‹ La coucarachaChapitre 75 sur 84 · I.K s MOXTVdNES l> K I. \ HO MM. im · texte numérisé non relu

I.K s MOXTVdNES l> K I. \ HO MM. im

— Pour vous servir, compèro , » ajou(ai-je eu saluant Hasth'y.

Le misérable fit le mouvement qui lui était familier pour chercher son couteau dans sa poche.

■i II n'y a pas de couteau dans ta poche, drôle que lu es, — lui dis-je... — Mais rassure-toi... La dupe que toi et ta fille avez enlacée est si sfupide et si méprisable, que je vous l'abandonne... Seulement, Tinlilla , il me faut la première nuit de tes noces, ou je parlerai ; car , quoique fait , le mariage pourrait alors avoir des suites désagréables pour ce seigneur marquis... Mon silence est à ce prix.

— Alais songez donc,... — dit Hasth'y.

— C'est mon dernier mot , » et je tournai les talons.

IjC soir on signa le contrat en grande pompe, e( je signai mon nom avec le plus grand plaisir.

Le lendemain, à midi, Tintilla et son bouquet de lleui-s d'oranger furent conduits à l'autel par ]\L Bar- (lou, qui pleurait de joie.

Le m.arquis de la Ronda-Mayor, en grand uniforme d'officier-général , donnait le bras à madame lîardou ; tous deux pleuraient aussi...

Le beau Bardou suivait par derrière, les yeux encore plus saillants que de coutume... Ils avaient l'air de vouloir sauter de sa tête ; il était rouge cramoisi et souriait d'un air radieux.

Le diner fut splendide.

Le bal étourdissant.

Pendant l'intriviille d'une roniredanse , je m'ap-

198 LA OOUCARATCHA.

prochai de Tintilla , et je lui dis en espagnol... i Je t'attends dans la maison de ton père, songe à ta promesse ou je parle... »

Elle me dit à voix basse... u. (Jue le diable me soit en aide. i> On coucha les mariés.

Le lendemain malin , je me promenais d'assez bonne heure dans le Parc , assez proche de la maison qu'habitait Hasth'y , lorsque je vis arriver une kyrielle de violons et de musiciens , et derrière eux toute la noce, conduite par le beau lîardou, qui avait un de ses gros yeux tout noir et tout confus, et riait d'un air capable; des domestiques portaient des haches et des leviers. Tout le monde était d'une gaieté folle.

ï Vous ne savez donc pas , — me dit M. Bardou père , qui pour sa part était armé d'un énorme merlin, — il s'en est passé de drôles cette nuit. Est-ce que l'Espagnole n'a pas été effarouchée au point de battre mon Bardou, de se sauver de la chambre nuptiale, et de venir comme une folle s'enfermer chez son père, où elle a passé la nuit. Est-ce ra une vertu, hein?

— Les Espagnoles sont tontes comme cela, — lui dis-je.

— Mais nous allons faire le siège de la maison, nous enfoncerons la f)orte , nous démolirons le mur, si! le faut, mais nous l'aurons ; tenez, voilà déjà mon Bardou qui commence à démolir la muraille. Au dixième coup de pioche , le marquis de la Honda-

LES MONTAGNES OE LA RO\l)\. iPi)

Mayor parut sur le seuil tenant Tintilla par la main, (jui, toute rouge et honteuse, cachait sa fclc dans le sein (lu respoclahle vieillard...

« Victoire!... victoire i... ^ cria Bardou.

Le beau lîardou, lui, ne cria pas victoire; mais comme il était fort comme un bœuf, il prit Tinlilla dans ses bras et courut la porter aux pieds de madame Bardou (douairière) , qui les bénit.

Hasth'y les bénit aussi.

Je retournai le lendemain chez mou ami ; et quelque temps après j'appris avec peine que cette pauire créature, que ce niais avait si sottement sacrifiée, était morte de chagrin.

PHVSIOLOr.IK D'I N APPARTFIMEXT.

1,0 slylp psI tout l'Iinniiiii'. !

