PROCÉDÉS DE DESTRUCTION EXPERIMENTALE
employons le chloralose en injections intra-veineuses à la dose de 10 centigrammes par kilo de poids d'animal, en solution dans du sérum physiologique ; on fait l'injection dans la saphène externe. On obtient ainsi au bout de quelques minutes, une anesthésie complète qui persiste pendant plusieurs heures, et dans aucun cas nous n'avons eu d'accidents causés par l'anesthésie. Quand l'animal ne s'endort pas de suite, et qu'il est en proie à une certaine agitation, il suffit de kii faire respirer quelques bouffées de chloroforme pour faire cesser toute excitation. Ce procédé d'anesthésie est de beaucoup préférable aux autres ; mais nous n'avons pu l'employer chez les chats, dont les veines superficielles sont très petites, et partant, difficiles à découvrir. De plus, cet animal ayant des moyens de défense et de réaction plus violents que le chien, il n'est pas facile à maintenir en immobilité suffisante pour permettre la découverte d'une veine.
C'est pourquoi, chez le chat, nous faisons l'injection de chloralose, de 5 centigrammes par kilo, dans le péritoine. L'anesthésie est plus longue à obtenir et moins complète ; aussi est- il souvent nécessaire d'avoir recours au chloroforme ou à l'éther.
Nos singes ont été endormis, soit par injection de chloralose dans le péritoine, soit simplement par inhalation d'éther anesthésique, que ces animaux supportent bien et acceptent volontiers. De faibles doses d'éther suffisent à les endormir complètement, et l'on n'a plus ensuite qu'à maintenir l'anesthésie par de petites inhalations de courte durée. Nous n'avons jamais eu, en opérant de la sorte, d'accidents chez le singe.
c) Opération. — L'opération qui consiste à produire des destructions de la couche optique, comprend différents temps :
1®^' Temps : Trépanation. — On fait — après incision de la peau du crâne sur la ligne médiane et sur une longueur de 4 centimètres environ — un orifice avec la fraise moyenne du trépan de Doyen. Nous prenons comme point de repère chez le chien et le chat le milieu de la ligne sagittale médiane, réunissant la ligne qui joint les arcades sourcihères à la protubérance occipitale, et nous trépanons à un demi ou 1 centimètre en arrière de ce point, et à i centimètre en dehors de la ligne médiane. On
tombe ainsi sur la couche optique, à une profondeur variable avec les animaux. Les points de repère que nous donnons ici ne sont pas mathématiquement exacts, et varient à l'infini avec la forme et les dimensions de la tête des animaux ; il faut donc les modifier suivant les besoins de la cause. Comme il est impossible de se procurer des chiens de race et de taille tout à fait semblables, c'est surtout chez cet animal que l'opération est rendue difficile par le défaut de point de repère précis.
Chez le chat la difficulté est moins grande, le chat adulte étant rès sensiblement toujours de même taille.
FiG. 2.
Coupe sagittale d'une tète de singe pour montrer le trajet suivi par l'instrument.
Chez le singe enfin, nous avons des points de repère plus précis, car la taille de ces animaux varie moins pour une même espèce. Nous appliquons ici la couronne du trépan exactement sur la suture fronto-pariétale, à un demi-centimètre en dehors du bregma (Voir fig. 2).
2^ Temps : Introduction des aiguilles. — On introduit les aiguilles à la profondeur voulue, à travers la dure-mère qu'il est habituellement facile de perforer. Chez les chiens âgés, il est nécessaire défaire au préalable une petite incision de la dure-mère au bistouri. La piqûre des méninges occasionne souvent des hé-