CONSTITUTION INTÉRIEURE
lapin, la taupe, etc. et chez rhomme. Cet auteur coiivsidère dans le thalamus les noyaux suivants :
Noyau antérieur, divisé en :
1° Ant. a, représenté par le tubercule antérieur et subdivisé en deux noyaux accessoires.
2° Ant. c, situé dans un dédoublement du stratum zonale, caractérisé par de grandes cellules et de nombreuses fibres à myéline.
3° Ant. b, situé au-dessous de ant. a, et ne se distinguant de celui-ci que par une moindre densité de son réticulum.
Noyau latéral, correspond à la partie dorsale du noyau externe de Burdach ; chez le chat^ le chien, on distingue :
1° Lat. a, entourant l'flyi/. a, et présentant des cellules petites et serrées.
2° Lat. b, au-dessous et en arrière du lat. a, constitué par des cellules plus grosses et plus écartées.
Chez l'homme, les différences entre les noyaux lat. a et lat. b sont à peine marquées.
Noyau ventral {groupes ventraux) correspond à la partie ventrale du noyau externe de Burdach et est sous-jacent au noyau latéral ; il est subdivisé en :
1° Ventral a, ow. central, qm contient les cellules les plus grosses et les mieux colorables de la couche optique et correspond au faisceau thalamique de Forel.
2*^ Ventral c, ou latéral postérieur , qui se continue avec le corps genouillé interne,etdontil se distingue par des cellules plus volumineuses qui sont contenues dans un réticulum plus dense.
3° Ventral b, ou interne, ou corps semi-lunaire deFlechsig., qui seul forme un noyau nettement distinct par sa coloration claire .
4° Ventral antérieur, se continue en arrière avec le ventral a et b ; en dehors et en avant avec le noyau latéral.
Noyau médian, fragmenté en :
1° Médian a, dans la queue du tubercule antérieur, à petites cellules étoilées pyramidales et médian a\ séparé du précédent par les fibres du faisceau de Meynert.
2° Médian b, ou centime médian de Luys^ caractérisé par sa
coloration plus claire, ses cellules plus petites et plus espacées.
^6° Médian c [Nusl. ■magno-celhilar.)^ situé au-dessus de médian b, présentant de grandes cellules multipolaires.
Noyau postérieur^ constitué par le prolongement que le pulvinar envoie entre les corps genouillés, présente un réseau très riche en fibres à myéline.
Le corps genouillé externe, dont le développement est inverse de celui du pulvinar, occupe une situation dorsale chez le chat, le chien, ventrale chez l'homme où le pulvinar le refoule ; il est formé de faisceaux concentriques blancs et gris contenant de grosses cellules. On peut le subdiviser en :
1"^ Noyau doî^sal ou supérieur, développé seulement chez le chien, le chat, et recevant les fibres rétiniennes.
2" Noyau ventral, en connexion avec les fibres visuelles corticales, et fragmenté en quatre noyaux accessoires.
Le corps genouillé interne présente de grosses cellules écartées.
Monakow a montré également que chacun de ces noyaux répondait à des zones corticales déterminées ; c'est ainsi que :
1*^ Le groupe des noyaux antérieurs du thalamus (tubercule antérieur), est en rapport, chez les animaux avec le cinquième antérieur du gyrus supra-sylvien et le territoire immédiatement voisin, et chez l'homme, avec la portion interne de la première frontale et le lobule para-central.
2° Le groupe des noyaux internes ou médiaux avec l'écorce du gyrus sigmoïde chez les animaux, et chez l'homme, avec les deuxième et troisième frontale et les circonvolutions de l'insula.
3° Les noyaux externes ou latéraux, avec lécorce pariétale chez les animaux, et chez l'homme, avec les circonvolutions centrales, principalement.
4° Les noyaux ventraux ou inférieurs, qui reçoivent les fibres des cordons postérieurs et de la substance gélatineuse, seraient en rapport avec la portion postérieure du gyrus sigmoïde, le tiers antérieur du gyrus coronal et le gyrus ecto-sylvien chez les animaux ; chez l'homme, avec la portion de l'opercule qui corres-
pond aux circonvolutions centrales et avec le gyrus supra-marginalis.
S^ Les noyaux postérieurs, chez l'homme, avecl'écorce de la deuxième temporale et les circonvolutions temporo-occipitales.
