‹ La côte nord du Saint-Laurent et le Labrador canadienChapitre 10 sur 23 · RIVIÈRES DES BERGERONNES · texte numérisé non relu

RIVIÈRES DES BERGERONNES

LA petite et la grande rivière des Bergeronnes qui coulent parallèlement et à peu de distance l'une de l'autre, sont les premières rivières d'une certaine importance sur la rive nord, en aval du Saguenay.

Les Petites Bergeronnes, rivière torrentueuse, sont à 122 milles de Québec et à 14 milles de Tadoussac. Les Grandes Bergeronnes se trouvent placées un peu plus à l'est.

Toutes deux sont de bonnes rivières à trnites ; il entre même quelques saumons dans les Grandes Bergeronnes.

L'estuaire des Bergeronnes est quelque peu obstrué par des roches ; les bateaux plats et les yachts d'un faible tirant d'eau peuvent toutefois pénétrer dans l'une et l'autre de ces rivières à marée haute.

Les lacs qu'elles desservent sont nombreux. Mentionnons particulièrement sur les Petites Bergeronnes le lac des Sables, à sept ou huit milles de la mer, qui mesure près de quatre milles en longueur sur une largeur moyenne de deux railles. Ce lac fourmille de truites et d'éperlans.

Les autres lacs, plus modestes en étendue, mais tout aussi poissonneux, sont le lac à Beaulieu, le lac à Raymond, qui est un élargissement de la rivière Bas-de-Soie, le lac à la Truite, les lacs à Castor, le lac à Paradis qui se décharge dans les lacs des Sables, le lac à Patrice, etc.

C'est aussi une région propice à la chasse de tous les gibiers : canards bruns, becs-scie et huards dans les lacs et les ruisseaux, lièvres et gelinottes dans le bois ; quelques caribous et castors à la tête de la rivière. A la mer beaucoup de gibier d'eau. Puis, loups-marins, marsouins et gibbars (*).

Toute cette région est desservie en arrière du littoral par une route qui mène de Tadoussac au Sault-au-Cochon.

Le canton des Bergeronnes qui compte 6 concessions et 17,300 acres arpentées, est quelque peu accidenté et montagneux. Il y a cependant çà et là d'assez belles vallées avec des terrains susceptibles de culture.

Au reste, la colonisation y a fait assez de progrès puisque l'on compte à l'heure actuelle 222 lots concédés dans ce canton dont 36 dans le rang A, 35 dans le premier rang, 37 dans le deuxième rang, 28 dans le rang ouest, 20 dans le rang est et 20 dans le sixième rang, etc.

Les deuxième et troisième rangs sont couverts en partie par une savane.

Quant au bois dans cette région, on y rencontre à peu près toutes les essences:, épinette, sapin, bouleau, cèdre, frêne, pin blanc, merisier, etc.

Le village des Grandes Bergeronnes avait le défaut d'être quelque peu intercepté par nombre d'obstacles dans la rivière. Le gouvernement vient de supprimer ces obstacles

(1) Notes manuscrites de M. de Pnyjalon, 1897.

en faisant creuser un chenal de 150 pieds sur une distance d'un mille, c'est-à-dire jusqu'au village. On a construit aussi une jetée.

Notons enfin qu'une importante scierie fonctionne sur la rivière Petites Bergeronnes.

La population des Bergeronnes était estimée en 1905 à 1175 habitants, et la propriété foncière à $109,880.

Rivière des Escoumains

Rivière assez considérable qui débouche dans le Saint- Laurent à cent trente-et-un milles de Québec et à vingt milles de l'anse de Tadoussac.

L'entrée de la baie qui sert d'estuaire est aisément accessible à demi-montant de la marée.

Les eaux de cette rivière sont froides et claires, son cours rapide et rempli de cascades et de fosses profondes.

C'était autrefois une excellente rivière pour le saumon, mais elle a perdu beaucoup de sa valeur depuis qu'on y a installé des scieries. Le saumon la fréquente encore, mais il n'y vient qu'à la cessation des travaux de la scierie.

