‹ La côte nord du Saint-Laurent et le Labrador canadienChapitre 15 sur 23 · IIO LA COTE NORD · texte numérisé non relu

IIO LA COTE NORD

caribou dans le haut du cours d'eau. Le gibier de mer s'y trouve aussi à profusion.

En 1906, les chasseurs, et plus particulièrement les sauvages qui opèrent dans ce district, ont livré pour $80,000 de pelleteries aux négociants de Moisie et des Sept-Tles (*).

Le village est bâti sur le côté ouest de l'embouchure de la rivière.

On y voit une chapelle, un bureau de poste et de télégraphe, avec une population de 170 personnes.

La pêche est le principal revenu des habitants de Moisie. Mentionnons aussi le fait que la Compagnie de la baie d'Hudson possède en ce village un important comptoir pour la traite des pelleteries.

Le peu de culture qui se fait ici consiste en pommes de terre et en légumes qui arrivent assez bien.

Rivière Nipissis

Un des tributaires de la branche nord-est de la rivière Moisie.

Elle dessert plusieurs lacs.

Dans la partie inférieure, on rencontre de l'épinette, du sapin et du bouleau en grande quantité. Dans la partie supérieure, le bois est plus rare et plus petit (2).

Le sol, de terre jaune, est de bonne qualité, mais les montagnes escarpées et élevées qui se dressent dans ce territoire le rendent impropre à la culture.

(1) Statistique fournie par M. H. Simard, magistrat sur la Côte Nord.

(2) Rapport du Commissaire des terres, 1893. M. F. Vincent, A. G.

du saint-laurent iii

Rivière a l'Eau dorée

C'est un tributaire assez considérable de la branche nord-ouest de la rivière Moisie.

Cette rivière est alimentée par nombre de lacs où la truite foisonne. Un explorateur dit même qu'il lui est arrivé de prendre de la truite dans ces lacs seulement à jeter l'hameçon, dépourvu d'appât.

Sur le parcours de la partie supérieure, on rencontre de l'épinette, du sapin et du bouleau en grande quantité (1).

Rivière à la Truite

Petite rivière torrentueuse située à sept milles et demi à l'est de l'entrée de la Moisie, et à 323 milles de Québec.

Système lacustre étendu et bien pourvu de truites et des espèces sportiques ordinaires.

La truite abonde principalement à l'entrée de la rivière. On y remarque aussi d'excellentes places de pêche à saumon.

Nombreux gibier de mer sur les battures et dans les baies de l'est. Les lièvres, les gelinottes, les tétras sont en grande quantité. On peut aussi y faire avec profit la chasse au loup-marin et à toute espèce d'animaux à fourrures (2).

Cette rivière est louée à M. Charles Stewart Davidson, au prix de $75,00 par an.

Les bois sur cette rivière, depuis son embouchure jusqu'au lac à la Truite, ont été en grande partie détruits par le feu, dans le cours de quatre ou cinq années.

La principale charge de ces lacs est bien boisée, en bois de commerce tel que l'épinette blanche ; le terrain y est propre à la culture, de chaque côté, sur une longueur d'un

(1) Rapport du Commissaire des terres 1893, M. Vincent, A. G.

(2) Notes manuscrites de M. de Puyjalon, 1897.

mille environ. Ailleurs, les bois sont de moyenne et de petite pousse.

Le minerai de fer se trouve aussi sur les côtés nordouest et sud-est du lac à la Truite. Le saumon ne va pas au delà de la chute, à l'embouchure de cette rivière (1).

Entre la rivière à la Truite et le cap Cormoran on rencontre plusieurs petits cours d'eau, bien partagés comme truites et comme gibier de mer et de grève, et dont le saumon vient flairer les estuaires. Sur ce parcours, nichent les canards noirs, les canards eiders, etc. Tous constituent d'excellents postes de chasse. La pelleterie y est quelquefois abondante.

Ces cours d'eau sont, de l'ouest à l'est :

Rivière du havre au loup-marin.

Rivière de la Pointe Saint- Charles.

Rivière du ffavre-à-Têtu.

Rivière du Loup-marin et de Pigou.

Ce dernier petit cours d'eau qui se trouve le plus à l'est et le plus rapproché du cap Cormoran, est avec le petit Pigou ou rivière du Loup-marin, sa voisine, très bien pourvu de belles truites et d'une fosse où se trouvent quelquefois des saumons (2).

