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DÉPÊCHE CIRCULAIRE DE M. RAMIREZ, MINISTRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES AUX AGENTS DIPLOMATIQUES DU MEXIQUE A L'ÉTRANGER, EN DATE DE MEXICO LE 29 JANVIER 1865.
Excellences, Aussitôt que l'empereur Maximilien eut résolu d'accepler le trône du Mexique, sa première pensée a élô pour le saint-père, et ses premières démarches ont été faites auprès de lui afin d'obtenir sa bénédiction, parce qu'il voulait commencer sous ses auspices et mener à bonne fin avec son aide la tâche ardue qu'il allait si généreusement entreprendre. Ce fut le premier écueil qu'il rencontra, la première lutte qu'il eut à soutenir contre
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des influences puissantes qui s'opposaient à son projet et voulaient l'en faire se désister, en cherchant à le convaincre que si sa visite au pape ne lui portait aucun préjudice, elle serait au moins infructueuse.
Ferme toutefois dans sa résolution bien arrêtée, fort de la confiance que lui donnait la grandeur de sa tâche, encouragé par la bonté et les vertus bien connues du père des fidèles, Tempereur se rendit à Rome. Là, il n^eut pas lieu de se repentir, mais il put se féliciter au contraire d'avoir conservé sa confiance et sa foi.
Le saint-père lui promit toute l'aide qu'il était en son pouvoir de lui donner, et il ajouta h cette promesse celle d'envoyer très-prochainement à Mexico un représentant investi des pouvoirs suffisants pour aplanir les difficultés et mettre fin à tous les embarras que l'anarchie et l'irréligion avaient semés sur notre sol.
C'est plein de cette confiance que l'empereur arriva au Mexique, attendant d'un jour à l'autre la venue du nonce du saint-père.
La connaissance immédiate de l'état politique du pays lui fit bien vite comprendre combien il était urgent de régler les affaires qui touchaient aux questions religieuses et, par-dessus tout, celles relatives aux biens du clergé ; car elles se présentaient en première ligne comme un
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obstacle au rétablissement de la paix, première condition pour la consolidation de Tempire et pour Tavenir mêmedePÉglise.
Deux mois s'étaient déjà écoulés depuis l'arrivée de l'empereur, et les correspondances de Rome ne donnaient encore que des espérances vagues; elles ne pouvaient rien préciser sur le caractère de l'envoyé du saint-siége. Cette incertitude était d'autant plus grave, que le rang et le titre accordés à cet envoyé pouvaient donner certainement la mesure des pouvoirs dont il serait investi. Limités, ses pouvoirs étaient inutiles, sinon pernicieux. Ému de ces lenteurs, le ministre des affaires étrangères adressa au représentant de Sa Majesté à Rome la note (copie n® 1) datée du 22 juillet dernier, lui signifiant qu'il eût à faire connaître à Son Ëm. le cardinal secrétaire d'État que, si l'envoyé de Sa Sainteté n'arrivait pas en temps opportun, Sa Majesté agirait par elle-même et dicterait les mesures que réclamait la situation.
Pendant que cette note était en route pour sa destination , le ministre de Sa Majesté obtenait une audience du saintpère. Dans cette entrevue, il s'efforça de lui bien exposer tous les motifs qui rendaient urgent l'envoi d'un représen* tant de Sa Sainteté revêtu d'un caractère élevé et investi de facultés fort étendues. 11 insista pour que ce représen-
lant eût le titre de nonce. Le saint-père ne voulut prendre aucun engagement à cet égard. Il promit seulement d'y réfléchir. Quant aux pouvoirs à accorder à son envoyé, il dit : « que pour résoudre certaines questions, il lui serait « accordé des facultés suffisantes, desquelles facultés il « serait porteur, mais que, pour résoudre les autres a questions, il serait nécessaire d'établir certaines bases. « Là se bornait, disait-il, ce qu'il pouvait faire, mais de « toutes façons ^empereur pouvait compter sur son aide « et sur sa sollicitude paternelle pour faire face aux « éventualités qui pourraient survenir au Mexique. »
Telles sont les paroles rapportées par le ministre de Sa Majesté à Rome et insérées dans la note du 27 août dernier.
Dans les premiers jours de septembre, il reçut celle que lui écrivait le ministre des affaires étrangères, en date du 22 juillet, et il y répondit immédiatemeat.
