Paraît avoir été jaune
donné, à cause des soins qu’exigeait l’entretien de tels tableaux. D’ailleurs on reprochait au cinabre et au minium un éclat trop dur. Les peintres passèrent donc à l’emploi de la rubrique et de la sinopis, desquelles nous parlerons en lieu et place. On falsifie le cinabre avec du sang de chèvre et des sorbes broyées. Le véritable revient à 50 sesterces la livre (10 fr. 50).
D’après Juba, le minium est une production de la Garmanie; d’après Timagène, de l’Éthiopie aussi : mais Rome n’en reçoit d’aucune de ces deux contrées ; il ne nous en vient guère que d’Espagne. Le minium le plus célèbre vient du territoire de Sisapou, en Bétique ; cette mine fait partie du domaine de l’État.
Nous nous en tiendrons là sur la dignité d’un art qui expire. Nous avons dit de quelles couleurs uniques les premiers artistes se sont servis, quand nous avons parié de ces couleurs à propos des métaux (XXXIII, 39) ; on donne le nom de monochrome à ce genre de peinture. Nous dirons ensuite en énumérant les artistes quels ensuite ont fait des inventions, quelles ont été ces inventions et à quelles époques, le plan de notre ouvrage exigeant que nous traitions d’abord de la nature des couleurs. Enfin, l’art sortit de son chaos; il inventa la lumière et les ombres, et par cette différence, les couleurs se firent ressortir l’une l’autre. Puis on ajouta l’éclat, lequel est autre que la lumière. On trouvera ce qui est entre l’éclat ou la lumière et les ombres ton (clair-obscur) ; et la réunion des couleurs dans leur passage de l’une à l’autre harmogé.
Les couleurs sont ou sombres ou vives ; elles le sont ou par leur nature ou par leur mélange. Les couleurs vives, fournies au peintre par le maître, sont le minium, l’arménium, le cinabre, la chrysocolle, l’indigo, le purpurissum. Les autres couleurs sont foncées. De quelque espèce qu’elles soient, les unes sont naturelles, les autres artificielles : la sinopis, la rubrique, le
parœtonium, le mélinum, rérétrie, l'orpiment, sont naturels ; les autres sont artificielles, d'abord celles dont nous avons parié à propos des métaux, puis, parmi les couleurs communes, l’ocre, la céruse brûlée, la sandaraque, la sandyx, le syricum, r&tramentum l.
Histoire naturelle (Trad. Littré, Didot, éditeur). DiOSCOride (Ier siècle après J.-C.).
La sinopia. — La terre rouge sinopia est très choisie, si elle est serrée, pesante et de la couleur du foie, sans mélange de pierre et. colorée partout également. Quand on la met dans Peau, elle se défait copieusement. On la déterre en Cappadoce, dans de certaines cavernes, et on la porte quand elle est bien purgée, dans la ville de Sinope, où elle se vend et d'où vient sans doute le nom sinopia . Elle a des vertus siccatives.