La rivière Pigou, de son embouchure à sa source, est affermée à M. Wm. Clarke, de Toronto.

Le poste de Pigou ne comprend que deux familles qui se sont fixées à l'entrée de la rivière qui, comme nous l'avons dit, est extrêmement poissonneuse.

(i) Rapport du Commissaire des terres, T889. M. G. Gagnon, A. G. (2) Notes manuscrites de M. de Puyjalou, 1897.

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du saint-laurent 113

Rivière Natashquan

Un des grands tributaires du golfe Saint-Laurent situé à 480 milles de Québec et à 72 milles de la Pointe-aux- Esquimaux.

Cette rivière est navigable pour les embarcations d'un faible tirant d'eau jusqu'au pied de la première chute, à douze milles de son embouchure. Son accès n'en est pas moins rendu difficile à cause des bancs de sable. On peut toutefois s'y rendre du village, soit à pied, en voiture ou en canot.

M. l'arpenteur J.-O. Lacoursière, qui a opéré le lever de la branche nord et de la branche nord-ouest de cette rivière, constate que le bois offre peu d'importance. Les montagnes élevées qui en bordent les rives sont à la vérité boisées de sapin, de bouleau et d'épinette noire et blanche, mais en général ce bois est de courte venue. On a même relevé de chaque côté de la rivière un brûlé qui se prolonge sur une distance de vingt milles. Le courant est très fort partout ; de plus, il y a une quantité de rapides et de chutes dans les derniers vingt-cinq milles qui rendent la navigation en canot des plus difficiles (1).

C'est, d'après M. de Puyjalon, une rivière riche en saumons et en truites très volumineux. C'est aussi un des bons territoires de chasse de la Côte-Nord. L'ours y est en grande quantité, sans compter que l'on y rencontre nombre de caribous, de loutres, de castors, de visons, de renards, etc. Le gibier de mer y est à profusion.

Quant au terrain, on s'accorde à dire qu'il est excessivement rocheux, montagneux et sablonneux.

L'estuaire de la Natashquan est affermé à M. John

(1) Rapport du Commissaire des terres, 1900, J.-A. Lacoursière A. G.

Holliday, de Québec, moyennant une redevance annuelle de $605.00.

Un poste assez important — Notre-Dame de Natashquan — est installé sur une longue pointe s'avançant perpendiculairement à la côte et formant une baie d'assez large étendue. Les goélettes ne peuvent cependant aborder dans la baie qu'à marée haute, et ici la marée ne s'élève pas au delà de quatre à cinq pieds (*).

La maison Robin, Collas & Cie possède ici, comme sur d'autres points de la Côte-Nord, un grand établissement de pêche, et la Compagnie de la baie d'Hudson y tient un comptoir pour la traite des fourrures. D'autre part, des marchands de Québec et d'ailleurs envoient ici chaque année des agents pour acheter des pelleteries aux sauvages.

Du sol, il n'en faut guère parler ; il est trop pauvre pour nourrir son inonde. Engraissé toutefois avec du varech ou du poisson, il peut produire des pommes de terre, des navets, des légumes. Ce poste est doté d'une église desservie par deux Pères Eudistes, d'un bureau de poste et de télégraphe. Il donne asile à une cinquantaine de familles qui s'occupent de pêche à la morue lorsqu'ils ne servent pas comme guides pour les américains qui y ont leur club.

La Petite Natashquan, qui se jette dans le golfe Saint- Laurent près de l'église, est une rivière peu considérable qui assèche à peu près lorsque la mer est basse. Elle offre néanmoins de grands avantages aux habitants des environs qui viennent chercher sur ses rives le bois de chauffage dont ils ont besoin.

(i) Labrador et Anticosti, M. l'abbé V.-A. Huard (1897).

Il y a de la petite truite en abondance, surtout au pied des deux premières chutes.

Cette petite rivière, écrit M. l'arpenteur Hould, est recherchée par certains chasseurs qui se font un salaire raisonnable chaque hiver (1).

Natashquan et Duval, le premier à l'ouest, le secoud à l'est de la rivière, forment deux cantons distincts qui ont acquis une certaine importance à cause de leurs immenses gisements de sable magnétique.

Dans Natashquan, le bloc A, comprenant 285 acres et une île de 50 acres située à l'embouchure de la rivière, ont été vendues en 1904 à M. Théodore Labatt.