Cette réponse donna la certitude que Mgr Meglia avait été désigné comme représentant de Sa Sainteté, avec le titre de nonce, et qu'il se mettrait en chemin aussitôt qu'il aurait reçu ses instructions et qu'il aurait été mis au courant des affaires.
La mention qui était faite de donner des instructions au nonce éveilla naturellement Tattention du ministre
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qui, dès lors, chercha à les connaître. Mais tous ses efforts furent inutiles, et il ne parvint qu'à avoir une idée fort vague de ce qu'elles pouvaient être.
Les dépêches adressées au gouvernement de Sa Majesté le 26 septembre n'étaient pas faites pour tranquilliser.
Elles disaient pressentir des instructions fort limitées et par suite insuffisantes. On prétendait refaire ce qui était détruit, détruire C(î qui était consommé; on aspirait à l'impossible, à une contre-révolution.
La même note annonçait le départ du nonce. On ne pouvait donc conjurer le danger, car, au moment où l'on aurait pu faire parvenir des instructions à Rome, Son Excellence eût été déjà en chemin.
Il restait toutefois l'espérance rationnelle que tout cela était empreint de beaucoup d'exagération calculée. En effet, on ne pouvait pas concevoir que, pour guérir un mal aussi grave, il ne fût apporté aucun remède, ou que celui qu'on apportait fût d'une puissance égale ou peut-être inférieure à celle du mal à guérir.
Mgi* MegUa dut quitter Rome avec une parfaite connaissance de la nature et de l'état des affaires qui allaient l'occuper, comme aussi de la résolution prise par l'empereur de pourvoir par lui-même aux exigences de
la situation, s'il ne trouvait de la part du nonce le concours qu'il en attendait.
La note que le ministre des affaires étrangères avait envoyée à Rome.au représentant de Sa Majesté, ea date du 22 juillet, était explicite à cet endroit.
Dès qu'elle lui fut parvenae, il en donna connaissance à Son Ém. le cardinal secrétaire d'Etat, et cela se fit avant le départ de Son Excellence. Donc elle ne pouvait rien ignorer de ce qui se passait, elle ne pouvait avoir aucune illusion sur lavenir. C'est dans ces dispositions et dans ces circonstances que le représentant de Sa Sainteté quitta Rome pour accomplir -son importante mission.
Aussitôt queles nouvelles arrivées d'Europe purent faire pressentir la date exacte de Tarrivée de Son Excellence sur. notre sol, l'empereur envoya un de ses conseillers dans une voiture de la cour pour la recevoir et Taccompagner jusqu'à la' capitale. Des escortes suffisantes protégaient le voyage et toutes les commodités que permet le pays étaient procurées à Son Excellence. Elle fit son entrée dans la capitale dans la soirée du 7 décembre dernier et, dans cette mêAie soirée. Sa Majesté envoya son cham];tellan, le marquis de Vivanco, et son officier d'ordonnance de service pour lui souhaiter la bienvenue .
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Le nonce fit part de son arrivée au ministre des affaires étrangères dans Taprés-midi du 8, lui demandant l'audience haUtuelle pour la présentation de la copie de ses lettres de créance.
Cette formalité fut remplie le jour suivant, et la journée dtt 10 ftit fixée pour la réception officielle.
La présentation se fit selon le cérémonial prescrit pour les ambassadeurs, comme il est indiqué dans la copie »• 2.
Une rdation sommaire de cette solennité fut publiée dans le journal officiel, avec insertion du discours prononcé par Son Excellence et de la réponse faite par Sa Majesté (copie n"" 5).
L'approche de la grande fête nationale de Notre-Dame de Gnadalupe fournit à l'empereur l'occasion de donner an nonce un nouveau témoignage de son estime et de sa s^patbie.
Sa Majesté décida que Son Excellence aurait les honneurs de Pautel et qu'elle officierait à la messe à laquelle assisteraient Leurs Majestés accompagnées de toute la oour et des grands corps de l'État.
Après la cérémonie, on servit une collation à laquelle Sa Blajesté réserva au nonce la place d'honneur.
L'empereur porta un seul toast à la santé, à la conser^
52 Lli; PÂl'ti; El LEMl'EltËUR MAXlMlUEiN.
valion et à la prospérité du saint-père, père commun
de tous les fidèles.
Voulant donner des preuves à Tapptii des manifeslalions verbales de ses sentiments, il envoya au nonce un don de 25,000 francs pris sur sa cassette particulière, .et destinés à être versés dans celle du saintpère.
