OCTOBRE
.... Un uoir pressenlimeut !
BïKOX.
Par une jolie brise de sud-est, les escadres alliées croisaient devant la baie de Xavarin. Tantôt on découvrait des maisons blancbes, des palmiers, des terrasses; tantôt les hauts rochers de l'île Sphactéric dérobaient à tous les yeux l'cnfrce du bassin où la flotte lurco-é<]yptienne était alors mouillée ; car on voyait par instant ses mille mats se dresser au-dessus des montagnes avec leurs pavillons rouges et leurs signaux de toutes couleurs.
Les Anglais occupaient la droite de la ligne, les Français le centre, les Russes la gauche.
Il était deux heures , et l'officier de quart à bord du vaisseau le lireshno n'interrompait sa promenade mesurée qu'il faisait sur la dunette que pour braquer sa longue-vue sur l'étroite passe de la rade. Il venait encore de regarder de ce côté avec attention, lorsqu'il s'aperçut que les voiles fasceillaicnt, e( qu'on allait masquer. «Laisse arriver... laisse arriver! v
LE PRKSAGE. 79
cria-t-il aussitôt; et, courant au pied du mât d'artimon, il se pcuclia sur la galerie qui dominait la roue du gouvernail, et s'écria quand le mouvement fut exécuté :
a Quel est donc le butor qui est à la barre ? Comment c'est toi, Mulot... Toi, un de nos meilleurs timoniers... Mais à quoi penses-tu?
— Pardon, capitaine, — répondit Mulot, — mais c'est que voilà déjà trois fois que mon couteau s'ouvre tout seul, et...
— Eb bien! quoi, et?
— Et je pensais que c'est un mauvais présage, — dit le vieux matelot d'un air bonteux...
— Maître Mulot, vous n'êtes qu'un sot; comment à votre âge, avec votre expérience... croire à ces bêtises...
— Bêtises si vous voulez, capitaine... C'est donc pour ça qu'avant Trafalgar mon épissoir ' est tombé deux fois sur la pointe!...
— Eb bien? — demanda l'officier en souriant de l'air grave et solennel que prenait le timonier...
— Eli bien! capitaine, cela ne m'annonçait rien de bon... Voyez plutôt, — dit-il en promenant son doif^t sur une bonne cicatrice qui commençait à l'œil gaucbe, partageait le nez et allait se perdre dans ses épais favoris grisonnants.
— Tais-toi, vieux fou , et gouverne droit, — répondit l'officier eu retournant à son poste.
' Instrumenl de fer qui sert à travailler dans les cordages.
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— Eh bien! lous verrez, capitaine, — dit tristement Mulot en faisant tourner la roue du gouvernail de façon que toutes les voiles s'emplirent et que ce vaillant vaisseau, reprenant son air, donna une légère bande sur tribord.
— Enfin, — dit l'officier en suivant avec sa longuevue la manœuvre d'un petit canot qui, sortant de la baie de Xavarin, se dirigea vers le vaisseau amiral... enfin nous allons savoir du nouveau. «
Et de fait, au bout d'un quart d'beure , trois palillons de couleurs différentes se bissaient à la corne de la gracieuse et coquette frégate française qui portait si fièrement le pavillon amiral du cbevalier de Rigny. « Pilotin, — cria le capitaine, — prévenez l'officier de signaux. »
Le pilotin fit le salut militaire, descendit rapidement , et remonta bientôt suivi d'un enseigne de vaisseau.
0 Diable!... grande nouvelle, — dit ce dernier à son camarade après avoir observé le signal ; — tu vois, mon cher, on appelle les capitaines de vaisseau à bord de l'amiral... Dieu veuille que ce soit pour nous donner l'ordre de combat, car nous finii-ions par moisir ici... Je vais toujours prévenir le commandant. »
Peu de temps après, le navire était en panne, le canot du capitaine de vaisseau se balançait au pied de l'échelle de tribord, et les canotiers, respectueusement découverts, debout, les avirons lev('s, allenrluient cet officier supérieur; puis li-ois.coups de sif-
LE PRÉSAGIÎ. 81
flet retentirent. Le patron de l'embarcation saisit le tire-veilles qui flottait au long de l'échelle. Le commandant descendit, se plaça sur les riches tapis fleurdelisés qui couvraient larrière, et donna l'ordre , d'aller à bord de la Sirène.