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a Ainsi donc, madattie la comtesse, — dit M. Dossigny en comptant les pulsations délicates du pouls (le la jeune femme , — ainsi vous éprouvez du malaise , des insomnies ; le moindre bruit agace cruellement vos nerfs , une lumière trop vive blesse votre vue, la solitude vous attriste et vous charme, et c'est à peine si vos jours de Bouffons ou d'Opéra ont le pouvoir de vous distraire ?...

— Hélas, oui, docteur... tout cela n'est que trop vrai !...

— Jusqu'à présent , les effets me sont clairement démontrés ; il nous reste à chercher les causes, u

Ici la comtesse rougit singulièrement sous la vue perçante du docteur... qui n'était pas un docteur.

C'est-à-dire... c'était bien un docteur si vous voulez , mais un docteur sauf la science do l'art médical, un docteur tel qu'il en faudrait pour guérir ou calmer les maladies purement morales d'une classe de gens pour qui le hideux cortège des rhumes , des fluxions de poitrine n'est qu'un préjugé ou une tradition, le confortable et l'espèce; de leur e\is- Icnre les protégeant contre de pareilles misères.

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Mais, si res hcnnii.v ilii sirrlr, comme on les appelle, soTit à l'abri de ces brutales et grossières souffrances... par compensation que de maux plus cruels , plus poignants , plus amers , viennent les torturer!... maux d'autant plus affreux qu'ils ne peuvent trouver de soulagement que dans des soins tout intellectuels... Douleurs de l'àme , que l'àmc seule peut guérir.

Or, le docteur était justement l'homme des maladies du cœur ou de l'esprit, car il savait tout, excepté la médecine... et s'il avait malheureusement su la médecine, il eut, le misérable, peut-être répondu à l'un de ces élans désespérés de notre intelligence vers un indni qui nous échappe... par nu sinapisme ou une potion calmante !

Xon, non, le docteur était un homme d'une portc-e supérieure... Selon l'âge, le caractère, le génie de son malade, il ordonnait tantôt une méditation de F.amartine, sublime et harmonieuse mélodie qui vous entraîne vers Jehovah sur l'aile dorée des séraphins, tantôt un chant de Byron, railleur et décevant.

In chagrin connu vous navrait-il?... une touchante et naïve consolation de Sainte-Beuve, douce comme la voix d'un ami denfance, faisait couler ces pleurs qui vous oppressaient, ces pleurs qu'il est si bon de pleurer...

Ou bien c'était tantôt l'éclat d'une ode de Victor Hugo , éblouissante des feux et des couleurs de l'Orient... tantôt la ciselure délicate et coquette , la pensée profonde d'un poème de De Vigny ou d'Kmile

Dpscliamps , qu'il opposait à un terne et sombre découragement.

Le système nerveux était-il irrité par la conscience de notre corruption?... aussitôt le docteur conseillait une strophe sanglante de Barbier, et votre douloureuse indif^nation s'exhalait en répétant ces vers mordants , gonflés du fiel de Juvénal.

Enfin , si tous les trésors des poètes et des moralistes ne suffisaient pas, à l'imitation des empiiiqnos fameux , le docteur composait lui-même un arcane. . . comme il le fit peut-cire pour cette jolie comtesse dont il pressait le pouls entre ses deux doigts.

(i La cause seule du malaise qui vous oppresse nous reste donc à chercher, madame la comtesse ; et cette cause... ne m'est pas inconnue, — reprit le docteur.

— Voilà qui est fort et qui approche de la magie ! — dit la comtesse en souriant...

— Bon Dieu ! madame , j'ai deviné bien d'autres secrets, j'ai pénétré le caractère de bien des gens... sans les voir même.

— Cher docteur, il est fort heureux que vous ne soyez pas né au moyen Age... Vous eussiez été brûlé coçnme sorcier... d'abord , et puis je n'aurais pas en le plaisir d'entendre vos folies...