Le 13 décembre, Sa Majesté donna un grand dinur auquel assistèrent tous les hauts fonctionnaires de TËtat ainsi que le ministre de S. M. le roi de Suède venu, de la part de son souverain, faire une visite en réponse a lu notification de lavénement de S. M. l'empereur Maximilien sur le trône du Mexique.
Le nonce de Sa Sainteté occupa la place d'honneur. Son arrivée avait réveillé plus vivement que jamais Tanxiété publique endormie depuis longtemps et qui, dès ce moment, réclamait à grands cris la solution des questions graves qui prolongeaient le malaise du pays.
Afin d'abréger les formalités et aussi de donner au nonce une preuve d'estime et de confiance personndies. Sa Majesté Finvita à se rendre auprès d'elle pour conférer d'une façon privée sur Tobjet de sa mission.
Agissant alors avec la franchise et la loyauté qui forment le fond de son noble caractère, l'empereur lui ex-
posasommairetnentiesexigenœsdela situation, résolues dans les neuf points formant la copie n"" 4.
Le nonce fit quelques observations et objecla quelques difficultés au sujet de deux d'entre eux, ajoutant toutefois que pour les autres il serait facile d'arriver à un arrangement, bien qu'ils fussent du ressort d'un concordat, et comme tels devant être traités à Rome.
La conférence terminée ainsi, Sa Majesté fit appeler le ministre de la justice, qui en attendait le résultat, et, en présence du nonce, elle dit que Son Excellence ayant déclaré pouvoir entrer en arrangement pour quelquesuns des points proposés, les négociations devaient dès lors même être entamées et marcher rapidement. Quant à ceux qui présentaient quelques difficultés, ils devaient être soumis à la sanction d'un concordat.
Le lendemain de cette conférence, le nonce écrivit un billet au ministre de la justice pour le prier de lui indiquer à quelle heure, le jour même, il pourrait le recevoir.
Le ministre lui répondit qu'aussitôt après la séance du conseil, à laquelle il se trouvait au moment de la réception de son billet, il irait le voir à son hôtel.
Il fit ce qu'il avait promis, bien qu'il fût déjà nuit. C'est pourquoi il fut parlé très-sommairement des affaires.
5i LE PAPE ET L'EMPEREUR MAXIMILÏEN.
Le nonce répéta qu'il ne pouvait négocier que sur quelques-uns des points que Sa Majesté lui avait pï^oposés, car les* autres étaient du ressort d'un èbneordat et, comme tels, suivant la pratique et les usages de la cour de Rome, devaient être traités dans cette capitale;
La conférence fut remise au jour suivant. Dés le début, le nonce déclara qu'il ne pouvait entamer de négociations sur aucun des points proposés, parce qu'il manquait d'instructions et que celles qu'il avait se réduisaient simplement à accepter Tabolitieh en principe des lois de réforme, la non^validité des ventes des biens ecclésiastiques, leur restitution à l'Église avec indemnisations pour ceux qui seraient perdus. Toutefois, ajoutait-il, il en référerait à Rome et demanderait des instructions.
Le ministre de la justice se retira pour aller donner connaissance à Sa Majesté de ce qui survenait .
L'empereur fit mander les ministres d'État, des affaires étrangères et de la justice, ainsi que larchevéque de Mexico et le conseiller d'État, TJiéodore Larës; pour leur faire part de la décision prise par le noàce, en raison du manque d'instructions qu'il accusait.
II résulta dé la délibération : qu'il serait fait un nouvel effort pour entrer en négociations, et qu'en consé-
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qneace, une entrevue serait ménagée entre le ministre de la justice et le nonce.
Sa Majesté y consentit, bien qu'elle nç cachât pas qu'elle considérait cette démarche comme ne devant produire aucun résultat.
On arrêta, en outre, que le conseiller Larés verrait confidentiellement le nonce pour le préparer à cette entrevue avec le ministre de la justice, auquel il donnerait avis du résultat de la démarche.
M. Larés eut en effet une conférence avec le nonce, et, comme il avait été décidé, il en rendit compte au ministre de la justice. Il n'y avait plus aucune espérance à conserver, car le nonce persistait à dire qu'il manquait d'instructions suffisantes, et proposait, comme preuve de sa sincérité, de donner connaissance de celles qui lui avaient été remises.