A peine cet événement avait-il été connu à bord que les matelots s'étaient portés en foule sur le gaillard d'avant; les officiers avaient envahi la dunette; et les conjectures sur l'issue de l'entretien que le commandant allait avoir avec l'amiral occupaient diversement les esprits.
« Que pensez vous de ça, maître Renard? — demandait un jeune quartier-maître à un grand homme sec et jaune qui, assis sur la drôme, rendait alternativement la fumée de sa pipe par le nez et par la bouche.
— Eh donc, mon garçon, — répondit gravement ce personnage, — je pense que le commandant a Ic cap sur la Sirène, et qu'il va probablement l'accoster tout à l'heure. . . Eh donc ! n
Ce eh donc! était comme une parenthèse entre laquelle le maître cauonnier encadrait foutes ses phrases.
K Pardieu, maître, — répondit le jeune homme, — belle mahce ; c'est comme si je vous apprenais qu'une vergue de perruche est plus petite qu'une vergue de basse-voile... Je vous demande si vous croyez qu'on chatouillera la lumière de vos canons pour les faire tousser?
— Eh donc ! mon garçon, si l'on croit ce qu'on
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veuf, je le crois ; car, vrai, c'est dommage de laisser toutes ces braves personnes accroupies sur leur affût, ne parlant pas plus qu'une vieille femme à vêpres, eh donc ! »
Et il pleurait presque, le digne homme, en montrant avec douleur la ligne de caronades muettes qui bordait les passe-avant du vaisseau.
a C'est bien vrai, maître Renard, c'est dommage ; car il paraît que ces caïmans de Turcs ont tout mis vent dessus vent dedans chez les Grecs, qui, d'un autre côté, sont une espèce de vermine bien malfaisante... ]VIais vous me direz à ça, la liberté : car le gouvernement est dans son tort... Et c'est humiliant pour un Erançais né libre, de voir la liberté qui...
— Eh donc ! mon garçon, quand j'étais sergent aux marins de la garde , que notre brave amiral y était capitaine, on m'aurait proprement tanné le cuir si j'avais politique... Eh donc! tu politiques... ainsi tais-toi... fais comme mes canons... quand on dit feu ; fais feu. — Quand tu as fait feu... muet, — eh donc!...
— Mais, maître Renard, on a du sang dans les veines... on est Erançais... et on est libre, or on peut bien dire que la liberté !...
— Eh donc ! mords la langue, sacrcbleu ! tu n'es encore qu'un mousse, et tu veux parler. Je me suis bien tu, moi ; j'étais sur le Vengeur, j'étais aux brùlols de Rochcfort, j'étais en Russie... Eh bien ! après tout cela, ils m'ont fourré sur une frégate
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commandée par un vrai faï-chien, car un jour d'appareillage on lui demandait s'il fallait larguer les huniers... eh bien ! il a répondu qu'il allait voir dans ses instructions si le ministre le permettait.
— Ah! quelle farce... Ma petite sœur en ferait autant !
— Eh donc ! pourtant ce navigateur-là m'aurait envoyé prendre un trois-ponts , avec une piguière, que j'aurais obéi, je me serais fait couler sans rire et sans demander pourquoi. Ainsi, je te le repèle, garçon ; et écoute ceci, car c'est un problème bien connu : Ne vous inquiétez de la gargousse que lorsqu'il faut y mettre le feu... ch donc !
— A la bonne heure, niaiti-e ; mais c'est vexant par rapport à la liberté que...