De nombreux lacs alimentent cette rivière. L'un d'eux le lac des Escoumains — qui n'est qu'à dix ou douze milles de la côte et qui mesure trois milles et demi en longueur sur un mille et demi en largeur, est très poissonneux.

On s'accorde à reconnaître que toute cette région arrosée par les Escoumains est un territoire de chasse facile.

Dans les bois, c'est le lièvre, la gelinotte, et dans le haut de la rivière des animaux à fourrures assez variés, quelques castors, etc.

Beaucoup de gibier de mer sur le littoral, des canards eider.

A la mer, loups-marins, marsouins, gibbars.

6o LA COTE NORD

Signalons aussi la rivière des Petits Escoumains, à cinq milles à l'est des Grands Escoumains et la rivière Petite Romaine, à trois milles à l'est des Petits Escoumains,

Ces deux rivières sont richement pourvues de truites, d'anguilles et contiennent même quelques saumons. . Les lacs tributaires, et notamment le lac des Petits Escoumains, sont remplis de poissons.

Leur territoire de chasse vaut à peu près celui des Grands Escoumains ; lièvres, gelinottes, quelques castors et autres animaux à fourrures à la tête des rivières.

Nombreux gibiers d'eau. Sur les battures, marsouins et loups-marins.

, Ces petites rivières sont des plus accessibles aux canots.

Il convient de noter, entre la Petite Romaine et le Saultau-Mouton, quatre ruisseaux à cours restreint, sauf un, dont le cours doit atteindre six ou sept milles, qui sont bien pourvus de truites, d'anguilles, de canards bruns et de plongeurs dans les marécages environnants.

Aussi nombre de siffleux ou marmottes du Canada, du gibier de grève, etc.

Ces ruisseaux desservent plusieurs lacs qui eux-mêmes regorgent de truites, d'anguilles, etc. (1).

Le village des Escoumains est doté d'une église catholique, d'un bureau de poste et de télégraphe et de plusieurs magasins.

La compagnie Saguenay Lumber possède ici même une scierie qui est en pleine activité.

(i) Notes manuscrites de M. de Puyjalon.

DU SAINT-LAURENT 6l

D'autre part, en ces dernières années, le gouvernement fédéral a pris des mesures pour enlever les obstacles qui obstruaient le havre des Escoumains et fait construire un quai d'une longueur de trois cent cinquante pieds. La marée du printemps monte ici jusqu'à quinze pieds. A marée basse, elle est de huit pieds.

Le canton des Escoumains qui est traversé à son extrémité ouest par la rivière, contient 23,000 arpents de terre et est subdivisé en huit concessions. Les deux premières sont à peu près entièrement occupées. Il y a dans ce canton d'assez bons morceaux de terre qui peuvent être cultivés avec avantage.

Le village et le canton comprennent une population de 755 habitants. D'autre part, la valeur de la propriété foncière y était portée, en 1905, à $76,182.00.

Rivière du Saui/t-au-Mouton

A trente-trois milles de l'anse de Tadoussac.

Cette rivière qui est accessible aux bateaux plats à marée haute, mesure cinquante-quatre milles et ses branches principales sont la rivière aux Castors, à Roussel, le ruisseau Martel, et les petites rivières de l'Est et de l'Ouest.

On trouve, sur le parcours de cette rivière, plusieurs pouvoirs hydrauliques dignes de remarque et notamment une cascade de soixante pieds de hauteur qui tombe dans le fleuve : Vue du fleuve, cette cascade d'une hauteur imposante, donne au paysage un reflet de grandeur que les monts pittoresques du voisinage encadrent admirablement, le tout formant un ravissant tableau.

Ajoutons que la descente du bois peut se faire avec facilité sur presque toute la longueur de la rivière.

Les bois dominants sont l'épinette, le bouleau, le sapin, le cyprès, le tamarac et le pin.

Dans la partie supérieure de la rivière, les montagnes ont peu d'élévation, mais au delà de la grande chute, sur le vingt-quatrième mille, elles doublent en hauteur.

Cette rivière est riche en truites et en saumon. L,a première chute, située à la mer même, empêche néanmoins le saumon de remonter. M. de Puyjalon exprime l'avis qu'un canal d'accès de deux ou trois cents verges ferait disparaître cet obstacle. Une passe migratoire sur le côté de la chute aurait le même effet, et permettrait à la truite et au saumon de remonter jusqu'à cinq milles dans la rivière.