M. Larés conclut en exposant au ministre qu'il serait peut^tre utile qu'il eût une entrevue avec le nonce, parce que peut-être, en écoutant la lecture de ses instructions, il pourrait découvrir une parole qui permit de renouer les négociations.
L'entrevue eut lieu en effet entre le ministre et le nonce, mais celui-ci s'en tint à répéter ce qu'il avait dit dans la conférence précédente, sans toutefois laisser voir
qu'il ïùï disposé à donner connaissance de ses instructions.
Toute négociation devint donc désormais impossible. Pour ne pas abandonner toute espérance et afin d'éviter partons les moyens une rupture imminente, il fut fait un dernier et puissant effort, et on employa un moyen dont ihomme le moins clairvoyant est à même d:'apprécier la portée. S. M. l'impératrice l'invita à avoir une conférence avec elle.
Il s'y rendit, mais eUe fut sans résultats, car Mgr Meglia se retrancha derrière le manque d'instructions suffisantes.
En conséquence, l'empereur décida que le ministre de la justice, vu les conséquences inévitables d'une pa^ reille détermination, en exigerait une déclaration écriTe;
C'est pourquoi il lui écrivit la note (copie n* 5) à laquelle on fit la violente réponse (cqpie n"^ 6).
La lecture de cette xéponse faisait voir d'une façon évidente qu on ne pouvait compter en rien sur le concours du nonce, et, que si Ton continuait à faire des efforts pour l'obtenir, on n'arriverait à aucun résultat, parce que le manque d'instructions serait un prétexte constant pour empêcher d'aboutir à quoi que ce fût.
D'un aulre côté, les prétentions et les idées affichées
dans la réponse de Son Excellence étaient si exorlntantes, qu'dles ne laissaient non plus aucune espérance d'accommodement.
Sous le poids de la douleur que lui causait cette désolante conviction, mais considérant que ses devoirs et sa conscience ne lui permettaient pas de prolonger plus longtemps une situation si critique et si dangereuse, tant pour la religion que pour TÊtat, l'empereur se décida à prendre Tinitiativeen mettant à exécution la résolution dont il avait fait part au nonce d'une manière si franche et si généreuse.
C'est pourquoi il adressa au ministre de la justice la lettre (copie n"" 7) qui lui prescrivait de préparer les lois que réclamait la situation.
La publication de cette lettre dans le « journal officiel » fournit Toccasion à Mgr Meglia d'écrire au ministre des affaires étrangères T insolente lettre (copie n"" 8) en forme de protestation.
L'oubli des formes diplomatiques qui s'y remarque à chaque ligne ne permettait pas au ministre de la faire connaître à l'empereur, et l'autorisait à la renvoyer.
Mais, prenant en considération que Son Excellence était le représentant du saint-père, et, voulant épuiser tous les moyens de conciliation et témoigner de son bon
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vouloir pour éviter une rupture ou au moins pour en éloigner tout prétexte, le ministre des affaires étrangères prit sur lui et sous sa responsabilité personnelie de «^occuper de l'affaire et de dcmner des explicatîoas qui devenaient nécessaires, pour que Mgr Meglia comprit bien qu'on ne pouvait admettre ni son mode de résistance, ni ses prétentions.
Ce document est renfermé dans la copie rf 9. Pien que Sa Majesté fiitrésolueà suivre jusqu au bout le programme qu'elle avait tracé à son ministre de la justice, die désirait néanmoins se ménager tous les moyens d'obtenir le concours du siège apostolique»
C'est dans ce sens qu'en écrivit le niinistre des affaires étrangères à Tenvoyé de Sa Majesté à Rome, lui feisant bien ressortir que le temps nécessaire à la marclie des affaires parmettrait à la cour de Rome de prêter son concours, si tel était son ixm vouloir (copies n"^ 10 et H).
Communication pareille Ait faite à l'envoyé de Sa Majesté à Paris, auquel il fut envoyé copie des dépèches précédentes , afin qu'il fit ses efforts pour obtenir une intervention amicale de la part du cabinet des Tuileries.
Le gouvernement démocratique avait rompu foutes relations entre l'État et l'Ëglise, accordant toutefcns à
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celle-ci, bien que la pratique en f&t illusoire, une compile liberté pour arranger aea affaires. C'est en tertu de cette liberté qu'elle put s'entendre directement avec la cour de Rome et recevoir directement ses ordres rdativement au régime ecclésiastique.