§ 5. — Structure.
Les cellules nerveuses qui entrent dans la constitution des noyaux gris, nous sont surtout connues par les recherches entreprises d'abord parMarchi, à l'aide de la méthode de Golgi, puis par Tartuferi, Ramon y Cajal, v. KôUiker.
Elles affectent deux types, à cylindre-axe long et à cylindreaxe court ; les plus nombreuses sont étoilées, polygonales ou fusiformes, et ressemblent par leur aspect, aux cellules des cornes antérieures de la moelle. Leur volume varie entre 15 et 60 y. ; les plus volumineuses se trouvent dans le noyau externe. Le corps cellulaire émet six à huit longues dendrites ; le cylindreaxe se détache d'un cône d'insertion et abandonne une ou deux collatérales. Kôlliker a décrit des cellules penicillées (Biischzellen), dont les dendrites s'arborisent en pinceau, en donnant naissance à de nombreuses branches, fines et peu ramifiées, et qui siègent avec prédominance dans le noyau externe et la partie interne du pulvinar.
§ C — Connexions.
Le thalamus représente un important relai ganglionnaire, intermédiaire au tronc encéphahque qu'il termine, au cerveau antérieur qu'il précède, et présente avec ces deux segments nerveux de nombreuses connexions qui sont loin de nous être parfaitement connues et que nous allons essayer de résumer à l'aide de larges emprunts faits à l'excellent ouvrage de M. et Mme Dejerine.
Nous étudierons ainsi successivement les connexions des couches optiques avec :
1° La corticalité cérébrale ;
2° Le corps strié ;
48 EXPOSE ANAtOMIQUE
3° Le rhombencéphale ;
4° Le cerveau moyen ;
5° Les bandelettes optiques ;
6° Le rhinencéphale ;
7° La moelle épinière .
1° Connexions avec la corticalité cérébrale. — Se font au moyen de la couronne rayonnante thalamique, qui contient à la fois des fibres cortico-thalamiques et des fibres thalamo-corticales, provenant de tout le manteau cérébral ou s'y rendant. Le nombre respectif des fibres de ces deux systèmes est discuté ; pour les uns (Meynert, Bechterew, Flechsig, Edinger), les fibres cortico-thalamiques seraient beaucoup plus nombreuses, pour d'autres (KôUiker) certaines parties comme le pulvinar et le corps genouillé externe, enverraient surtout des fibres corticipètes, alors que les noyaux plus antérieurs du thalamus et surtout l'externe, recevraient des fibres corticifuges ; enfin pour certains auteurs, tel que Monakov^^ la couronne rayonnante thalamique est surtout formée de fibres thalamo-corticales . M. et Mme Dejerine, Probst, admettent que les fibres corticifuges ou corticipètes sont également réparties dans la couronne rayonnante. En ce qui nous concerne, nos préparations de pièces expérimentales nous amènent à accepter entièrement cette dernière opinion.
Les fibres cortico-thalamiques, de notion plus ancienne, sont facilement mises en évidence au moyen de la méthode de Marchi qui permet, en décelant la dégénérescence de la myéline, d'établir, dans un faisceau complexe, la direction des fibres qui le constituent ; pour les cas anciens dans lesquels cette méthode n'est pas applicable, l'existence des fibres mettant en relations le thalamus et la corticalité est basée sur l'atrophie indirecte des différents noyaux de la couche optique dans les cas de lésion corticale. Cette méthode a permis à von Monakow d'établir les relations de chacun des noyaux de la couche optique avec des régions déterminées de l'écorce, ainsi que nous l'avons vu.
Les fibres thalamo-corticales n'ont pas encore été mises en évidence, chez l'homme, par la méthode de Marchi ; ceci pro-
vient de ce qu'il est extrêmement rare de trouver en clinique un cas de lésion de la couche optique sans participation de la capsule interne, et tout à fait exceptionnel que ce cas puisse être étudié au Marchi. M. et Mme Dejerine ont pu démontrer chez l'homme, l'existence des fibres thalamo-corticales, dans deux cas de malformations tératologiques, étudiés par la méthode de Weigert-Pal, et chez les animaux (chez le chien et le chat), Probst (de Vienne) a réussi à prouver l'existence de ces fibres au moyen de pièces expérimentales étudiées par la méthode de Marchi. Récemment, cet auteur expérimenta également chez le singe, mais lésa dans ce cas, en même temps que le thalamus, la capsule interne. Nous reviendrons longuement au cours de cette étude sur les travaux de Prohst.
