LXXX.VI
Zilla le vit bientôt mourir. Ce fut comme une lampe qui s'éteint. Hermann et Bertha amenèrent leurs enfants pour donner un baiser à son front d'ivoire. « Que faites-vous donc là? dit la fée. — Nous respectons la mort, répondit Bertha, et nous bénissons l'âme qui s'en va. — Et où va-t-elle? demanda encore la fée inquiète.
— Dieu le sait, répondit la femme. — Mais vous, ne craignez-vous rien pour cette âme de votre ami? — On m'a appris à espérer. — Et toi, Hermann ? — Vous ne m'avez rien appris là-dessus, répondit-il; mais Bertha espère, et je suis tranquille. »
Zilla comprit la douceur de cette mort naturelle après l'accomplissement de la vie naturelle ; mais
la mort violente, la mort imprévue, la mort du jeune et du fort, elle en était effrayée, et elle souhaita de consulter la reine. Cependant la reine ne reparaissait pas, et Zilla n'osait retourner vers elle. Une nuit, son fantôme vint l'appeler; elle le suivit et trouva sa grande amie paisible et souriante au fond de son palais de saphir. « Zilla, lui dit-elle, l'heure est venue, il faut que tu m'assistes.