Le canton Du val comprend 9,333 acres également concédées.

A 70 milles de Natashquan se dresse le cap IV hit t le, aussi appelé par les voyageurs Wapltoiigtin. C'est un rocher que Ton aperçoit à une longue distance et qui ressemble à un canon ou à un caribou couché. De nombreuses îles situées au large de ce cap sont remplies d'une multitude d'oiseaux de mer.

Rivière Kêgaska

Cette rivière de la côte nord se trouve à 21 milles à l'est de la grande rivière Natashquan, et à 498 milles de Québec.

D'un accès facile, elle offre en outre un havre excellent aux embarcations de volume moyen. La première chute

(1) Rapport du Commissaire des terres, 1899.

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se rencontre à un mille de l'embouchure et est formée de deux cascades de 125 pieds de longueur et de plus de 40 pieds de hauteur. La deuxième chute est à trois quarts de mille de la première et à une hauteur de dix pieds. La troisième cascade, de 15 pieds de haut, est à un demi-mille de la seconde, la quatrième, 10 pieds de hauteur, â 280 verges de la dernière et la cinquième, 30 pieds de hauteur, à deux milles de distance de la quatrième.

Les bords de cette rivière sont complètement dénués de bois (*).

M. de Puyjalon la représente comme une rivière très poissonneuse. Le saumon y est petit en vérité, mais abondant. Quant à la truite, il peut s'y en prendre presqu'à volonté.

M. C.-K. Lemoine A. G., assure que cette rivière est supérieure à toutes les autres pour la pêche à la ligne (2).

Comme territoire de chasse, on ne saurait trouver beaucoup mieux. Le renard et les autres animaux à fourrure pullulent dans cette région.

M. de Puyjalon assure en outre que le canard eider, le canard noir et l'outarde viennent y installer leurs nids. Gibier de mer à profusion.

Le village du même nom se trouve adossé à la presqu'île Duval.

C'est ici, à Kégaska — d'après M. le magistrat Simard — que commence la grande solitude du Labrador. Plus de bois, plus de végétation, des terres nues, des roches, des îles et des collines arides qui ne se couvrent que de mousses

(1) C.-E. Lemoine, A. G. 1900.

(2) Rapport de 1906.

et de lichens. A l'intérieur, des sa vannes immenses et inexplorées, d'où l'on ne tire que ce que les anglais désignent sous le nom de baked apples, et que les gens de la côte appellent le chicoutai. Cette plante sert à faire des confitures. Les îles, qui sont pour la plupart des rochers dénudés, servent de refuge aux oiseaux de mer de tout acabit.

Huit familles de pêcheurs sont fixées sur le bord de la baie et s'adonnent à la pêche à la morue, du hareng et à celle du homard qui se prend en grande quantité à la mer et même autour des îlots de la baie. L'hiver, la chasse, rapporte à chaque famille de $80 à $150 (1).

Les pêcheurs de Kégaska se plaignent beaucoup du voisinage des bateaux américains qui viennent pêcher trop près d'eux.

Dans le fond de la baie de Kégaska, à cinq ou six milles de la rivière du même nom, se rencontre dans le nord-est de la baie une petite rivière — la petite Kégaska — qui est très riche en truites et où doivent remonter quelques saumons.

Les rives de ce petit cours d'eau et les lacs qui l'alimentent sont autant de lieux de nidification pour l'outarde, le cormoran, les canards noirs et eiders (2).

Rivière Seymour. Cette rivière a son embouchure du côté est du havre de Kégaska. Elle est peu considérable, sa largeur variant de cent à cent cinquante pieds, et serpente à travers des rochers couverts de mousse. On y rencontre

(1) C.-E. Lemoiue, A. G. 1906.

(2) Notes manuscrites de M. de Puyjalon 1897.

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une dizaine de petites cascades sans importance et de place en place quelques épinettes rabougries (*).

Rivière Musquarro

Cette rivière descend des Laurentides et se jette dans le golfe Saint-Laurent à une douzaine de milles de la grande Kégaska (2).

Elle est navigable pour une embarcation moyenne, à partir de son embouchure jusqu'au premier rapide placé à un mille au-dessous de la première chute qui est elle-même à huit milles de la mer.

Elle offre un havre très sûr.