Comme on peut le voir, Texistence des fibres thalamo-corticales est encore loin d'être classique et universellement admise, aussi est-ce cette question que nous avons tout particulièrement eue en vue dans le cours de nos recherches.
Pour l'instant, dans ce chapitre où nous faisons l'exposé anatomique des connexions thalamiques, nous devons nous en tenir aux notions et aux descriptions des classiques et n'étudier avec détail que les fibres cortico-thalamiques .
Elles sont très nombreuses et proviennent de toutes les régions de la corticalité, formant les radiations thalamiques, la couronne rayonnante thalamique des auteurs allemands. D'une façon tout arbitraire, pour la commodité de la description, on les divise en quatre groupes principaux suivant leur direction ; ce sont : l°les fibres cortico-thalamiques antérieures ou frontales ; 2° les fibres cortico-thalamiques moyennes ou pariéto-fronto-rolandiques ; 3° les fibres cortico-thalamiques postérieures ou occipito-pariétales ; 4° les fibres certico-thalamiques inférieures ou occipitotemporales.
I. — Radiations thalamiques antérieures. — a) Origine. — Elles viennent du lobe frontal (face externe, face interne et face inférieure, ainsi que de l'opercule rolandique et de l'opercule frontal).
b) Trajet. — De là, elles parcourent le segment antérieur de Roussy 4
FFB18 1809 M
la couronne rayonnante, pour gagner le segment antérieur de la capsule interne.
c) Terminaison. — Elles se terminent dans le segment antérieur du thalamus, après avoir croisé les fibres verticales de la lame médullaire interne ; on distingue :
1° Des fibres internes ou supérieures ^ qui contournent le noyau antérieur du thalamus pour gagner la face interne du noyau interne où elles constituent le stratum zonale, situé immédiatement sous l'épendyme ventriculaire.
2° Des fibres moyennes qui entourent le noyau antérieur et concourent à la formation de la lame médullaire antérieure ; celle-ci sépare ce noyau des noyaux interne et externe ; ces fibres se terminent en fibres radiées.
3^ Des fibres 'postérieures ou inférieures , qui traversent d'avant en arrière le thalamus, ses noyaux interne, externe et la lame interne, en formant les fibres radiées sagittales, que l'on suit jusqu'à un plan vertical passant par le ganglion de l'habenula. Pendant leur trajet sagittal, elles coupent perpendiculairement les fibres verticales du faisceau de Vie d'Azyr.
11. — Radiations thalamiques moyennes [front o-pariétales). — a) Origine. — Elles naissent de la région rolandique et des parties frontales et pariétales voisines.
b) Trajet. — Suivent une direction transversale, se confondent avec les fibres de la région motrice descendante et gagnent avec elles, en se dirigeant de haut en bas, la capsule interne, pour aborder enfin la couche optique, par toute fétendue de sa face externe où leur entrecroisement constitue la zone grillagée.
c) Terminaison. — Après avoir croisé les fibres perpendiculaires de la lame médullaire interne, les radiations thalamiques moyennes s'épanouissent en divers faisceaux.
1° Les fibres supérieures vont rejoindre les fibres homologues provenant des régions frontales ; elles contournent avec elles le noyau antérieur, concourent à la formation de la lame médullaire antérieure, et entrent dans la constitution du stratum zonale.
2° Les fibres moyennes traversent le noyau antérieur, la lame médullaire interne et s'épuisent dans le noyau interne.
3° Les fibres postérieures (nous disons postérieures et non inférieures, car ici le trajet des radiations est souvent visible sur les coupes horizontales) traversent le centre médian de Luys et viennent se terminer autour du noyau semi-lunaire de Flechsig-,
Ces fibres radiées, moyennes et postérieures, suivant une direction transversale, croisent perpendiculairement les fibres radiées sagittales provenant des radiations thalamiques antérieures.
