‹ La couche optique (étude anatomique, physiologiqueChapitre 36 sur 43 · Cas Prev · texte numérisé non relu

Cas Prev

Hémianeslhésie droite, légère pour le tact, plus marquée pour la douleur et la température, très prononcée pour les sensibilités profondes.

çue sur le doigt voisin ; une autre piqûre faite à l'oreille est perçue à la joue ; la malade se trompe d'un orteil à l'autre, du talon à la jambe. Nous avons noté jusqu'à 10 centimètres d'écart entre la piqûre réelle et le point de perception. Les cercles de Weber sont agrandis comme on pouvait le prévoir. Il n'existe pas de retard dans la perception .

La qualité de la sensation n'est pas toujours nettement perçue. Il y a des points où la piqûre est perçue comme une douleur, sans que la malade analyse la sensation de piqûre.

Température. — 11 existe également une hémianesthésie marquée pour la température. La malade étant incapable de distinguer un tube chaud à 50° d"un tube froid, sur toute la hauteur du côté droit. L'anesthésie s'arrêtait d'ailleurs sur la ligne médiane.

Pression. — On provoque de violentes douleurs dans tout le côté droit à la pression ; la malade perçoit une brûlure ; ainsi on peut, en pressant la joue avec le tube froid, faire éprouver au sujet une sensation de chaleur désagréable. La même chose se produit quand la malade met le pied à terre et pèse dessus.

Sensibilité au diapason. — Elle est diminuée dans tout le côté droit, et la différence est très nette au crâne entre les deux moitiés. Du côté malade le bourdonnement paraît plus sourd que de l'autre côté. En outre, dans des points même très anesthésiques, le contact du diapason produit quelquefois une sensation de brûlure intense.

Sens musculaire. — La malade a perdu la notion de l'effort musculaire du côté droit. Si on attache à sa main droite un petit panier, et que, le sujet demeurant le bras tendu et les yeux fermés, on y place successivement des poids de 200 à 500 grammes, la malade ne peut dire quel est le plus lourd, alors que, du côté sain, elle apprécie des différences de quelques grammes.

La perception des attitudes est presque complètement abolie du côté droit, surtout à la main et aux doigts. Quelque position qu'on imprime à ses doigts et à son poignet, la malade ne peut dire comment ils sont placés. Elle ignore si ses doigts sont fléchis ou étendus, si son bras est levé ou non.

Comme elle a, d'autre part, recouvré une motilité très suffisante, on peut réaliser facilement sur elle l'expérience suivante :

On imprime doucement aux doigts et à la main anesthésiée certains mouvements et on prie la malade de reproduire exactement ces mouvements avec les doigts de la main saine ; cela lui est tout à fait impossible. L'expérience est alors faite à rebours : on place la main et les doigts du côté sain dans une certaine position, la malade reproduit immédiatement et sans hésiter cette position avec la main malade.

Perception stéréognostique. — Elle est abolie du côté droit. La malade est incapable de percevoir par la palpation la l'orme, le relief des objets ; elle ne peut même dire qu'elle est leur consistance. 11 lui est donc impossible de reconnaître des objets usuels tels qu'une clé, une pièce de monnaie, etc. . .

Appareils des sens : Œil. — Il n'existe pas de troubles de la musculature externe ni interne, pas de rétrécissement du champ visuel, pas d'hémiopie. Les pupilles réagissent normalement à la lumière et à l'accommodation.

Ouïe. — L'acuité auditive est très diminuée à droite ; dès qu'elle a été

paralysée, la malade a remarqué qu'il lui fallait tendre l'oreille pour entendre. L'audition par transmission osseuse est également diminuée.

Goût. — 11 existe une diminution de la sensibilité pour les substances amères dans la moitié droite de la langue.

Odorat. — La malade sent mal du côté droit, elle prend de l'essence de thym pour de l'ammoniaque.