La Musquarro est cotée parmi les rivières les plus poissonneuses de la Côte-Nord. M. de Puyjalon fait remarquer toutefois que le saumon ne séjourne pas dans la grande Musquarro, mais qu'il gagne, par un ruisseau et une série de petits lacs qui partent de la rive gauche de la rivière, la rivière dite du Petit Musquarro où il séjourne (3).

La Musquarro contient de fort belles truites, de l'anguille et du petit mango (saumon blanc) au pied de la chute.

La Musquarro passe en outre pour un excellent territoire de chasse. Beaucoup de renards et autres animaux à fourrures. Du gibier de mer à profusion, des canards, puis lièvres, gelinottes, tétras, etc.

Rivière Musquanousse

La rivière Musquanousse, appelée aussi « Petit Musquarro », se jette dans le Golfe Saint-Laurent. C'est la

(i) C.-E. Lemoine, A. G. 1906.

(2) Musquarro ou Muskouaro, est un mot montagnaisjsignifiant queue d'ours.

(3) Notes manuscrites de M. de Pu}-jalon, 1897.

première rivière en bas de la rivière Musquarro. Elle est navigable pour le canot sur un parcours d'environ 5 milles, jusqu'à une petite chute qui interrompt la navigation, et jusqu'où la marée monte ; de là jusqu'au lac Musquanousse, ce n'est qu'une suite continue de chutes, rapides et petits lacs.

L'aspect du pays est le même partout : des montagnes de roches d'une hauteur variant de 100 à 400 pieds.

Il y a bien peu de bois sur les bords de cette rivière et encore ce n'est que du bois rabougri.

Au point de vue de la chasse et de la pêche, c'est la partie avoisinant le golfe Saint-Laurent qui est la meilleure ; il y a beaucoup d'outardes, canards, pluviers, bécassines, etc. Il y a cependant bien peu d'animaux à fourrures.

On dit que c'était autrefois un bon terrain de chasse, mais qui a été ruiné par les sauvages qui, chaque année, montaient par cette rivière pour atteindre la hauteur des terres.

Il y a beaucoup de truites au pied des chutes de cette rivière, et elle mord très bien à la mouche ; le poids moyen de cette truite est de deux livres.

Il y a aussi beaucoup de loups-marins qui montent jusqu'au pied de la première chute (1).

Le poste de Musquarro, qui se compose d'une vingtaine de familles, se trouve à douze milles au delà de Kégaska.

Ce poste est pourvu d'une chapelle où les sauvages montagnais se rendent au moins une fois par an pour assister à la mission que leur donne un missionnaire Hu-

(1) Rapport du Commissaire des terres, 1899. J.-A.-B. Hould, A. G.

diste. On y voit alors jusqu'à cent familles. C'est le plus fort groupement de Montagnais après celui de Bethsiamis. L,e canton Musquarro comprend une concession et six lots d'une contenance totale de 2128 acres. Ces lots ont été vendus en 1871, pour fins minières, à MM. L.-J.-C. Fiset, J. H. Burroughs, J. ^anglais, R. Archer, G.-H. Larue, et J.-G. Bossé.

Rivière Washicoutai

La rivière Washicoutai est une rivière rocheuse se composant, comme toutes les rivières de ce type, d'une série de lacs réunis par d'assez courts chenaux garnis de rapides et de chutes que fréquentent en grande quantité les poissons de sport, tels que saumons à chair rouge, slink, truites et de plus la ouananiche, qui se localise plus particulièrement en des points moins agités des lacs.

Le premier de ces lacs, où l'on accède par un portage très court et assez bien débarrassé, a environ 100 milles de tour sur des largeurs très variables. Sa profondeur est quelquefois très considérable. Une fois au-dessus des chutes, si l'on suit le rivage oriental, on parvient, après avoir franchi 12 milles, à un chenal assez étroit, tout garni de rapides et de courants, que l'on peut remonter, cependant, quelques instants jusqu'à un portage de 700 à 800 verges, qui nous amène à un lac de peu d'étendue. Une fois ce réservoir traversé, on trouve un second portage très long — car il a 4 milles environ de parcours — conduisant à un très grand lac, dont on évalue la longueur, dans un seul sens, à 50 milles et qui n'est pas moins riche en saumons, slink, truites et ouananiches que le premier.

La rivière Washicoutai est placée à 46 milles environ à l'est de Natashquan, distance mesurée du pied de la gaine

initiale (1), et à dix railles à l'ouest de la rivière Olomanoshibou.

Le véritable moment pour la pêche à la ligne ne se produit pas avant le 15 ou la fin de juillet.