IIÏ. — Radiations thalamiques postérieures {radiations optiques de Gratiolet). — a) Origine. — Ces fibres viennent de toute la partie externe et inférieure du lobe occipital et de la partie postérieure du lobe pariétal (Oi, Og, O3, Pj et P^, partie inférieure,gyrus supra-marginalis, précunéus, cunéus, lobule lingual et fusiforme).
b) Trajet. — De là, elles suivent un trajet transversal et ascendant,parcourent le segment postérieur de la couronne rayonnante, en passant par le segment rétro-lenticulaire de la capsule interne, pour aborder, à la partie postérieure du thalamus, le pulvinar et le noyau externe.
c) Terminaison. — Les fibres internes, les moins nombreuses, après avoir contourné la queue du noyau caudé, la lame cornée et le taenia semi-circularis, abordent la partie toute postérieure du pulvinar, dont elles constituent le stratum zonale.
Les fibres externes, plus nombreuses, forment la zone de Wernicke, puis pénètrent dans le pulvinar, pour y former les libres radiées; les plus antérieures vont entrer dans la constitution de la partie toute postérieure de la zone grillagée.
IV. — Radiations thalamiques inférieures {temporo-occipitaies). — Ces fibres mettent en connexion le lobe occipital et la partie postérieure du lobe pariétal avec la partie inférieure du pulvinar et la région ventrale du thalamus. Elles comprennent deux groupes de fibres : A) les radiations thalamiques inféropostérieures ou occipito-temporo-pulvinariennes ; B) les radiations thalainiques in féro- internes ou pédoncule in féro -interne du thalamus de Meynert, fibres plus antérieures.
A. — Fibres inféro-'postérieures.
a) Origine. — Ces libres partent des trois circonvolutions temporales, du lobule fusiforme, des circonvolutions occipitales et de riiippocampe.
b) Trajet. — Elles passent par le segment inférieur de la couronne rayonnante, pour atteindre le segment sous-lenticulaire de la capsule interne, où elles rencontrent les fibres du faisceau de Turck. Le groupe de ces fibres qui viennent du lobe temporal, porte le nom de faisceau temporo-thalamique d'Arnold ou bandelette sous-optique de Brissaud, placé au-dessous du faisceau de ïurck dans la région sous-lenticulaire de la capsule interne.
c) Terminaison. — Les fibres temporo-thalamiques viennent se terminer dans la partie postéro- inférieure du pulvinar et en grande partie dans le corps genouillé externe, après avoir traversé la zone de Wernicke. Les fibres occipito-thalamiques viennent irradier dans le pulvinar et le corps genouillé interne.
B. — Fibres inféro-internes [pédoncule inféro-interne du thalamus).
a) Origine. — Se trouve probablement dans l'extrémité antérieure du lobe temporal, la circonvolution du crochet, la partie adjacente de ffiippocampe, et d'après Meynert, dans l'insula.
L) Trajet. — Traversent le centre ovale, se portent en avant et en dedans, parcourent en diagonale la substance innominée souslenticulaire de Reichert, contournent lanse du noyau lenticulaire et la partie interne du segment postérieur de la région sous-thalamique de la capsule interne, pour se rendre à la couche optique. Elles croisent dans leur trajet sagittal, les fibres corticothalamiques antérieures, à angle très aigu.
c) Terminaison. — Les fibres inféro-internes se rendent dans l'extrémité antérieure et interne de la couche optique, où elles irradient en éventail.
2° Connexion avec le corps strié. — Entre la couche optique et le corps strié se fait un échange de fibres thalamopètes et
thalamofuges, toutes comprises dans le trajet de deux systèmes de radiations, les radiations strio-thalamiqu es , et les radiations strio-sous-thalamiques, celles-ci n'appartenant plus à la couche optique proprement dite.
L'étude de ces fibres a rencontré des difficultés particulières, du fait de leur enchevêtrement avec les fibres de la corticalité. Elle a été faite surtout par Edinger, vonMonakow, à l'aide des dégénérescences secondaires chez les animaux, et par M. et Mme Dejerine chez Fhomme à l'aide de cas de malformations congénitales et de lésions pathologiques, par les méthodes que nous avons déjà vu appliquer à l'étude des connexions corticales.