Au pied de la chute, la truite de mer, le saumon et l'anguille abondent. On a vu des saumons pris ici qui atteignaient le poids de vingt et de vingt-cinq livres.

Cette rivière est alimentée par un grand nombre de lacs très poissonneux, surtout en truites variées.

Au point de vue de la chasse, ce territoire vaut encore la peine d'être signalé. On y chasse l'ours et quelques autres animaux à fourrures. Peu de castors.

La bécassine est toujours abondante dans les marécages, et à la mer, les disciples de saint Hubert ont le choix entre les canards, les plongeurs, les cacaouis, les bernaches, les outardes, les sarcelles.

Au large, loups-marins et marsouins (1).

Village du Sault-au-Mouton

Situé à l'entrée de la rivière, se trouve un petit hameau fort intéressant, doté d'une église. Ce hameau forme partie du canton Alberville dont neuf concessions ont été subdivisées en lots, avec une contenance totale de 16,000 acres. Dans la partie arpentée, le terrain est d'assez bonne qualité, mais entrecoupé par des rochers.

(1) Notes manuscrites de M. de Puyjalon.

La partie nord-est du canton, jusqu'au douzième rang, est en terre sablonneuse, montagneuse et impropre à la culture. Le bois est entièrement brûlé. La partie ouest ne vaut pas mieux comme sol, mais elle est plus boisée. On trouve du terrain cultivable près de la rivière Petite Romaine^ dans les quatrième et cinquième concession. La forêt dans ces deux dernières concessions se compose de bouleau, d'épinette, de sapin et de cèdre en différents endroits f1).

Baie des Mille- Vaches

Cette baie se trouve située près de la sortie de la rivière Sault-au-Mouton, à environ cent quarante-deux milles de Québec.

D'immenses orairies naturelles bordent cette baie et sont

d'une grande ressource pour les cultivateurs de l'endroit qui s'y occupent de l'élevage du bétail.

Les terres, en général, sont de peu d'étendue, mais d'excellente qualité.

Le village de la baie des Mille- Vaches comprend une population de six cents âmes, une église catholique, une scierie, un bureau de poste, un bureau de télégraphe et trois ou quatre magasins. La valeur de la propriété foncière est estimée à $70,000.00.

En ces dernières années, le gouvernement d'Ottawa a construit une jetée dans la baie pour faciliter le trafic.

Rivière Portneuf

A cent quarante-six milles de Québec et à neuf milles à l'est du Sault-au-Mouton.

(1) Inspection de M. Joseph Bureau, 1904.

C'est une rivière de premier ordre pour la truite de mer, la truite ordinaire et le saumon qui y est lui-même assez volumineux.

La marée s'y fait sentir jusqu'à trois milles de l'embouchure.

On a relevé sur cette rivière plusieurs cascades d'une certaine importance.

La première chute est à quatre milles de l'embouchure de la rivière. Elle mesure une hauteur de quarante pieds et une longueur de deux cents pieds. Cette chute qui se trouve dans les limites de la seigneurie de Mille Vaches, forme le barrage à la marée montante du fleuve Saint- Laurent.

Un expert qui a fait des mesurages estime que le volume d'eau passant sur l'écluse actuellement construite dans cette rivière est d'environ 165,700 pieds à la minute.

La seconde chute, à deux milles plus haut que la première, est une succession presqu'ininterrompue de cascades, mesurant de dix à quinze pieds de hauteur chacune, mais pouvant donner dans l'ensemble une hauteur totale de soixante-dix pieds.

M. l'arpenteur H. Dumais, qui a remonté cette rivière en 1901, en porte à dix pieds la profondeur moyenne, et à deux cents pieds à la minute la vitesse du courant.

Les principaux bois bordant cette rivière sont le sapin, le bouleau et l'épinette noire. Une récente exploration a démontré que la forêt était encore très riche.

Le concessionnaire actuel des limites à bois situées en arrière de la seigneurie, est M. Easton, d'Albany.

