DEUX MENAGES : L’ÉCLAIRAGE ET LE TEMPS
Prilloî de T/lontabert (177M849).
Ton selon les lieux où Ton voit le tableau . — On reconnaîtra aisément qu'un site très éclairé et souvent reflété doit affaiblir les bruns et priver les clairs de l’opposition de ces bruns. Dans ce cas, il faut adopter des masses très brunes, et prendre une résolution forte d'oppositions. Il faut même resserrer les lumières pour les rendre plus fréquentes, et adopter un luminaire et des objets propres à ces résolutions. Si, au contraire, le site est sombre, M faut choisir un effet clair, éviter les masses qui, de l’état de brun, pourraient sembler passer à l'état de ténèbres, et il faut exalter les clairs en se procurant des masses de lumières franches et vives.
Énergie des couleurs. — Il importe beaucoup de reconnaître que les couleurs jaunes, rouges et bleues, quoique développées, et, on peut le dire, créées par un même luminaire, ne se trouvent pas naturellement en harmonie ; cela vient de ce qu'il faut beaucoup plus de lumière pour manifester les unes qu'il n'en faut pour manifester les autres. Par exemple, pour manifester le bleu également au jaune, il faut dix fois plus de lumière, et pour manifester le rouge également au jaune, il en faut cinq fois plus.
Cette observation très essentielle suffit pour faire connaître combien les couleurs matérielles de la palette sont naturellement discordantes entre elles, et quelles modifications il faut leur faire subir pour les mettre toutes les trois en état parfait d’équilibre chromatique. On peut par cette même observation expliquer pourquoi un tableau qui serait calculé pour produire de l’effet seulement sous le pinceau du peintre, paraîtra d’un tout autre effet lorsqu'il sera transporté sous un jour tout différent. Cette différence qu'il éprouve sous cet autre jour est
remarquable en ce que certaines couleurs perdent plus les unes que les autres et dans un nouveau rapport; en sorte, que sous une faible lumière ou sous un jour demi-sombre, les couleurs claires restent encore claires, tandis que les couleurs plus sourdes paraissent ou sont tout à fait obscures.
Traité complet de la Peinture.
F. Forichon.
Du changement de luminosité et de V effet produit sur les couleurs. Loi de Purkinge. — ... Tous les artistes ont remarqué combien peut varier l'aspect d’un tableau en le déplaçant dans l’atelier ou dans un appartement, suivant qu’il reçoit un éclairage intense, moyen ou faible.
... Tous ces faits nous montrent qu’une œuvre picturale devrait être exécutée dans le lieu même de sa destination. Mais cette condition d’exécution n’est pas toujours possible. C’est alors que l’artiste doit s’entourer de toutes les précautions nécessaires pour parer aux éventualités de l’éclairage ultérieur.
... Nous croyons bon de prévenir le peintre contre ces inconvénients en lui exposant la loi de Purkinge, physicien qui, le premier, a signalé les faits dont nous venons de parler et reconnus exacts par d’autres savants qui les ont étudiés expérimentalement. Cette loi est celle-ci : Une lumière faible rend les couleurs faibles aussi et les fait toutes tendre vers un bleu un peu sombre ; au contraire , lorsque les couleurs deviennent très brillantes , elles tendent vers un jaune blanchâtre (Rood).
Ainsi, tous les tons d’un tableau vivement éclairé reçoivent une teinte jaunâtre qui les modifie en conséquence. Si le tableau est faiblement éclairé, tous les tons sont mélangés de bleu sombre.
Connaissant cette particularité, le peintre ne craindra pas
Planche VIII.
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