A. — Radiations strio-thalamiques.
a) Origine. — Encore incertaine, se trouve à la partie supérieure et moyenne du corps strié.
b) Trajet. — Elles émergent le long de la face interne du globus palhdus, au-dessus du sommet du noyau lenticulaire, traversent le segment postérieur de la capsule interne, selon une direction horizontale.
c) Terminaison. — Les radiations strio-thalamiques abordent la zone grillagée et la lame médullaire externe de la couche optique et de là, pénètrent dans le noyau externe, dont elles constituent en partie les fibres radiées.
B. — Radiations strio-sous-thalamiques.
a) Origine. — Est à peu près la même que celle des radiations précédentes.
b) Trajet. — Elles traversent en faisceaux serrés et parallèles le segment postérieur de la capsule interne, après leur émergence le long du sommet du noyau lenticulaire, puis croisent à angle droit les fibres de projection corticale, et irradient dans le corps de Luys et les régions ventrales du thalamus. ^
c) Terminaison. — On peut distinguer dans ces radiations, trois groupes de fibres mal délimités les uns des autres :
1° Le faisceau lenticulaire de Forel dont les fibres, étalées en un faisceau large et aplati, se rendent en avant et au-dessus du corps de Luys, puis s'enchevêtrent avec le pédoncule inféro-interne de la couche optique.
2° Les radiations s trio -hcy siennes qui pénètrent dans le corps de Luys et y irradient en pinceau.
3° Ua?îse dunoyau lenticulaire qui, après avoir contourné le segment postérieur de la capsule interne, envoie une partie de ses fibres s'enchevêtrer avec celles du faisceau lenticulaire de Forel et du pédoncule inféro-interne du thalamus ; d'autres atteignent le ganglion de l'habenula ; certaines pénètrent dans la capsule du noyau rouge.
3° Connexion avec le rhombencéphale. — Celles-ci sont essentiellement assurées par des fibres tdalamopètes ; cependant, d'après Dejerine, les couches optiques émettent un petit nombre de fibres thalamofuges, en nombre presque insignifiant, comparé à celui des fibres ascendantes, et qui empruntent le trajet du faisceau thalamique de Forel et des radiations de la calotte.
Ces connexions ^'effectuent par :
1° Le faisceau thalamique de Forel, qui n'est autre que la capsule antérieure du noyau rouge qui irradie dans la partie antérieure et le noyau externe du thalamus ;
2° Les radiations de la calotte, nées de la partie externe du noyau rouge, vont se terminer dans les mêmes régions que le faisceau précédent ;
3° La région du ruban de Reil tnédian, constituée surtout par le ruban de Reil médian, qui se termine principalement dans la partie postérieure et ventrale du noyau externe en avant du pulvinar et dans le centre médian de Luys, mais qui envoie également des fibres dans les parties supérieures du noyau externe du thalamus .
Ces trois faisceaux contiennent des fibres du pédoncule cérébelleux supérieur, du noyau rouge, de la formation réticulée de la calotte, du ruban de Reil médian.
Tls mettent ainsi les couches optiques en relation avec :
aj Les noyaux des cordons de Goll et de Burdach, et par leur
intermédiaire, avec les cordons 'postérieurs croisés de la moelle épinière, au moyen du ruban de Reil médian ;
b) L'olive cérébelleuse et l'hémisphère cérébelleux croisés, par r intermédiaire du pédoncule cérébelleux supérieur;
c) Les noyaux rouges et la formation réticulée homolatérale et croisée.
4" Connexions avec le cerveau moyen. — Elles s'établissent à Taide des corps genouillés interne et externe et du pulvinar, uniquement par la région de la calotte, car il est établi que la couche optique ne reçoit aucune fibre du pied du pédoncule cérébral et ne lui en envoie aucune.
Le corps genouillé interne est relié par le bras du tubercule quadrijumeau postérieur avec :
1° Les tubercules quadrijumeaux postérieurs ;
2° Le ruban de Reil médian ;
3° Les centres auditifs primaires.
Le corps genouillé externe est relié par le bras du tubercule quadrijumeau antérieur au :
1° Tubercule quadrijumeau antérieur, et par l'intermédiaire de cet amas ganglionnaire avec :
2° La formation réticulée de la calotte homolatérale et croisée ;
3° Les noyaux des nerfs moteurs de VœU.
Le pulvinar entre en relation avec la formation réticulée du côté opposé aa moyen de la commissure grise (partie ventrale).