— Des folies ! madame... des folies!... veuillez écouter, et vous verrez si ce sont là des folies :

a II y a environ deux mois de cela, — raconta le docteur, — un de mes amis me pria d'aller voir un de ses parents (|ui , disait-il , avait le plus grand

PHYSIOLOOIK DIIM APPARTEMENT. 203

besoiu de mes conseils. Je me rendis donc un jour chez ce nouveau malade, il était sorti , mais m'avait fait prier de l'attendre.

ï J'ai une habitude qui vous paraîtra bizarre, madame, et qui peut-être vous expliquera le secret de ma folie ou de ma magie ; cette habitude est déjuger l'homme, non pas, comme Ruffon, sur le style, mais %viY \ appartement ^ qui, à mon avis, reflète d'une façon bien plus infime et plus prohante, le caractère, lesjjoùts, je dirai presque les mœurs de l'individu... En un mot, à l'ensemble de l'appartement, je suis sur de deviner la manière d'être physique et morale de son possesseur.

— Voilà qui est fort singulier! — dit la comtesse en s'asseyant au lieu de rester couchée sur sa causeuse,— en vérité fort singulier, et surtout fort amusant... Je vous écoute, docteur.

— Le valet de chambre du parent de mon ami me reçut, et m'offrit d'attendre son maître dans un petit parloir où je restai seul : il faut l'avouer, madame, ma science d'observation se trouva tout à coup en défaut. Dans ce parloir tout était négatif : une tenture ni gaie ni triste , pas un tableau , des carreaux dépolis qui cachaient la vue, des meubles d'une coupe commune et insignifiante... En un mot, rien de particulier, rien d'intime.

D Comme mon malade n'arrivait pas et que, n'ayant rien à observer, je m'ennuyais fort , je poussai une porte et j'aperçus avec bonheur une mine féconde en inductions : c'était la salle à manger.

i(U I. A COl'CAR \T(:H A.

■ Je refermai silencieusemenl la porte du parloir, et me plaçai au centre de cette pièce pour l'embrasseï' dans tous ses détails et dans son ensemble.

V Je 'lois avouer, madame, que l'ensemble me parut imposant ! Celte salle à manger de forme circulaire (■lait revêtue de stuc blanc, rehaussé de peintures \ives et trancbées, comme celles qui se déroulent sur quelques vases étrusques ; entre chaque fenêtre un bois de cerf naturel , charge d'armes de chasse , de pieds de sanglier et de daim, de trompes, de gibecières, donnait à cette pièce un cachet spécial (ont à fait en harmonie avec sa deslinalion.

1) Mais ce qui faisait presque musée dans celle salle, c'était une suite d'admirables tableaux de Slil et Leguis, qui représentaient : ici un chevreuil fauve et doré pendu mort à un arbre ; là un sanglier forc('' parla meule, et faisant tête aux chiens, hérissé, les yeux sanglants, la bouche baveuse; plus loin c'étail un groupe de faisans , dont les plumes d'or, de piiurpre et d'azur, élincelaient aux rayons d'un soleil couchant. Puis, au-dessous de ces tableaux d'assez grande dimension, de ravissantes toiles de Géricault ; Horace et Carie Vernet, Pfor et Wil, offraient les types des plus belles races de chevaux d'Kuropc et d'Asie.

•^ Enfin, au milieu d'un cadre d'or merveilleu.seinent sculpté , on voyait le portrait d'un superbe cheval de chasse bai brun , la lêle demi-lournée, les oreilles fixes , l'œil saillant, la croupe haute, parai.ssant doué d'une intelligence plus qu'humaine , et an

l'HVSIOLodlK 111 .\ .\ IM'.\Hii'.Ml';\i -iu:.

lias (le ce tableau vivant ou lisait ces mois éciils en ('mail bleu , sur lui fond noir : A Talùol l'inroinpitidldc. son maître nroniiaissaiit. J'oubliais aussi les poriruils d'une bonniHe (|uantitc de bouledogues , ehiens courants, d'arrè-t, épagneuls ou lévriers, (jui, remplissant un grand cadre à compartiments, attestaient du goût pronone(' du maître pour la race canine.