La rivière Portneuf a de nombreux tributaires et possède près de deux cents lacs poissonneux de toutes dimensions.

L'estuaire de cette rivière est affermé à M. Rob. J. Dale.

Elle constitue d'autre part l'un des meilleurs territoires

de chasse que l'on connaisse, surtout dans le haut de la rivière. On y trouve de tout.

Sur les bancs, du gibier de mer à foison et, à la mer, loups-marins et marsouins.

Le village de Portneuf — qui se trouve situé à cinquante milles en bas de Tadoussac — a pris une certaine importance depuis quelques années.

Une grande scierie y a été installée par M. Eaton, propriétaire des concessions forestières de la rivière et le village est encore pourvu d'uue église, d'un bureau de poste et de télégraphe et de trois magasins.

En ces dernières années, le gouvernement fédéral a construit pour l'utilité des habitants un quai dans la baie de Portneuf.

Rivière Sault-au-Cochon

C'est une rivière assez considérable d'un cours de 120 à 130 milles, placée à environ huit milles à l'est de la rivière Portneuf, avec un bon havre assez rapproché.

De même que sa voisine, la rivière Sault-au-Cochon compte de nombreux tributaires et dessert plusieurs lacs.

Sur son parcours, à un mille du fleuve, on rencontre trois chutes mesurant respectivement vingt pieds, dix pieds et trente pieds de hauteur, soit un total de soixante pieds. Des experts ont établi que la puissance motrice de ces cascades pouvait donner plus de deux mille chevaux-vapeur.

L'importance de ce pouvoir hydraulique n'a pas échappé du reste à nos industriels. Les trois cascades en question ont été affermées le 21 juin 1906, pour une durée de qua-

tre- vingt-dix-neuf ans, à M. J.-P. Mullarkey, de Montréal, quiVest engagé en outre à dépenser, dans les cinq années qui vont suivre, une somme de $150,000 pour développer les dites forces hydrauliques.

La concession faite à M. Mullarkey, comprend en même temps les îles, rochers, battures et 1318 acres de terrains dans le voisinage de la rivière.

Le prix d'affermage est de $805.00 par an.

Cette rivière est assez bien pourvue de bois. Dans la partie supérieure, le terrain qui est rocheux et montagneux, est couvert d'épi nette noire, de bouleau et de sapin d'une longueur et d'une grosseur moyenne. Entre le 56e et le 62e milles, les hauteurs sont couronnées d'épinette noire, mêlée de bouleau, tremble et sapin. Le bois est de meilleure qualité à partir du Grand- Portage, et les essences qui dominent sont le bouleau, le cyprès, l'épinette et le sapin.

La rivière des Bouleaux se décharge du côté ouest, dans cette rivière, vers le 65e mille. Le Sault-au-Cochon compte encore plusieurs autres tributaires qui se frayent un passage à travers les montagnes et qui sont généralement mieux boisées que la vallée même de la rivière.

La maison Price a fait autrefois de grands chantiers sur le parcours de cette rivière, à partir de la rivière du lac à Cassette, en descendant vers les chutes, sur le 101e mille. Notons aussi qu'à partir de ce dernier point, c'est-à-dire au centième mille, les montagnes disparaissent complètement, et que le sol est de meilleure qualité.

La rivière, telle qu'elle est, fournit encore beaucoup de saumons et de truites de mer, au pied de la chute. Il y a aussi de l'anguille.

Le gibier de mer fréquente ce cours d'eau, comme toutes les autres rivières de la Côte-Nord. Les amateurs y trouvent aussi en quantité le lièvre, la gelinotte, le tétras, et, dans le haut de la rivière, des animaux à fourrure.

DU SAINT-LAURKNT 6/

A la mer, on peut également faire une chasse fructueuse au loup-marin et au marsouin.

Rivière Laval

A soixante milles plus bas que Tadoussac et à deux railles du Sault-au-Cochon, au fond de la baie de Laval, à l'est. Sou cours est très capricieux et elle traverse une contrée généralement montagneuse.

Cette rivière, à vingt milles de la côte, forme trois chutes qui se suivent à peu de distance et où l'on peut construire, sans trop de frais, des scieries ou d'autres moulins.