5° Connexions avec la bandelette optique. — Le pulvinar et le corps genouillé externe représentent les centres ganglionnaires inférieurs de l'appareil visuel intra-cérébral. Tls reçoivent les arborisations terminales des neurones visuels de l'écorce cérébrale et lui renvoient des fibres qui contribuent à former les radiations opticiues de Gratiolet et se terminent dans la zone visuelle. La couche optique reçoit en outre, des arborisations terminales du nerf optique, nées de son segment antérieur. Les fibres du nerf optique, après avoir formé les bandelettes optiques, se divisent en deux branches, qui abordent de chaque côté, le corps genouillé externe, le pulvinar et le tubercule quadrijumeau antérieur.
a) Racine externe. — Elle envoie une partie de ses fibres se terminer dans les lames médullaires du corys genouillé externe, l'autre traversant celui-ci, contribue à la formation du champ de Wernike et du stratum zonale du pulvinar.
b) Racine interne. — Elle abandonne quelques rares fibres au corps genouillé interne, et va se terminer dans le tubercule quadrijumeau antérieur, après avoir formé le bras de ce même tubercule.
6° Connexions avec le rhinencéphale. — Celles-ci s'effectuent parle tœnia semi-circularis, le faisceau de Vicq d'Azyr, les radiations olfactives profondes et le faisceau septo-thalamique.
1° Le tsenia semi-circularis, par celles de ses fibres originaires du thalamus ou s'y terminant, met le thalamus en rapport avec
a) Le noyau amygdalien;
b) La circonvolution du crochet ;
c) L'aire olfactive.
2° Le faisceau de Vicq d'Azyr se termine dans le noyau antérieur du thalamus et le relie au tubercule mamillaire.
3° Les radiations olfactives profondes et le faisceau septo-thalamique mettent en connexion les parties antérieure, interne et ventrale du thalamus avec le ganglion de l'habenula homolatéral et croisé^ en concourant à former le tœnia thalami.
7° Connexions avec la moelle. — iNous avons vu, pages 54 et 55, que le thalamus était mis en connexion directe avec les noyaux des cordons postérieurs de la moelle, au moyen d'un faisceau compact de fibres ascendantes, thalamopètes, qui constituent le ruban de Reil médian (Schleife, des auteurs allemands ; fibres spino-thalamiques) .
Existe-t-il, en outre, des connexions entre le thalamus et la moelle, établies au moyen de fibres descendantes, thalamofuges ?
C'est là une question encore journellement discutée, et d'un intérêt à la fois anatomique et physiologique. On conçoit en effet que les auteurs, comme Bechterew (1) et ses élèves, qui veulent
(1) Bechterew, Les voies de conduction du cerveau et de la moelle, !''« édition, St-Pétersbourg, 1896 el 2« édition, Paris, 1900.
attribuer à la couche optique un rôle moteur, aient besoin, pour appuyer leur manière de voir, d'admettre l'existence de fibres reliant directement la couche optique aux cornes antérieures de la moelle.
Meynert, Kôlliker, Boyer ont admis l'existence de fibres thalamofuç^es descendant dans la moelle. Pour Kôlliker, ces fibres gagneraient directement, en sortant du thalamus, la capsule interne et suivraient ensuite la voie pyramidale. Wallenberg aurait constaté chez le chat, après lésion dorso-médiane du thalamus, de nombreuses fibres dégénérées prenant part à la constitution des cordons antérieur et latéral de la moelle. Pruss(l) incline à penser que les connexions centrifuges à travers la région des tubercules quadrijumeaux sont embrouillées, mais que de là, part un système de fibres extra-pyramidal, descendant. Bechterew qui fait de la couche optique le centre des mouvements involontaires admet l'existence de connexions thalamo-spinales descendantes directes. D'autres auteurs, au contraire, sont d'une opinion opposée ; c'est ainsi que Van Gehuchten (2) est d'avis que nous ne connaissons actuellement « pas une seule voie thalamique descendante».Pour Dejerine(3),le thalamus est relié au rhombencéphale, — à part les fibres ascendantes, thalamopètes qui sont très nombreuses, — par un petit nombre de fibres descendantes, thalamofuges et le ruban de Reil lui-même paraît contenir quelques fibres descendantes, mais toutes ces fibres sont de court trajet. Probst (4) enfin, dans toute la série de ses travaux, arrive aux mêmes résultats, à savoir qu'il n'existe aucune voie centrifuge reliant directement le thalamus à la moelle et que les fibres descendantes ne dépassent pas le mésencéphale. Le seul faisceau descendant, partant de la région sous-optique et pouvant être suivi jusque dans la moelle, est le faisceau de Monakow qui prend son origine dans les cellules du noyau rouge.
