‹ La coulure du raisin: ses causes et effets, moyens de l'empêcherChapitre 4 sur 17 · IS · texte numérisé non relu

IS

m goofl^^ se éaiactérke et se dispîose à épancoiir, et que Ui ifaHiqau qui la porte s'est allongé au-dessus d'elle de 0" 50 environ, avec six ou huit feuilles plus ou moins dé- Yftjoppées.

Çiiviron qwin;çe jours avant la floraison, on mouche le scion herbacé ^ 0"" 40 ou 0"" 50 au-dessus de la grappe supérieure. On continuera à pincer les rameaux porte-fruits à mesure que leur élongation le permettra, s'ils sont assez forts, le pinçage n'étant pas nuisible pepdant la période de lî^ floraisoUi ni même au-delà.

Eîn pinçant plus court, il y aurait à craindre une irrégularité de maturation dans le raisin ; les uns seraient déjà mûrs pendant que d'autres n'auraient pas changé de couleur- 11 faut à la grappe une surface suffisante de feuillage pour lui procurer le carbone et certains gaz atmosphériques nécessaires à son élabora^tion. Un autre inconvénient du pincement rigoureux serait révolution intempestive de pousses prématurées, nuisibles à l'état normal de la vigne.

Un pipçement uniforme sur des rameaux qui ne le sont pas aurait pour conséquence fâcheuse de fortifier les forts aux dépens des faibles qui s'affaibliraient encore. Le pincement du rameau fort réprime sa végétation envahissante au profit du rameau faible du même cep. En rognant le brin délicat, on pourrait craindre de le voir affamé par ses voisins plus vigoureux ; son fruit mûrirait difficilement, et ses tissus à peine lignifiés ne porteraient que des bourgeons étiolés pour la taille de l'année suivante.

Après le premier pincement , de nouveaux rejets vont se développer sur le rameau pincé ; on leur appliquera Tépamprage, ou cassure à une feuille, à l'exception du jeune scion terminal que l'on allonge à trois feuilles de l'empâtement. Au lieu de l'arracher^ on le conserve pour aider à la nutrition du fruit, l'ombrager contre le soleil et pour entraver la sortie de trop nombreux faux-bourgeons. Ce travail de seconde saison est recommandé par nos viticulteurs en re-

nom, notamment par M. TrouiUet Eloi, de Montreuil, qui élève les vignes en buisson, sans échalas, et l'un des plus zélés champions du pincement raisonné.

Un pincement raisonné a tous les avantages, tandis que le pincement immodéré ou à outrance pourrait être fatal à l'avenir de la vigne. Quelle que soit la méthode de culture adoptée, à grande arborescence ou à taille courte, en ligne ou à pied, il faudra pincer assez long, et suivant leur destination, les rameaux de prolongement nécessaires à la construction du cep et ceux qui terminent les branches fruitières, principalement sur les longs bois qui seront supprimés à la taille et qui ont leurs autres rameaux pinces. L'expansion de ces rameaux en liberté, ou rognés en août, pourrait être utile au mouvement séveux sur toute l'économie de la plante; ensuite, il convient de ménager les bourgeons sur lesquels la prochaine taille viendra s'asseoir.

Sur un plant d'une végétation dévergondée, le rognage sera modéré, ou tout au moins, il faudra conserver à titre d'exutoire, de canal de décharge de la sève, plusieurs scions sur toute l'envergure du sujet; en seconde saison, il conviendrait de moucher les plus allongés.

Le pincement serait nuisible sur une vigne malade, sur des ceps débiles, jaunis, fatigués.

Quant aux rameaux stériles dans une vigne bien portante, si rébourgeonnement n'en a point fait justice , ils rentrent dans la catégorie des membres de charpente que l'on rogne en juillet-août, afin de ménager leurs yeux de la base et de conserver l'harmonie du branchage.

G. II. — Suppression des vrilles.

Supprimer les vrilles, vulgairement les fourches, qui

poussent sur la grappe et sur le sarment , c'est favoriser le

développement du raisin et atténuer l'action de la coulure.

. Le retranchement des vrilles se pratique pendant toute

la Saison ; mais il est indispensable de profiter de la floraison de la vigne pour couper les vrilles qui bifurquent sur les grappes. Le début de la floraison et les quelques journées qui la précèdent constituent la période d'efficacité. Plus tard, la coulure serait un fait accompli, il n'y aurait plus de remède.

L'ablation de la vrille se fait avec les doigts et mieux encore avec des ciseaux. On élague cette végétation gourmande et superflue au ras du pédoncule du raisin, en ménageant un petit talon. Des femmes ou des enfants sauront bien s'acquitter de cette besogne facile.

