TROCÉDÉS DE DESTRUCTION EXPERIMENTALE
tandis que l'autre, positif, est formé par une plaque appliquée sur l'abdomen. Le courant est augmenté jusqu'à 20 à 40 milliampères, et Fauteur fait remarquer que la destruction est plus forte au pôle négatif.
Le volume de la substance détruite est proportionnel à la quantité d'électricité exprimée en coulombs ; 8 coulombs donnent une destruction du volume delà tête d'une épingle ; 36 coulombs, du volume d'une cerise.
L'auteur présenta à la conférence des médecins de la Clinique des maladies nerveuses et mentales de St-Pétersbourg,6 cerveaux de cbiens, avec des destructions isolées dans différentes régions de l'encéphale.
Pour obtenir par cette méthode des destructions suffisamment volumineuses, il faut, soit de grandes quantités d'électricité, ce qui n'est pas sans inconvénients, soit un temps d'expérience prolongé. Comme pendant toute la période de fermeture du circuit, le courant passe forcément par les cellules et les fibres nerveuses pour gagner du pôle cérébral le pôle abdominal ou vice versa, il est possible — comme l'ont fait remarquer du reste Sellier et Verger — que ce fait ne soit pas sans inconvénients, et susceptible de troubler lesconditions de l'expérience.
Georges Weiss (1) a, dans un travail des plus intéressants, étudié les effets de l'électrolyse interpolaire sur les tissus organiques ; il a montré que ces tissus se polarisaient sous l'influence du passage du courant continu, et que cette électrolyse ne produisait de lésions visibles au microscope, qu'à condition qu'on ait employé un courant d'intensité relativement forte.
Cette méthode de l'électrolyse monopolaire est donc susceptible de nombreuses critiques.
Electrolyse bipolaire. — La méthode de l'électrolyse bipolaire, bien préférable à la précédente, fut employée pour la première fois, ainsi que nous l'avons vu, par SeHier et Verger sur le conseil du professeur Bergonié (de Bordeaux). Ce procédé, en effet, a sur le précédent le grand avantage d'être beaucoup
(1) GeoRGES Weiss, ^rc/i. d'élect. mécl. expérim. et clinique-
plus rapide et de limiter exactement ses effets aux pôles (électrolyse polaire), et sur la ligne séparant les deux pôles (électrolyse interpolaire).
Voici ce que dit à ce sujet, le professeur Bergonié : « Dans le cas où les deux pôles sont placés sur un conducteur à deux ou trois dimensions, les lignes de flux se concentrent au voisinage de la ligne droite qui joint les pôles, et qui est elle-même une de ces lignes. Elles sont de plus en plus tendues et nombreuses pour une même largeur prise sur une ligne équipotentielle, à mesure qu'on se rapproche de cette droite de jonction des pôles. La densité du courant sera maxima au niveau du tube de flux, et c'est là que les phénomènes électrolytiques s'accompliront avec leur intensité maxima. »
On est donc parfaitement sûr, par l'emploi de ce procédé, de limiter exactement la destruction au point visé.
Mais, nous l'avons vu, la grosse difficulté de cette méthode de destruction expérimentale^ résulte de l'impossibilité de trouver des points de repère tout à fait précis. C'est pourquoi, nous avons décrit ce mode opératoire comme étant une méthode aveugle, et c'est pourquoi également^ il faut opérer un grand nombre d'animaux pour être sûr d'en réussir quelques-uns. La méthode de Télectrolyse bipolaire enfin, sans déterminer des hémorragies aussi abondantes que celles du procédé Lo Monaco (méthode sanglante), en occasionne parfois d'assez importantes pour amener la mort de l'animal.
C'est pour ces raisons que, sur une vingtaine d'animaux opérés de la sorte, nous n'avons pu, en fin décompte, n'en utiliser que cinq, soit le quart seulement.