— Eh donc ! fais comme moi, cordieu , mon garçon, occupe-toi... Est-ce que j'ai le temps de politiquer, moi ; je pense à ma famille.
— Mais vous n'êtes pas marié, maître Renard ! vous n'avez pas de famille, vous!
— Eh donc ! quand on n'en a pas on s'en fait, mon garçon. Eh donc ! je te parle de mes canons. Tiens, mes grosses pièces de 36, je les appelle les papas... mes petites pièces de 18 , les enfants ; et mes jolies caronadcs, les mamans. Vois comme c'est sage, rangé, posé, soigné; c'est pas ça qui politiquerail. .. Ah! si le bon Dieu était juste, il leur donnerait de la besogne... Eh donc ! tu les verrais, garçon... tu les verrais, — dit le maître en roulant ses yeux qui brillaient comme des étoiles. — Mais, — reprit-il,
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— voilà le commandant qui rallie le bord ; nous allons savoir quelle est la brise qui souffle. »
Le commandant arriva sur le pont ; son air était radieux, et il portait quelques papiers à la main :
« Monsieur, — dit-il au capitaine de frégate, en entrant chez lui, — faites assembler l'état-major dans la chambre du conseil.
— Bon, nous allons rire! d dit maître Mulot en portant ses yeux de la boussole aux voiles, et des voiles à la boussole.
Rien n'avait positivement transpiré sur les projets de l'amiral, et pourtant, une heure après l'issue du conseil, tout était dans l'agitation à bord du Breslaw; le calme et le silence ordinaires avaient fait place à une sorte de joie frénétique ; on se serrait la main, on riait, on blasphémait le plus gaiement du monde; les apprentis -matelots surtout ne se possédaient pas.
a Eh bien , — dit un tout jeune homme à l'œil brillant, au teint coloré, en s'approchant du maître Renard : — Eh bien , maître , ça va chauffer. . . demain. . . Je donnerais deux mois de paye pour y être déjà, et vous ?
— Moi, — dit gravement le canonnier, — eh donc, j'aime mieux ça qu'un coup de vent ; s et il se remit à mâcher son tabac, car la réserve et la gravité des vieux marins contrastaient singulièrement avec la guerrière effervescence des novices. Ce n'était pourtant pas sans une sorte de satisfaction que les anciens souriaient à ce jeune culhousiasrae naissant à l'idée
d'un premier combat ; mais , habitués dès longtemps à. de telles affaires, ils saiaient aussi que cette exaspération momentanée ferait bientôt place à des pensées plus sérieuses.
Les batteries furent dégagées des chambres , des cuisines, des cabanes et de tous les emménagements temporaires qu'on avait pu établir; on doubla les suspentes des basses vergues avec des chaînes de fer; les hunes furent garnies de pierriers et d'espingoles; on prit enfin toutes les mesures nécessaires en cas de combat.
L'exaltation des apprentis-marins avait encore été augmentée, s'il est possible, par ces manœuvres rapides, ces travaux violents et insolites; mais, lorsque tout fut fait , lorsqu'un peu de repos eut calmé cette fièvre ardente, on put s'apercevoir d'un curieux changement dans le moral d'une partie de l'équipage; les vieux marins conservèrent cette expression d'insouciance et de fermeté qui leur est habituelle, mais les jeunes gens devinrent silencieux, pensifs ; ils s'isolèrent, en recherchant cette solitude qu'on trouve môme sur un vaisseau. Alors ce fut au pays qu'ils rêvèrent, puis à leurs affections, à leurs projets. Alors seulement ils purent songer aux chances d'un combat qu'ils allaient affronter bravement ; mais ce ne fut pas la crainte qui éteignit leur gaieté, non, ce fut la préoccupation mélancolique et religieuse que l'on éprouve quand on doit assister pour la première fois à une affaire décisive.