On arrive très facilement à l'entrée de la gaine de la rivière Washicoutaï. On peut remonter cette gaine en yacht jusqu'au bassin où l'on trouve un bon mouillage à l'est de la cabane du pêcheur au filet (2).

Il y a sur cette rivière deux chutes d'aspect et de manifestation différentes. L'une de ces chutes, la plus large et la moins élevée, fait face au sud. La seconde, d'une hauteur verticale de quarante à cinquante pieds, est tournée vers l'est, et tombe directement du lac où conduit un portage très court qui longe la rive gauche.

Le port de Washicoutaï est certainement l'un des plus sûrs et des plus beaux de la côte ; c'est une espèce de lac intérieur, entouré de hautes montagnes de 200 à 250 pieds de hauteur. La rivière y déverse ses eaux à quatre milles de l'entrée. Les vaisseaux de 700 à 800 tonneaux peuvent ancrer aisément au pied de la première chute qui est très avantageusement située pour y installer une industrie quelconque (3).

Les premiers dix milles de cette rivière sont peu boisés ; encore n'est-ce que du petit bois, sapin, épinette et bouleau. Le haut de la rivière est beaucoup mieux , il contient du gros bois.

C'est un territoire de chasse de premier ordre, d'après M. de Puyjalon. Le gibier de mer y pullule lors des gros

(1) Washicoutaï^ mot moutagnais signifiant «qui surplombe la baie.»» I*a commission géographique du Canada orthographie Washikuti,

(2) Rapport du Commissaire des terres, 1901. M. de Puyjalon.

(3) C.-E. Lemoine, A. G. 1906.

temps du large. C'est aussi un des lieux de nidification préférés par l'eider, le canard noir et l'outarde.

Ajoutons en dernier lieu que c'est une excellente place de pêche à saumon à la mer.

La rivière Washicoutaï est affermée, au prix de $400 par an, à M. R. E. Plumb. Ce dernier a pris aussi à bail, en 1905, l'île située à l'embouchure de la rivière.

Rivière Olomanoshibou (x)

On la désigne aussi sous le nom de Grande Romaine.

Cette rivière, placée à cinquante milles de Natashquan, est l'une des plus belles et des plus grandes du Labrador canadien-nord ou Grand-Nord. On y entre facilement et les goélettes trouvent là un excellent havre.

Cette rivière regorge de saumons et de truites volumineux. La ouananiche est également fort répandue dans ce cours d'eau.

M. de Puy jalon dit que cette rivière est remarquable à tous les points de vue.

Non seulement c'est une rivière poissonneuse, mais encore un territoire de chasse de haute valeur.

Dans l'hiver de 1906, 42 renards ont été capturés ici et ont rapporté plus de $4,000.

A la mer, abondance prodigieuse de gibier, outardes, oies blanches, bernaches, canards eider, canards noirs, etc.

Il y a ici un petit hameau peuplé d'une douzaine de familles s'occupant presqu'exclusivement de chasse.

C'est au reste un des points importants pour le commerce de pelleteries. La Compagnie de la baie d'Hudson y pos-

(i) Olomanoshibou signifiant « rivière à la peinture ».

sède un comptoir où tous les sauvages montagnais et naskapis viennent faire leurs échanges.

Il y a une chapelle et un bureau de télégraphe.

A signaler aussi une petite manufacture de homard dont le rendement est à peu près de vingt caisses.

Au havre Sttibbert, près îles du Bluff, vivent trois familles dout l'unique occupation est la pêche à la morue, au homard et au hareng.

Pas un seul pouce de terre ne peut être utilisé pour la culture.

Le rendement de la pêche en 1905 a été pour ce poste de 80 quarts de hareng, 30 quintaux de morue et 30 boîtes de homard (1).

Les îles du Bluff se trouvent situées à environ six milles de la rivière Romaine. Elles étaient réputées, il y a à peine quatre ou cinq ans, les plus riches de la Côte-Nord, fréquentées qu'elles étaient par une incalculable légion d'oiseaux de toutes espèces. Malheureusement, l'inobservance des lois de la chasse pourrait bien avoir pour effet de gâter cet eldorado du chasseur. D'après M. A.-E. Joncas, garde-chasse, les goélettes terreneuviennes et néo-écossaises qui viennent en ces parages pour la pêche du hareng, profitent de leur visite pour massacrer sans pitié tout le gibier qui se trouve sur les îles et faire main basse sur les œufs. Ne pourrait-on point enrayer cette destruction systématique ?

