‹ La Côte d'IvoireChapitre 6 sur 13 · I. — OROGRAPHIE · texte numérisé non relu

I. — OROGRAPHIE

Premier aspect. — La Côte d'Ivoire, vue de la mer, ne présente aucune élévation remarquable; cependant on peut observer que la région ouest de cette côte offre des hauteurs qu'on ne retrouve plus vers l'est.

Relief général. — D'une manière très générale, on pourrait comparer le pays à un vaste plateau assez fortement incliné dans la direction du nord-ouest (massif du Fouta- Djallon et hauteurs qui s'en détachent) au sud-est.

Deux seuils ou gradins. — Ce plateau, qui vient se terminer doucement vers l'étroite bande de sable de la mer, présenterait lui-même plusieurs seuils, sensiblement parallèles à la côte :

Le premier, assez étroit, serait marqué par la ligne des rapides que l'on rencontre en allant, par voie fluviale, du littoral vers l'intérieur (en moyenne à 50 kilomètres).

Le second seuil se terminerait au bourrelet qui forme la ligne de partage entre le bassin du Niger et les fleuves côtiers.

La ligne de partage. — Cette ligne de faîte, derrière laquelle s'étend l'immense plateau africain, pourrait être considérée comme la limite physique de la Côte d'Ivoire.

Les hauteurs qui la forment vont en diminuant d'altitude en allant du nord ouest au sud-est; au nord de Kong, le pic de Komono mesure encore plus de 1.400 mètres. La ville de Kong elle-même se trouve à plus de 700 mètres

d'altitude. Cependant il convient de détruire la légende d'après laquelle les anciens géographes dotaient ce pays d'une chaîne de montagnes dénommées monts de Kong ou collines de Kong.

Les voyages des explorateurs ont révélé la fausseté de ces assertions ; tout au plus a-t-on constaté la présence de faibles hauteurs au sud de cette région qui, en somme, est plutôt un pays de plaine.

Les hauteurs courant dans le Gankouna, à l'est du Ouorodougou, auraient, d'après Binger, 700 à 800 mètres de relief sur le terrain environnant.

La chaîne qui rayonne entre tous les affluents d'une multitude de cours d'eau vient se terminer, semble t-il, au nord-est du pays de l'Achanti, de telle sorte que le passage du bassin de la Volta (tributaire de l'Océan) dans le bassin du Niger est presque insensible.

Hauteurs avoisinant la côte. — Les ramifications détachées du puissant massif de la région du haut Niger sont encore reconnaissables sur le littoral de la côte ouest où elles forment les collines de Saint- André {SassandTah) atteignant près de 300 mètres, celles bordant le San Pedro, rive droite, environ 400 mètres.

Toutefois, les hauteurs à proximité même de la côte atteignent à peine une centaine de mètres d'élévation (les Sœurs, les montagnes de Fresco, etc.).

Enfin, il existe dans la vallée du Cavally et à 50 kilomètres environ de la côte, deux montagnes (350 mètres à peu près) formées de grès rouge et se faisant face sur l'une et l'autre rive.

Elles sont bien connues des kroumen auxquels elles signalent le pays et servent de repère; il est en effet possible de les distinguer par un temps clair du haut de la mâture d'un navire passant dans ces parages.

Les légères hauteurs avoisinant immédiatement la côte se terminent à Fresco par les collines des Sœurs. Le reste du

littoral vers l'est devient absolument plat : c'est la région des lagunes.

Plateau du Manding. — Le deuxième seuil est constitué à l'ouest par un large plateau, s'étendant au nord du Gavally, du San Pedro et dans l'iiinterland du Libéria : c'est le plateau désigné sous le nom de plateau du Manding très peuplé par les indigènes de race mandé. Cette région, encore inexplorée, n'est guère connue que par les récits d'un voyageur noir (Anderson). Les pentes du plateau sont couvertes de blocs de granit abandonnés par les eaux.

Ce même seuil se retrouve dans la région orientale, mais moins large.

Constitution géologique du sol. — L'étude de la constitution du sol révèle dans toute la région des indices relatifs à la période glaciaire .

M. Chaper, ingénieur, a reconnu, en 1882, dans le Samri, des blocs et des argiles dénotant cette origine. Ces blocs isolés ont été retrouvés par d'autres voyageurs à la lisière nord de la forêt. Formées, agglutinées au milieu des couches de sable emportées ensuite par les eaux, les roches sont seules demeurées en place.

Les grès sont donc nombreux, de même que les massifs granitiques, dont Binger, entre autres, signale la présence dans son itinéraire au nord de Kong. Il faut citer aussi le quartz qui se rencontre en filons comme dans les terrains primaires et sous la forme de quartz aurifère dans les vallées. Dans l'Anno, le terrain, d'après Binger, est composé pour les deux tiers de quartz et pour un tiers d'argile sablonneuse. Entre le pays de Kong et le Djimini, l'explorateur signale encore des soulèvements de grès ou de granit de 30 à 50 mètres de relief, semblant se rattacher au système dû Komono.

Près de Ouandarama, il existe de belles masses de granit bleu.

Dans toute la région, les oxydes ferreux sont très répan-

dus et donnent parfois aux roches une teinte caractéristique.

Enfin les argiles, tantôt rougeâtres, tantôt jaunes, par la coloration de ces mêmes oxydes, se trouvent fréquemment sous Vhumus épais de la forêt, surtout dans le bassin inférieur des fleuves où elles s'opposent souvent à l'infiltration des eaux.

Page 1