Le commandant, qu'une longue et glorieuse car-
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rière militaire avait mis à même de connaître parfaitement cette admirable classe d'hommes, monta sur la dunette , et après une courte et énergique allocution :
<t Eh bien! mes enfants, — leur dit-il, — est-ce que nous ne dansons pas ce soir? c'est pourtant le moment. Allons, allons, une ronde... Messieurs les officiers, donnez l'exemple... »
A ces mots, la joie renaît sur toutes ces figures assombries; on monte des fanaux sur le pont, caria nuit était venue ; on se prend par la main, et, matelots, maîtres, officiers, sans distinction de rang, se prennent à danser sur le gaillard d'arrière du vaisseau. On chante des airs de France, des chansons de France, des refrains de France ; et c'était chose bizarre que de voir douze cents hommes, qui allaient le lendemain courir à d'affreux périls, tournoyer avec gaieté sur une planche qui les séparait de l'abîme, et préluder à un effrayant combat naval par une valse joyeuse et folie. Il y avait enfin je ne sais quel vivant souvenir du pays dans ces chants nationaux, dans ces airs de nos fêtes, qui se perdaient dans l'immensité et allaient mourir aux oreilles des amiraux d'Ibrahim.
Au bout de deux heures, le commandant, ne voulant pas laisser trop fatiguer ces hommes qui avaient besoin de toutes leurs forces et de toute leur énergie pour le lendemain, donna le signal de la retraite. On fit l'appel, et chacun, prenant son hamac, (lescendit
dans les batteries et se suspendit à sa place liabifuelle.
Quelque temps encore on put entendre des rires étouffes, d'énergiques saillies, des bons mots de corps-de-garde, de longues discussions sur le courage des Egyptiens, sur la manière d'éviter les brûlots... Puis, peu à peu, toutes ces voix se turent, et le plus profond silence régna sur le vaisseau, qui naviguait sous une petite voilure en attendant le joui-.
A ce tumulte bruyant et animé succédait un calme imposant; chaque officier était descendu dans sa chambre étroite et obscure. Lii, vinrent aussi éclore les pensées mélancoliques.
Alors chacun regarde avec amour ce réduit où se sont passées tant d'heures do molle rêverie, de délicieuse paresse, où sont éclos tant de brillants et fantastiques projets. L'un ouvre son bureau et relit encore une fois les lettres d'un vieux père, d'une maîtresse, d'une sœur. L'antre pense longtemps au passé, peu au présent, et pas à l'avenir ; il étouffe un soupir de regret, chasse un noir pressentiment, et écrit quelques lignes à la bâte. Ce sont les dernières dispositions , les derniers vœux d'un soldat
mourant; c'est une prière, un mot d'adieu un
souvenir pour une femme, pour une mère
qu'on remettra à un ami dans le cas 0:1 l'on serait tué
Et l'on s'endort, et l'on dort bien, parce qu'avant tout on est homme de courage, parce que l'on a payé
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sa dette à la nature, à un sentiment vrai, et que le lendemain, au bruit du tambour, il faut être inflexible, froid et dur ; et qu'au milieu des éclats de mitraille , du sifflement des boulets, du craquement des mâts et des cris des mourants , il reste peu de place dans le cœur pour un sentiment tendre , pour une fraîcbe pensée d'amour.
Mais au moins ceux-là peuvent, pendant ces longs quarts qui précèdent le combat, évoquer de riantes images, et vivre quelques heures encore de cette vie de douces ficlions ; mais celui sur qui pèse une immense responsabilité? l'amiral? ob! celui-là est bien malheureux, car il n'a pas une pensée à donner à sa vie intérieure, un battement de cœur à ses émotions d'homme ! Dans le silence et la méditation , il lui faut calculer les mille chances d'une bataille meurtrière, le mouvement de l'escadre qu'il commande; il lui faut de l'audace pour concevoir, du sang-froid pour exécuter. Il ne dort pas, lui; il veille pour tous, car ils sommeillent tranquilles à l'abri de son nom. Aussi, à travers les deux |fenêtres de l'arrière de la Sirhie, on put voir, à la lueur d'une lampe, un homme, jeune encore, les yeux fixés avec une attention dévorante sur un plan de combat, sourire, et marquer avec égoïsme le poste de combat de sa frégate protégée, au plus fort du péril.