I) Je ne vous parle pas d'un magnifique buffet surmont(; d'une armoire de Rosewood à vitrage, et curieusement incrustée d'ornements alléi!ori(|ues en cuivre et en ivoire, a. l'instar de ces meubles si précieux du moyen âge ; cette armoire était remplie d'une admirable vaisselle plate. Seulement, ce tjui complétait parfaitement le caractère de cette salle à manger, c'était une petite bibliotliè(jue d'ébène à fermoirs d'argent , (jui contenait les œuvres succulentes de Brillât-Savarin, Berchoux, (li-imond de la Reynière, Fouret, Carême, et quelques autres livres ou curieux manuscrits anciens sur 1 art culinaire , tout cela relié avec un goût exquis , et cliargc de notes de la main de mon futur malade... que nous nommerons si vous voulez Yliiconiui, jusqu'à ce que son véritable caractère nous soit révélé pur l'étude physiologique de son appartement.

1 Or, je vous avoue , madame , que j'eus l'indiscrétion coupable de feuilleter les livres de celte petite bibliothèque, et entre autres réflexions en voici une que je me rappelle, et qui me parait d'un grand sens et tout à fait neuve :

206 LA COLCAHATCHA.

> Pour juger et comprendre dans toute sa portée

l'œuvre d'un cuisinier , il faut se mettre à table

sans ressentir la moindre celléifc d'appétit, car le

triomphe de l'art culinaire n 'est pas d'assouvir la

faim, mais de l'exciter.

j Cette petite bibliothèque contenait aussi les œuvres de Rabelais et de \'crville , dans le cas ( disait encore une note de l'Inconnu ) , dans le cas OM, dînant seul , on voudrait se f/audir en joijeuse et folle compagnie, l'habitude et la race des bouffons amusants étant malheureusement passées de mode.

■n Là aussi je feuilletai divers traités de l'art de la vénerie depuis Charles IX juscpià nos jours , tous curieusement annotés. J'y lus entre autres une assez, lonjjue dissertation dans laquelle notre Inconnu , se trouvant opposé à l'avis de Dampierre et de V^errier de la Conterie , soutenait opiniâtrement que le onzième des trente-un tons de chasse devait s'appeler h'orhu , tandis que ses adversaires le nommaient le Défatd ou le Hourvari. Je vous fais grâce d'une ctymologie curieuse sur la tête Jiirarde et le Daijuet, qui me parut fort concluante. Je passe aussi sous silence un nouveau mode d'enfjrainagc pour les chevaux de chasse; mais je ne puis finir cette lonjjue description sans vous parler encore d'un petit traite manuscrit de notre Inconnu sur la Musi(pic uppl'i- (juée (I la gastronomie.

n Dans cet ouvrage, l'auteur prétendait prouver l'analogie complète qui existait entre le genre de

l'HYSIOLOGIK D'UN APPARTEMENT. i07

moiiu de son dinor et le caractère de la musique de Mozart ou de Rossini , par exemple.

" Ainsi disait-ll : n Si je veux approl'ondir le dé- I veloppement large et progressif de l'ivresse ou » plutôt de la poisie du Porto , poésie peusiie , 1 grave et triste , je dînerai seul , je ne mangerai ï que des viandes noires et sévères, des filets de

I sanglier ou de cerf de seconde tèle, harmonisant 3 ainsi les sucs des solides et les esprits des liqui-

II des; car si les mets sont le corps de l'ivresse, le s rin est son àine, et il faut la plus parfaite corrén lation entre ces deux principes. Et puis, la lu- B mière (|ui m'éclairera sera pâle et douteuse ; cl " puis la musique qu'on m'exécutera {je n'admets ' pas lin diner sans musique , sans excellente >nu- 3 sique) aura un caractère sombre et imposant; ce I seront , je suppose , quelques pages de don Juan , > de ce puissant et terrible poème de Alozart, ou « quelques chants grandioses du Moisc.

T> Alors mou corps, mon âme et mon esprit clant s surexcités par la triple ivresse des mets , du vin e( » de la musique, j'atteindrai aux plus hautes sphères !• de jouissance matérielle et inlellec(uelle.