Rivière Coacoachou

« La rivière Coacoachou est une rivière rocheuse, à gaine et à bassin terminal, mais qui se sépare en quelque point

(1) C.-E. Lemoine, A. G. 1905.

des rivières du même type, par les battures caillouteuses plus étendues qui bordent ses rives et par les dimensions du bassin où elle vient aboutir (x). Ce bassin rempli d'eau salée, où la mer monte et descend avec une grande énergie, mesure environ 3 milles sur chacune de ses dimensions. C'est dans le nord-est de ce réservoir, qui communique avec le fond de la baie de Coacoachou, que vient déboucher la rivière proprement dite. Bile se jette dans ce lac par un rapide, entrecoupé de roches, coulant sur un plan incliné assez allongé et rachetant une hauteur approximative d'une vingtaine de pieds. L'eau se tranquillise un instant, puis la série des rapides reprend jusqu'à une chute considérable se précipitant d'un très grand lac, que les habitants du pays prétendent mesurer 21 milles dans sa plus petite largeur. Cette chute interdit tout passage au poisson.

La rivière Coacoachou est surtout fréquentée par une énorme quantité de truites. Elles y sont quelquefois d'une grosseur surprenante, d'une activité et d'une vigueur qui ne se rencontre qu'en ce cours d'eau. Le saumon et le slink y remontent (2).

Les bords des lacs sont assez bien boisés de sapin, épinette et bouleau de quatre à six pouces de diamètre, mais les bords de la rivière sont eux-mêmes absolument dénudés (3).

La rivière Coacoachou est placée à 70 milles environ à l'est de Natashquan. Son accès est des plus faciles, et les embarcations de fort tonnage peuvent venir mouiller sur huit brasses et bon fond.

On peut remonter en barge jusqu'au pied du premier

(ï) S'orthographie aussi Koakoachouet signifie <« corbeau ».

(2) M. de Puyjalon, 1899.

(3) C.-K. Lemoine A. G. 1906.

rapide de la rivière, en choisissant toutefois l'heure favorable, à cause du courant intermittent très fort qui se produit suivant le point de mer au contact des eaux de la gaine avec celles du lac.

Les sauvages remontent en foule ce cours d'eau, qui les conduit à l'intérieur par des voies faciles (*).

Gibier de mer et d'eau en grande quantité. Pêche au homard facile et fructueuse.

Cette rivière est affermée à M. J. W. Greenshields, de Montréal, pour $150 par an. Depuis 50 ans, un métis du nom de Joseph Aube fait la pêche au saumon dans cette rivière et la moyenne de ses captures est de dix quarts par an.

La petite rivière de Tertiary Shell, au fond de la baie du même nom, contient quelques truites. Elle est placée à deux milles de la Coacoachou, à l'est (2).

La baie de Coacoachou offre, d'après Bayfield, un asile sûr aux grands vaisseaux sur cette partie de la côte. Bien qu'il y ait çà et là quelques roches et mêmes des îlots, son accès est facile.

Entre Coacoachou et Etamamiou, il existe plusieurs petits cours d'eau sans nom, riches en gibier, en truites et où pénètrent quelques saumons. Il est même peu de baies qui ne possèdent un de ces cours d'eau, desservant des lacs assez grands quelquefois (3).

* * Signalons ici, en passant, la baie Wolf qui renferme

(1) Rapport du Commissaire des terres, 1901. M. de Puyjalon.

(2) Notes manuscrites de M. de Puyjalon, 1897.

(3) Idem.

dans ses limites une vingtaine d'îles, et où une homarderie fonctionne. Cette baie est située à l'ouest du cap Whittle et n'a que six à sept pieds de profondeur.

Toutes les îles sont à peu près désertes, depuis que les maraudeurs de la Nouvelle-Ecosse s'y abattent et se livrent à un pillage en règle.

A quelque distance de la baie Wolf, se voit Vile Jones qui a un mille et demi de tour et qui est habitée par la famille Jones.

L'île est tout-à-fait inculte : ce n'est qu'un rocher couvert de mousse.

La famille Jones fait la pêche au homard l'été et va résider l'hiver dans la baie de Kokonipi, où elle s'occupe de chasse (*)

A 12 milles à l'est, s'offre la Pointe à Morier. C'est un endroit fort giboyeux. Deux familles y demeurent. Il y a ici un bureau de télégraphe, et un appareil Marconi (2).