Une autre scène se passait sur l'avant du Breslaiv. Maître Mulot et maître Renard étaient assis chacun sur le bord d'une petite couchette qui bordait leur
abane commune, entre eux étaient une bouteille et des gobelets de fer-blanc.
il Ainsi c'est convenu, Renard, — dit Mulot
— dans le cas où je serais déralingué... autrement dit tué...
— Eh donc ! matelot, je prends Georges avec moi.
— Ça t'embêtera peut-être?...
— Oui , mais que veux-tu qu'il fasse sans toi, ce pauvre petit. — Il n'y a rien de tel, vois-tu, Mulot, que l'œil d'un père , — que l'œil d'un père pour voir si vous-vous promenez bien sur un bout-dehors, et si vous serrez proniptemcnt une voile pendant un grain !
— Merci... oh bien, merci... Renard... car c'est étonnant, je ne peux pas surmonter ça... je suis sur de filer mon câble demain... deux fois mon couteau s'est ouvert tout seul... hein?
— Eh donc ! c'est pas pour t'effrayer, mais c'est peu rassurant...
— Enfin, Dieu est Dieu... mais ça me vexe pour Georges.
— J'en aurai soin Eh donc! je te le promets...
— Pauvre petit ! regarde donc comme il
dort.. 11
Et les deux marins s'approchèrent doucement d'un hamac suspendu dans un coin de la cabane. Là un enfant de dix ans dormait paisiblement, et sa figure avait même, pendant son sommeil, une
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expression de gaieté et de finesse singulière pour un âge aussi tendre...
Maître Mulot le considéra un instant en silence... Puis ses yeux se mouillèrent , et une larme roula sur la joue de son fils.
« S ! — dit-il en essuyant du revers de sa
grosse main goudronnée, s ! je ne suis pas un
lâche... et tiens, Renard... je voudrais que ce s
combat n'eût pas lieu...
— Eh donc ! est-ce que je ne suis pas là... matelot! — s'écria Renard en se jetant dans les bras de Mulot et fermant ses yeux pour qu'il ne vît pas qu'il pleurait aussi...
— C'est égal, Renard... mon bon matelot... c'est égal... je ne suis pas tranquille... Ça t'est bien aisé à dire , toi qui es siir de ne pas y laisser ta peau , à celte chienne de danse.
— Ça, c'est vrai, j'ai souffle'' trois fois mon fanal, et trois fois je l'ai rallumé en le levant en l'air... Ainsi , je suis sûr de rester. Alors , qu'est-ce que t'as à craindre ?
— Pauvre Georges, — dit Mulot. — Lui qui est si vif et si espiègle... Enfin l'autre jour, je ris rien que d'y penser,. n'a-t-ii pas mis le grand panneau de la batterie en bascule , de façon que le petit gredin s'est fait poursuivre par trois novices de ce cûlé-là. .. Lui , qui savait la chose, a sauté par-dessus le panneau , — et les trois sauvages de novices, qui ne le savaient pas, ont cabane au fond du fauxpont ; — même qu'il y a eu un de ces brutaux qui
s'psl arrangé les jambes si drôlement , qne le major croyait qu'il faudrait lui en ôter une.
— Le fait est , Mulot , — dit fjravement Renard, — que Georges promet d'être un bien joli sujet, et qu'il a des dispositions que je soignerai si tu crèves,... tu peux y compter.
— Enfin, mon vieux Renard, adieu et merci, si je ne te revois pas après le bastringue, n
Et ces deuxbommes s'embrassèrent cordialement, après quoi ils s'étendirent sur leur couchette en attendant le point du jour ; car on devait entrer de vive force dans la rade au lever du soleil.
LE COMRAT.