‹ La coucarachaChapitre 30 sur 84 · M0\ AMI \\<)I,F · texte numérisé non relu

M0\ AMI \\<)I,F

mais je me rappelle toutes ces idées d'alors, comme si c'était hier. — C'est peuf-oîre parce que j'y pense souvent, voyez-vous! — ajouta Wolf après un moment de sombre silence.

» D'abord la première pensée qui me vint, celle qui fut la base de toutes les autres, — fut que je ne partirais pas, — après quoi je pensai que je serais naturellement fusillé net; — ce qui m'était égal, puisque le matin j'étais décide à me fusiller moi-même si je n'obtenais riendePépa. — lia question n'était pas là , — elle était dans cet infernal patron de l'amiral.

— îl ne fallait pas songer à corrompre ce matelot ,

— je le connaissais. — Or, lors-même que je refuserais de partir, cet homme allait retourner à mon bord , — parler des ordres que je venais de recevoir ; et peut-être qu'une fois que mon second et mes officiers en seraient instruits , — de gré ou de force

je me verrais obligé de partir Or, vous concevez

ce que signifiait pour moi ce mot, partir, — maintenant que vous connaissez Pépa. ..

— Je le conçois si bien, — dis-je à mon ami Wolf, — que je n'ai qu'un regret... — on peut dire cela entre soi... — c'est que votre, animal de patron n'ait pas été dévoré par un requin , — ajoufai-je tout bas

— Vraiment — me dit \\ olf avec un accent

singulier. — Pardieu je pensai tout juste comme

vous , moi! — Quel dommage! me disais-je ,

comme vous , — car enfin un requin eût dévoré ce

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patron, je suppose... — eh bien ! je n'avais pas de nouvelle de l'amiral, — et je n'étais obligé qu'à partir le lendemain, au risque, il est vrai, de rencontrer l'ennemi ; mais aussi j'avais ma nuit à moi ,

une nuit de délices, — et demain au point du jour... im dernier baiser à Pépa, — et peut-être un combat acharné à soutenir, — un combat enivrant , glorieux comme un combat inégal, concevez-vous,... sortant dos bras de Pépa , — un pareil combat où j'aurais joné ma vie avec tant de bonheur et de joie ; un combat qui avec celte nuit d'ivresse eût si bien complété ou fini ma vie

— C'était admirable en effet... dis-je à Wolf

et sans ce misérable patron...

— Ah voilà ! c'était ce maudit patron , — répondit Wolf; — mais j'oubliais de vous dire, — ajonlut-il , — que pendant l'instant qui me suffit pour faire ces mille réflexions sur les ordres de l'amiral, — j'oubliais de vous dire que ma yole, n'étant plus soutenue par la voile, avait suivi un courant assez fort, et qu'elle se dirigeait insensiblement vers un endroit (le la rade rendu extrêmement dangereux par un de ces tourbillons volcaniques si fréquents dans la AléditeiTanée. . . , et que je fus tiré de ma méditation par un cri du patroii.... qui, ne se défiant de rien , suivant mon canot, auquel il se tenait sans nager, s'était senti tout à coup entraîner par le remou du tourbillon, avait lâché le gouiernail... et tournoyait

au milieu du gouffre en criant : a Jetez-moi un

aviron ou je me noie... n

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