L'île du Loup ou Wolf a une longueur de trois quarts de mille et 150 pieds de hauteur. Dans le lointain, elle a l'apparence de deux montagnes distinctes.

Rivière Etamamiou

Située à quinze milles à l'est de la rivière Coacoachou. Elle se compose d'une suite de lacs, réunis par d'étroits chenaux, des chutes et des rapides quelquefois dangereux. L'accès en est facile et le havre excellent.

La première chute est à quatre milles de l'embouchure et haute de 38 pieds et la seconde à un demi-mille de la première.

C'est une rivière riche en truites, saumons et petit mango.

(1) C.-E. Lemoine, 1906.

(2) M. A. E. Jones, rapport de 1906.

DU SAINT- LAURENT l'zj

M. de Puyjalon la cite tout spécialement comme étant un territoire de chasse de premier ordre. On y voit le renard, la martre noire et presque tous les autres animaux à fourrures.

L'outarde, le cachégat et la perdrix blanche nichent dans cette région. Le gibier de mer y est lui-même aussi varié qu'abondant. De plus, excellent endroit pour la pêche du homard. Au reste — et c'est une remarque de M. de Puyjalon — entre la Grande Romaine et Etamamiou s'étend cette partie du littoral désignée sous le nom de Bluff 'et dont la richesse en oiseaux de mer dépassait il y a quelques années et dépasse encore, sans doute, tout ce qu'on pouvait voir ailleurs en ce genre (x).

D'après M. l'arpenteur de Courval, le terrain arrosé par cette rivière est très montagneux et en très grande partie brûlé, ne laissant à découvert que des rochers.

On trouve cependant du bois à certains endroits, mais ce bois est petit, consistant en sapin, bouleau et très peu d'épi nette blanche. Absence complète de terrain cultivable (2).

M. C.-E. Lemoine, dans son rapport de 1906, laisse comprendre, que les bords de la rivière ne sont bien boisés que sur un demi-mille de profondeur.

L'un des bras de l'Etamamiou, placé quelques milles à l'est à proximité de la pointe Morier, s'appelle la rivière à

Galibois.

A l'embouchure de la rivière Etamamiou, réside la famille Biais qui occupe ce poste, de père en fils, depuis plus d'un siècle. M. Biais qui possède une maison spacieuse et

(i) Notes manuscrites de M. de Puyjalon, 1898.

(2) Rapport du Commissaire des terres 1893. M. L.-P. de Courval, A. G.

confortable, fait la pêche au hareng et au saumon, ce qui lui rapporte un revenu moyen de $1000 par an.

A l'est de la rivière, nous nous trouvons en présence d'un beau havre magnifiquement situé pour les besoins du commerce et de la marine et pouvant recevoir des bateaux de deux à trois cents tonneaux. Ce havre est indiqué sur la carte de Bayfield sous le nom de Seal Net Point.

Les Galibois occupent ce poste depuis plus d'un demisiècle, faisant la pêche à la morue et trafiquant la fourrure avec les sauvages. Il n'y a pas d'autre famille.

Cet endroit est totalement dénué de bois et l'on va chercher le combustible à dix ou douze milles.

Quelques rares étendues de terre permettent de cultiver la patate (*).

L'île Watagheistic, simple rocher couvert de mousse, ayant 15 milles de tour, est habitée par la famille Fortier qui y fait la pêche au homard, puis la chasse.

La pêche au homard leur rapporte en moyenne $250. et la chasse près de $500. ce qui finit par constituer un revenu convenable.

Les renards sont abondants sur cette île. On dit aussi que c'est un excellent endroit pour la chasse au loupmarin (2).

Rivière Natagamiou (3)

Assez grande rivière à vingt-et-un milles de l'Etamamiou.

(1) C.-E. Lemoine A. G. rç^oô.

(2) Idem.

(3) On écrit aussi ce nom Nokatamu et Nogatamu.

Les chutes de cette rivière, qui se trouvent dans le voisinage de son embouchure, sont puissantes. Le saumon ne séjourne pas dans cette rivière qui n'est qu'un bras de la Petite Mêcatina, mais la truite y est très grosse et l'anguille assez abondante (x).

L'accès de cette rivière est rendu difficile par le gros temps.

