LES TROIS BAISERS DE L.V HOHÉ.MIEWK
u Shispa'y a vingt ans , et à vingt ans Shispa'y n'a pas d'amant ; si Shispa'y était laide, je vous dirais : Plaignez LShispa'y. Alais Shispa'y n'est pas laide ; au contraire, Shispa'y est belle , et si belle, que lorsqu'elle se baigne dans l'Irmack avec ses compagnes, toutes la regardent d'un air de haine et d'envie. Mais à quoi te sert ta beauté, Shispa'y ? Le Juif a aussi de beaux sequins luisants qu'il cache , qui ne servent k personne, et dont lui-même ignore la valeur, puisqu'il s'est refusé tous les plaisirs qu'on se procure avec la richesse.
1 Le Juif est bien riche, Shispa'y, et pourtant un pauvre esclave haletant, manquant de tout, viendrait à genoux , les mains jointes, lui dire : Seigneur, donnez-moi une piastre, que le Juif lui donnera plutôt un coup de kangiar qu'une piastre ; tu fais comme le Juif, Shispa'y, qui peut tout avoir et se prive de tout parce qu'il ne connaît rien. Mais saistu ce qui lui est arrivé au Juif ? — Je vais te le dire, Shispa'y.