‹ La Côte d'IvoireChapitre 9 sur 13 · CLIMATOLOGIE · texte numérisé non relu

CLIMATOLOGIE

Le climat de la Côte d'Ivoire ne comporte pas deux saisons bien distinctes, comme certaines parties de l'Afrique. En réalité, et comme cela doit exister pour un pays aussi boisé, les pluies sont fréquentes et la sécheresse jamais extrême.

On pourrait néanmoins partager l'année de la façon suivante :

De janvier jusqu'à fin avril saison sèche où la tempéra-

ture atteint son maximum; le thermomètre dépasse alors constamment 28^ dans les cases pour atteindre souvent 35°.

Cette période est néanmoins la plus saine pour les Européens et pour les indigènes.

D'avril à juillet, saison de pluies mêlées de tornades, à laquelle succède une saison sèche et chaude (août-septembre). Survient alors une transition qui parait funeste plus particulièrement aux indigènes (telle serait dans nos régions Tépoque de la chute des feuilles).

La deuxième saison des pluies, celle de l'hivernage, semblerait comprendre les mois d'octobre et novembre; mais elle se prolonge, dans certaines régions (par exemple à l'ouest dans le Cavally), jusqu'à la fin de décembre.

Cette saison, vers sa fin, serait celle du renouveau si la nature n'était, là-bas, perpétuellement éveillée. Les forêts, les rives des fleuves revêtent une teinte moins sombre; mais c'est aussi la saison la plus pernicieuse pour l'Européen. De la terre détrempée par les orages violents, chauffée ensuite par un soleil de feu, se dégagent les miasmes qui engendrent la fièvre.

Cette division en* deux saisons sèches et deux saisons de pluies, déjà quelque peu arbitraire, ne peut cependant pas s'appliquer à tous les points de la région. On peut dire, d'une façon générale, qu'en s'avançant vers l'inférieur les pluies sont retardées.

Le climat de la Côte d'Ivoire ne peut certes pas être dit salubre à l'Européen. Les lagunes sont là dont les eaux noires fermentent au soleil; dans la forêt cl partout traîne une odeur pestilentielle due à la fermentation de l'humus accumulé là depuis des milliers d'années. Quoi qu'il en soit, il faudrait être bien optimiste pour s'étonner de voir le blanc atteint dans ces régions, alors que les indigènes eux-mêmes, comme cela se voit dans les villages des rives nord de la lagune, succombent parfois à rempoisonnemenl paludéen. Chez eux aussi il existe de nombreux cas de

lèpre, d'éléplianliasis; mais ces maladies sont communes à celles du Soudan, si l'on en excepte le (( ver de Guinée )).

Malgré tout, l'Européen s'accommode parfaitement du climat à la côte même, bien qu'il ne lui soit pas propice. Il est évident, en effet, qu'il n'est pas indifférent d'habiter le bord nord ou le bord sud de la lagune, la forêt ou le littoral. Dans ce dernier cas, la brise de mer bienfaisante a ses influences multiples, tandis qu'à quelques centaines de mètres plus loin elle charrie déjà les miasmes paludéens.

L'état de santé des commerçants français ou anglais établis à la côte (il en est un qui y vit depuis bientôt quarante ans) en dit d'ailleurs plus long à ce sujet que tous les discours.

Nous avons donc là, en tout cas, une bande de sable d'une longueur supérieure à 500 kilomètres parfaitement habitable, d'où le commerçant peut faire rayonner ses échanges dans l'intérieur, et le colon surveiller ses plantations. Peu à peu, l'intérieur lui-même, de proche en proche, deviendra plus clément à l'Européen après le défrichement.

Il n'est que la première conquête du sol qui doit être chèrement payée.

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