M. A.-E. Joncas la représente comme excellente pour la pêche à la ligne.

Un bureau de télégraphe fonctionne à deux milles seulement de la rivière.

Rivière Darby

Cette rivière, qu'on appelle aussi Rivière à Portier, débouche dans un bassin qui termine la gaine appelée, sur la carte de Bayfield, Hamelle-Harbour. Cette gaine est placée en arrière de l'extrémité orientale de l'île de Watt. Son accès est caché par quelques îles et îlots, mais l'eau y a assez de profondeur pour recevoir une barge ou un yacht de moyen tonnage.

La Darby est peu volumineuse et débute par un rapide d'un mille de longueur entrecoupé de roches. Un portage suffisant suit la rive droite de ce rapide et conduit au premier lac, auquel la rivière sert de déversoir.

Ce premier lac franchi, la Darby se continue par une succession de rapides, d'eaux mortes ou fosses à saumon et de lacs jusqu'au grand lac Boushakama.

Le mouillage dans le bassin est excellent, et comme celui de la Kécarpoué, à quelques pas du pied du rapide et de l'entrée du portage.

Le poisson de sport est très abondant dans cette rivière.

(i) Notes manuscrites de M. de Puyjalon, 1907.

On y rencontre la truite, le saumon rouge, le slink, le grilse, le smolt et le brochet, etc., dans les lacs (1).

De plus, la Darby offre les mêmes avantages cynégétiques que l'Btamamiou.

Rivière Grande Mécatina

La rivière Grande Mécatina, qui se trouve à 578 milles de Québec, coule à travers les montagnes des Laurentides et se jette dans le golfe Saint-Laurent, à quarante milles environ en amont de la rivière Saint-Augustin.

Cette rivière, dit M. l'arpenteur-géomètre, J.-E. Girard, traverse viugt-deux lacs, dont quelques-uns ont cinq à huit milles de longueur. De plus, les parties de la rivière qui relient ces lacs, sont généralement des cascades atteignant parfois jusqu'à cinquante pieds de hauteur, ce qui rend la rivière à peu près impropre à toute navigation (2).

Les rives de la Mécatina se composent de rochers de granit, plus ou moins élevés, recouverts d'une légère couche de terrain argileux et de mousse tout-à-fait impropre à la culture.

L'épinette, le sapin et le bouleau sont à peu près les seuls bois que l'on y rencontre, et encore, leur diamètre dépasse-t-il rarement douze pouces.

La Mécatina est très riche en saumon et en truite. M. George Reed, qui fait la pêche au saumon à l'embouchure de cette rivière, en a capturé, au printemps de 1901, une quantité suffisante pour en saler trente barils. Il a eu le même succès avec la truite.

La truite se trouve en plus grande abondance encore dans les lacs.

(1) Rapport du Commissaire des terres, 1901. M. de Puyjalon.

(2) Rapport de 1901.

Les Montagnais ont fait longtemps la chasse le long de cette rivière ; c'est là qu'ils poursuivaient la loutre, le vison, la martre, le pécan, etc. Les rapports officiels laissent comprendre que cette chasse à la riche fourrure est loin d'être épuisée.

Les poissons remarqués dans les eaux de la Grande Mécatina sont, outre la morue, le hareng, la sardine, le flétan, le thon, la plie, le lançon, l'éperlan, le capelan. On y pêche aussi des crustacés tels que les homards, les crabes, etc. On y trouve aussi en abondance, mais non en grande variété, les mollusques suivants : les moules communes, les myes, communément appelées les coques, les buccins ou bourgots, les pourpres, les bigorneaux ou littorines ; on y trouve encore des échinodermes comme les oursins, les étoiles de mer f1).

Rivière Petite MéCx\tina

La rivière Petite Mécatina, en dépit du qualificatif dont on l'a parée, n'en laisse pas moins que d'être l'un des cours d'eau les plus importants qui arrosent l'intérieur du Labrador.

Au témoignage des sauvages, cette rivière prendrait sa source dans deux grands lacs dont l'un serait aussi considérable que le lac Saint- Jean.

La Petite Mécatina a une longueur d'environ cent milles et compte, sur son parcours, cinq à six cascades très importantes. Elle peut se naviguer aisément jusqu'à une grande hauteur.

La contrée qui borde les deux rives de cette rivière est parsemée de petites montagnes isolées, de tourbières et de lacs.

(I) Rapport de M. Saint-Cyr, 1885.

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