foriuatious diverses

Latérite,

Latéinte avec hématite à irisations jaunes trouvée dans les collines du nord de Lahou et ayant donné 64 0/0 de fera l'analyse.

Bauxite pisolithiqiie commune dans les régions de sources.

Roches sédlmentaires métainorpbisées

Schistes micacés et schistes à séricite plus ou moins altérés, formant les rives du cours inférieur de la Bandama jusqu'à Tiassalé.

Schistes amphiboliques fréquents dans les massifs étudiés.

Des échantillons de quartzite ont été prélevés à Angovia (Yaouré) et dans les environs de Nzaakro. Des phylades ont été recueillies sur la rive gauche du N'Zi (route de Bouaké à Dabakala).

Les quartzites sont fréquentes dans tous les petits massifs.

Quartzite à amphibole avec tendance à la schistosité des éléments quartzeux (rivière Goladio, cercle de Bondoukou).

Schistes provenant de l'altération des diabases.

Schistes cristallins

Ils sont représentés par Forthogneiss — appelé aussi dans cette étude : granité pressé. — Antérieure aux roches sédmentaires métamorphisées, c'est la roche la plus répandue dans la colonie.

Roches éraptiwes ancieunes

a) Acides. — Ce sont des épanchements ou des intrusions de granité, de pegmatite (Bouaké et Grabo), d'aplite (Nandibo, cours inférieur de la Bandama), dont l'origine est antérieure aux roches sédinientaires métamorphisées.

La syénite à aegyrine avec magnétite légèrement titanifère se rencontre à la surface du sol en gros blocs arrondis comme les orthogneiss (route Sorhobangho-Bouna : Monts Kinnta).

b) Basiques, — Nous avons reconnu entre les villages de Saouérékro et de Diamalabo (district de Yamoussoukrou), à proximité du massif Akoué, un filon de diorite affectant en surface la forme de boules semblables aux chaos de schiste cristallin. La roche présente de gros éléments de hornblende dans un feldspath contenant quelques éléments de quartz.

KlémentK sIlieatéK des roches

Dans les micaschistes et les pegmatites de la chaîne de Grabo abondent un grenat sans grande valeur (trapézoédre),

une tourmaline ferro-magnésienne et une tourmaline manganésienne (rubellite).

M. Henry Hubert a recueilli sur les tremblements de terre en Afrique Occidentale d'intéressants renseignements qu'il a publiés (1). Donnons l'énumération, d'après cet auteur, des mouvements sismiques relevés en Côte d'Ivoire.

Vers 1877, un tremblement de terre assez violent fut ressenti des habitants de la zone occupée entre Bafya (cercle d'Assinie) et Bondoukou. Des toitures furent déplacées, des individus renversés, des murs ébranlés. Le séisme aurait été ressenti sur une aire de 300 kilomètres environ.

Un mouvement du sol a été signalé dans la région de Gregbeu-Baïbou dans le cercle du Haut-Sassandra vers 1889.

En 1908, un tremblement de terre, qui provoqua la chute d'arbres, fut ressenti dans l'Ouest de la Côte d'Ivoire, notamment entre Touba, Man et Danané.

En 1910, un mouvement sismique faible fut signalé à Binger ville.

(1) La Géographie, t. XXX, 1914-1915, pp. 359 à 364. Henry Hubert.

Page 1