Les essences forestières sont, sur les premiers trente milles, du sapin, de l'épinette et du bouleau. En s'éloignant de la rivière, à droite et à gauche, on trouve en plusieurs endroits de l'épinette et du pin jaune de bonne qualité et en assez grande quantité.

A la tête de la rivière, on retombe de nouveau au milieu des montagnes, parsemées de petits lacs qui forment les sources de ce cours d'eau.

La Laval est non seulement riche en saumons et en truites : c'est encore une des régions les plus giboyeuses ; animaux à fourrures dans le haut, puis lièvres et perdrix sans nombre.

Il se fait ici des chasses fructueuses au loup-marin et au marsouin.

La rivière Laval est affermée à M. Archibal Laurie pour $120.00 par an.

Une certaine étendue de territoire, traversée par la rivière Sault-au-Cochon et la rivière Laval, a été érigée en canton sous l'appellation de Laval et de De la Tour. Le territoire arpenté dans Laval comprend cinq rangs et 5,504 acres.

Les parties cultivables sont assez restreintes. Ce territoire

ne vaut, à proprement parler, que comme région minière. On y trouve du sable magnétique en abondance.

Quant à la forêt, elle se compose en bonne partie d'épinette. Il y a aussi du pin gris, du sapin et du bouleau.

Rivière Blanche

A sept milles seulement de la. rivière Laval. Cette rivière dont l'eau est d'une teinte presque toujours grise et laiteuse, est assez peu propre à la pêche au saumon. Elle contient de la truite et surtout un grand nombre d'anguilles. Le saumon passe à la mer, à proximité des deux pointes de la baie Blanche.

On pénètre aisément dans la rivière qui offre en outre un havre sûr à marée haute.

La contrée environnante est généralement onduleuse.

Bon territoire de chasse. Animaux à fourrures, quelques castors. Beaucoup de gibier de mer (x).

La rivière est bordée de forêts riches en épinette et pin rouge, jaune, blanc, la plupart de bonne qualité. A quatre ou cinq milles de la côte, elle descend de petites chutes dont on pourrait certainement utiliser l'énergie productrice.

Rivières aux Pins et Adam

Ce sont des tributaires de la rivière Laval. Ils ont chacun une longueur d'environ trente milles et sont alimentés par plusieurs affluents sur lesquels on trouve, à de petites distances de leur embouchure, des lacs plus ou moins grands et très poissonneux.

La maison Price, frères et Cie a utilisé longtemps ces deux rivières pour transporter ses billots au fleuve Saint- Laurent.

(i) Notes manuscrites de M. de Puyjalon, 1897.

« Le sol, quoique montagneux, est propre à la culture et sillonné par une multitude de petits cours d'eau. Le gibier à l'exception du caribou et de l'orignal, y abonde » (*).

Rivière du Grand Colombier

Rivière peu considérable qui débouche dans le Saint- Laurent, à deux milles à l'est de la rivière Blanche.

Son cours est moins capricieux que les rivières précédentes, et elle coule sur un terrain généralement plat.

Il y monte quelques saumons, mais c'est la truite de mer qui est la principale richesse de ce cours d'eau.

La chasse y est excellente. Animaux à fourrure de toute espèce dans le haut.

Nombreux gibier de grève en automne. Loups-marins et marsouins au large (2).

Sur le huitième mille de la rivière, on a relevé une cascade de vingt pieds de hauteur.

Le bois, dans le voisinage, consiste en épinette grise et en bouleau. Il y a aussi de l'épinette rouge.

Rivière Bethsiamis (3)

C'est une des rivières les plus importantes de la Côte- Nord, tant pour le grand volume que pour la profondeur de ses eaux. Un nombre considérable de lacs et de cours d'eau, dont quelques-uns mériteraient la qualification de grandes rivières, viennent s'y jeter. Cette rivière, bordée de montagnes, est coupée par des chutes nombreuses et

(1) Rapport du Commissaire des terres, 1893. C.-C. Duberger.

(2) Notes manuscrites de M. de Puyjalon, 1897.

(3) Bethsiamis veut dire «place aux lamproies», dans l'idiome montagnais.

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