Nous avons constaté les bons efiets de Yévrillage sur nos treilles et chez plusieurs propriétaires , particulièrement dans le vignoble modèle de M. Fleury-Lacoste^ en Savoie. NuUe part on ne s'en est plaint, et cela avec d'autant plus de raison que si les espérances échouent, ni le cep ni le fruit n'en sont fatigués.

Vers l'année 1815, paraissait dans le midi de la France, une brochure assez curieuse : Méthode pour empêcher la coulure de la vigne ou le filer du raisin, et pour la pré-server du brouillard par le même procédé ; pratique appuyée par r expérience la plus évidente, par M. Frances aîné, de Toulouse. Le système repose sur la suppression de la vrille portée par le pédoncule de la grappe. Très enthousiaste de sa nouvelle découverte (bien qu'il en trouve des traces en ItaUe, en Corse, en Allemagne), comparée à la vaccine contre la variole , l'auteur affirme que 1** « l'extraction du fil couleur » peu de temps avant la floraison, hâte l'épanouissement de la fleur en la préservant des brouillards qni arrivent entre la Saint-Jean et la Saint-Pierre ; 2"* « le fil dévorant qui est au support de la « grappe, la prive d'une grande partie de la sève vinaire, c< il la retient et la garde pour son compte ; alors le raisin « n'étant point nourri dans sa tendre jeunesse coule faute « de substance nécessaire à sa formation. » \

En outre , Pintpodiictioii de oes ppoductions fitiftHmies dans lu euve lors de la vendange ajouterait un principe amer au bouquet du Tm ; ce serait en quelq[ue sorte une ràfle verto, quasi-ligueuse, une queue de raisin sans raisin donnant de Tâcreté au moût, rien de plus.

L'ouvrage en question accompagne ses préceptes de cer^ tiBeats «ignés par des agronomes, des vignerons, des horticulteur» du Tarn, delà Haute-Garonne, de la Gironde, confirmant les avantages de révrillement dans des proportions notables, au profit de « la nouure » . Nous devons déclarer que M. Frances recommande en même temps Pébourgeonnement, )e pineement, Tépamprage des rameaux, pré- GÎeiises opérations auxiliaires de la viticulture progressive. L'évrillage ne suffirait pas seul à paralyser la coulure, pas plu$ queTécimage de la grappe.

G. III. — Ecimage de la gx*appe.

M^^ Adanson ^gage les cultivateurs à couper le sommet du râteau de groseilles pendant sa floraison , s'ils veulent le récolter mieux fourni et plus beau. M. Forney recommande le pinçage de la fleur des poiriers en enlevant les fleurs du centre du bouquet au moment de l'ouverture des corolles. Le fruit tient mieux et peut atteindre le maximum de son développement.

Après avoir reconnu la vérité de ces promesses qui se réalisent fort souvent, nous avons essayé un procédé analogue sur la vigne; nous en avons été satisfait. On se contente de retrancher le sommet de la thyrse florale lors de son épanouissement. Gomme che; la plupart des végétaux à floraison paniculée , le degré d'épanouissement se manifeste plus tardivement sur cette sommité. Il est à supposer que la réaction occasionnée par l'ébouquetage tourne au profit de la fécondation.

Vécimage de la grappe pourrait se faire avec la main,

les ongles pmliqtiaDi facilement la naeuekure du "péà^nmAsi axillaire; cependant, nous préférons une paims de ciseaux eamards , centime ceux qui serveat à Thomary^ au ciselage des Chasselas. On sait qu'à cette oceasion de Fédaîrciede fe grappe, les jardiniers en coupent rexirémité^ parce (pi'eHe a le tort de mûrir ^s tardivement et de nwre à la beatutév à la régularité du raisin. Mais ici> au lieu d'atteiidpe que le fruit soit en véraison, nous ropérons à son état mdimentaire^ alors que la grume se constitue par la fécondation^

Depuis un temps iminàiional, les v^erons du lura agissent ainsi à Tégard d'mi cépage répandu en France, la Mondêuse. Non-eeuleœ^ la physionomie du fruit est chaînée à son avantage -*^ on récolte un raisin compacte à grains rebondis au lieu d^une panicule amaigrie -*-^ mais encore le rendement au pressoir se chiffre très^atantageur* sèment. Les vignes à raisins écimés produisent trois fois plus de vin que les vignes à raisins non écimés.

Le moment favorable à l'opération est la période de floraison de la vigne. La dimension de Textrémité retranebée équivaut au quart ou au cinquième de la longueur de k grappe.

Page 1