(1) Pruss, Wiener kl, Woch., 1899, n°^ 43 et 48.
(2) Van Gehuchten, Anatomie du système nerveux de l'homme, Louvain,
(3) Dejerine, Anatomie des centres nerveux. T. TI, Paris, 1900.
(4) Probst, Arch. f. Psychiatrie, XXXIII, H. 3.
Dans un travail récant Bechterew (1) reprend à nouveau son ancienne opinion et lappuie sur les travaux expérimentaux d'Ernst (2) et sur ceux de Ssakowitch. Et à côté de voies descendantes telles que les fibres des pédoncules de la glande pinéale, telles que le fasciculus retroflexus de Meynert il existe encore deux voies thalamofuges.
L'une est représentée par le faisceau de MonaJwio dont l'origine apparente au niveau du noyau rouge n'exclut pas une origine réelle au niveau du thalamus, soit que les fibres originaires de la couche optique traversent le noyau rouge, soit que ce dernier constitue pour elles un lieu de relai.
A côté de cette connexion indirecte du thalamus avec les éléments moteurs de la moelle, Bechterew admet des connexions directes avec les noyaux de la formation réticulée et décrit de ce chef des voies t/ialamo-réticulées. Elles sont représentées par des fibres que certains auteurs considèrent à tort comme une continuation des libres de la commissure postérieure. Elles sont situées en arrière et en dehors du faisceau longitudinal postérieur. Par la méthode de Marchi, dans les lésions de la couche optique on les trouve dégénérées et on peut les suivre jusqu'au noyau réticulé et aux noyaux centraux supérieur et inférieur.
(1) Bechterew, H^eur. Centnilblatl, 1906, p. 546.
(2) ERNST,Les voies descendantes du thalamus et des tubfrcultsquadrijuineaux antérieurs. Thèse Saint-Pétersbourg, i902.
PREMIÈBE PARTIE
ÉTUDE A^AT01IO-PHVi!»IOIiOQIQUi:
Nous avons entrepris à notre tour de produire des destructions expérimentales de la couche optique chez l'animal, llans cette étude, nous avons rencontré de grosses difficultés provenant du manque de résistance des animaux aux interventions sur le cerveau. Nous arrivions, en effet, à conserver facilement nos animaux pendant deux ou trois jours, quelquefois même huit jours ; mais beaucoup plus difficilement pendant trois semaines ou un mois, temps que nous estimions nécessaire pour remplir le double but que nous nous proposions :
1° Celui de pouvoir observer les animaux une fois rétablis du choc opératoire, afin de ne pas prendre pour des symptômes de déficit de l'organe lésé, ce qui n"est que phénomène d'irritation ou d'excitation passagère, et arriver ainsi plus exactement à faire la part qui revient à la couche optique dans les symptômes présentés par les animaux ; pouvoir ensuite suivre l'évolution de ces phénomènes et nous rendre compte de leur marche, de leurs différentes modalités.
2° Celui de faire létude microscopique de nos pièces et de suivre les dégénérescences sur coupes sériées par la méthode de Marchi. Nous devions pour cela, conserver nos animaux assez longtemps pour que la dégénération de la fibre myélinique ait atteint le degré d'altération nécessaire pour donner par cette méthode sa réaction spécifique, et, ne pas dépasser le laps de temps après lequel cette réaction ne se fait plus. Trois semaines à un mois nous a paru le temps de survie suffisant pour remplir entièrement ces deux conditions.
Malgré le grand nombre d'expériences que nous avons faites
depuis deux ans, nous n'arrivons en fin de compte qu'à apporter ici un nombre relativement restreint de résultats. Nous espérons cependant qu'ils seront jugés dignes d'intérêt ; nous croyons en effet, que les résultats expérimentaux observés et étudiés jour par jour, ainsi que nous nous sommes astreints à le faire, et suivis d'un contrôle anatomique exact, ont plus de valeur en l'espèce qu'une multitude d'expériences faites rapidement et analysées complètement.