Troubles vaso-moteurs. — Les deux mains présentent une légère différence de température sur leur face dorsale. La main droite est plus froide. A la fîg'ure, la moitié droite est constamment plus rouge que l'autre. L'examen des différents viscères ne permet de déceler rien de particulier. Pas de lésion cardiaque ; dans les urines, on ne trouve ni sucre, ni albumine.

Le 31 février 1905, nous revoyons la malade et nous notons ce qui suit :

Troubles moteurs. — La marche est difficile à cause des douleurs et de l'incoordination ; la malade nous dit qu'elle ne sent pas sa jambe droite en marchant et quelle ne perçoit pas bien le sol sous elle de ce côté. Au niveau du membre supérieur, la force musculaire est diminuée dans le poignet et les doigts ; elle est presque égale à droite et à gauche pour le coude et l'épaule.

Dans la jambe, la force dans l'extension du pied est égale à celle du côté opposé, et si la malade résiste moins adroite, pour les différents mouvements du pied, c'est à cause de la douleur que provoquent tous les mouvements de ce côté.

La malade présente en outre, d'une façon très nette, des mouvements associés. Elle écrit assez couramment de la main gauche, et, pendant qu'elle écrit, la main droite placée sur ses genoux ou sur la table, reproduit assez exactement les principaux mouvements que fait la gauche. Si on maintient de force la main droite immobile, la malade est gênée pour écrire, elle souffre, dit-elle, dans son bras et sa main droite et finit par être obligée de s'arrêter.

Les réflexes sont exagérés du côté droit ; fas de signe de Babinski.

L'ataxie persiste avec la même intensité du côté droit.

Les mouvements choréo-athétosiques existent encore, quoique moins prononcés.

Troubles sensitifs. — Les altérations de la sensibilité persistent mais présentent quelques caractères particuliers ; on ne note plus d'anesthésie du côté droit, mais bien de l'hyperesthésie pour le tact, la douleur et la température^ avec défaut d'interprétation qualitative et topographique des impressions périphériques. La vibration osseuse du diapason produit également une sensation douloureuse très vive sur tout le côté droit.

La perte de la notion de position segmentaire est toujours abolie dans le membre supérieur droit.

L'astéréognosie est complète de ce côté.

Les douleurs enfin existent toujours dans les membres du côté droit et

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à la face et revèteat une acuité marquée. La malade se réveille souvent en criant et en pleurant. Elle éprouve des sensations de brûlure intense, de picotement ou de chaleur durant pendant dix minutes ou un quart d'heure : puis, ces phénomènes s'atténuent et il ne persiste plus qu'un léger engourdissement de tout le côté droit. Ces douleurs passent transversalement dans les membres, au dire de la malade, et non de haut en bas.

En pressant profondément les téguments du côté droit, on provoque des douleurs très violentes arrachant des cris ; le pincement de la peau est également douloureux, mais beaucoup moins que la pression profonde des masses musculaires et des nerfs. Au membre inférieur, la pression le long du trajet du sciatique droit est particulièrement douloureuse. La pression osseuse est enlin plus douloureuse qu'à gauche. La malade ne ressent aucune douleur du côté gauche du corps.

Les organes des sens, goût, ouïe, odorat sont normaux et nous ne retrouvons plus les différents troubles signalés au début de cette observation.

Nous faisons pratiquer un examen des yeux par notre collègue Cantonnet, qui constate que : les réflexes sont normaux, le fond d'œil normal, l'acuité visuelle normale (un peu faible à gauche). 11 n'y a pas de diplopie, pas de dyschromatopsie . Le champ visuel est rétréci, surtout en bas, pour l'oeil droit.

Troubles Irophiques. — La main droite est déformée et un peu diminuée de volume, les doigts sont effilés, amincis, et les ongles sont plus convexes et plus lisses. Les plis de la peau sont beaucoup moins marqués que du côté opposé. L'atrophie légère de ce côté est évidente.

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