» Si , au contraire , je veux me laisser bercer par V l'insouciante et folle poésie du Irais Champagne, je sucerai les atomes de quelques oiseaux légers I et brillants , un sot-l' '/-laisse de faisan doré , un n aileron de barlaravelle aux pattes de pourpre... - Alors l'éclat de mille bougies, des fleurs, du verj meil, des femmes, des cris d'amour et de gaieté...

iO» I.A COI CAHATCII \.

1 Alors lienue, pour compléter mon evtase , uiio v friniianic (arcnlelle de la Miiellt'. vienne la musi- ' que sublime du liardicr , musique eniiraute qui ;• rit, ctiucelle el pétille comme lo j{az frémissant 1 sous la mousse argentée ! i

- Mais je cesse mes citations empruntées au manuscrit de cet original pour vous citer seulemcnl i'Iieureuse innovation que cet homme sensuel avait apportée dans sa salle à manger. Je veux parler de larges, profonds et excellents fauteuils, dont le siège un peu incliné était en maroquin et le dossier en drap ' , remplaçant ces chaises si incommodes qui garnissent ordinairement les salles à manger les mieux entendues...

1 \ ous avouerez donc , madame , (jue sans magie r)n peut , j'espère , parfaitement préjuger du caractère de notre Inconnu, d'après cette salle à manger; cet ensemble , ces détails ne disent-ils pas : (let homme ne vit que pour la <able, le vin et la chasse ; c'est un joyeux et indolent compagnon qui résume la vie et le bonheur dans une sauce , une meute el une écurie ; qui , ne comprenant que des plaisirs physiques , vivant d'une vie d'action , doit manquer complètement des sens délicats qui trouvent leurs

' Xous .nous cIipicIk' coiiscicncit'uscmeiil quelle pouiiiil élrc l.i rai- "on lie celle diffcrciicp piiliu le sifjje el le dossier, el nuus duiinuiis l.i solution suiiuiile sans en •jurantir revactiludc : Le ticivail de lu digesliuu raisaiil ipidiiver une espéee de liissun qui al'Ieele priiicipaleuienl le dus, ou eoiieuil que l'impression fraiciie produile par un flossiei de in-tiiii|iiin eut dieore augmenté celle sensalinn ilésa'jii'able. -

l'JIVSIOl.Odll', DIX APPARTEMENT. iOJ

joies et leurs peines dans des sensations toutes intellectuelles.

- Pour cet homme , les arts ne sont pas un ])ul , mais uu moyen qu'il subordonne à ses grossiers plaisirs. S'il aime la musique , ce n'est pas pour revêtir de ses pensées les sons qui le charment ; ce n'est pas pour se laisser emporter aux brises frémissantes de l'harmonie , dans l'espérance d'entrevoir cet infini auquel une àme ardente aspire toujours. Non, pour cet homme la musique n'est qu'un son plus ou moins mélodieux qui l'endort dans ses orgies.

-5 Dans les ravissantes peintures qu'il a sous les yeux, cet homme ne voit qu'une couleur, qu'une représentation exacte du cheval ou du chien qu'il a aimé parce qu'il avait des flancs ou du jarret.

5 Dans ces sublimes bouffonneries de V^erville et de Kabelais , qui cachent tant de puissantes hyperboles, il ne voit, lui, que le mot cynique qui rit à son cerveau noyé dans la vapeur du vin. Voilà tout.

D Enfin, n'est-il pas vrai, madame, que chex cet homme l'être intellectuel manquant tout à fait, il n'y a en lui qu'une enveloppe grossière, et qu'au lieu d'âme c'est un instinct brutal et sensuel qui l'anime?

— Je suis de votre avis, docteur, et je commence à vous trouver un peu moins magicien... et un peu plus sorcier. !Mais vous, que pouviez-vous faire pour ce turbulent chasseur, qui ne devait souffrir que d'une côte enfoncée à la chasse ou des excès lYunti débauche?

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