Le gouvernement ne paraissait nullanent prendre garde à la concession qu'il avait faite ; mais, deflitt, il s'arrogeait le droit d'empêcher ce qu'il voulait, et se mêlait même des matières de Tordre spirituel. •
Un [iareîl état de choses ne pouvait subsister après la déclaration faite par Tempereur que la religion catholique était religion d'État. Mais par cela même quf^l lui faisait cette condition privilégiée et qu'il lui acccordait une protection spéciale, Tempereur se réservait vis-àvis d'elle, la jouissance des privilèges souverains et des droits qui étaient la conséquence de sa déclaration.
C'est pourquoi il publia un décret proclamant en vigueur les l(Hs relatives à l'entrée ou exequatur des bulles, rescrits du souverain pontife (copie n"" 42).
Personne n'imagina que cet acte légitime, par son origine et par son essence, qui protège efficacement la religion elles intérêts de l'État, pût être èonsidëré comme hostile et veiatoire. C'est ainsi, cependant, que l'interpréta le nonce, et, s'inspirant d'un pareil sentiment, il
eO LE PAPE KT L'EMPEREUR MAXIWILÎEN.
adressa an ministre des affaires étrangères (copie n"" IT») une note par lacfueDe il protestait contre cette décision souveraine et affichait, sous ce prétexte, ties prëtëntibtiâ si exorbitantes, et cela avec une chaleur si immodérée, que dans Télat actuel des sociétés modernes, elles ne peuvent être considérées que comme extravagantes et tendant au bouleversement de tout ordre civil.
Le ministre aurait voulu laisser passer cette note sans réponse afin de ne pas augmenter les motifs d'aigreur; mais, comme en pareil cas, le silence et la tolérance s'interprètent habituellement comme uneaccep* talion des choses, il Vest vu forcé de répondre, à son regret, comme il est indiqué (copie n"" 14).
Cette réponse a terminé tous rapports entre le ministre et le nonce.
L'attitude prise par Son Excellence^ non-seulement paralysait pour le moment les négociations; mais elle faiss^t craindre que la situation ne se prolongeât indéfiniment. En effet, en présence d'instructions si insuffisantes, si mal définies, chaque difficulté provoquait une consuliation auprès de la cour de Rome. Chacune de ces consultations entraînait à un relard de trois mois au moins, en supposant, ce qui est peu vraisemblable, dans la pratique des tribunaux ecclésiastiques, qu'on
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put avoir la réponse par le retour du courrier. Et il est certain qu'ainsi les difficultés se seraient multipliées.
L'empereur ne pouvait m ne devait exposer le pays à de semblables éventualités.
Responsable devant Dieu et devant le monde entier du. sort de la nation qui lui a confié ses destinées, fort d'avoir fait en conscience tout ce qui lui était possible pour arriver à un arrangement des affaires d'accord avec le saint-siége, et d'avoir attendu plus longtemps que ne le lui permettait la prudence en présence de périls imminents, Tempereur ne pouvait s'arrêter devant les obstacles et tarder davantage pour agir par lui seul.
Rien no pouvait l'obliger à attendre un événement problématique qui, s'il survenait, pouvait être trop tardif pour être profitable.
Cependant, comme les sentiments de bienveillance et de concorde prédominent dans l'esprit de Sa Maje&té, et qu'elle a, au-dessus de tout, le vif désir d'agir avec le père commun des fidèles, elle a voulu lui donner ^une dernière et éclatante preuve de ses sentiments, el elle a décidé, dans ce but, l'envoi à Rome d'une mission extraordinaire chargée d'autant de pouvoirs qu'on pouvait lui en accorder, et qui lui permettent, sous les inspirations immédiates de Sa Sainteté et dans le plus bref dé-
dS Vu PâPE et L empereur MAXimUEM.
M^ &wfiÊBk toutes les difficultés et de détruire tous
les HQTflMS 08 BWMHiWaiyftOe»
Les intentions de Sa Ifageslè, dns cette mesure, que sauront apprécier tous ceux qui en comiÉlIrofti l'importance, sont expliquées dans la note que le ministre des affaires étrangères a adressée à Tenvoyé de Sa Majesté à Rome (copie n^ 15), aussitôt que le nonce a déclaré n'avoir pas de pouvoirs suffisants pour accomplir sa mission.
S. Exe. M. Joaquin Velasquez de Léon, ministre d'État, l'illustrissime signer don Francisco Ramirez et le licenciado Joaquin Degollado, auditeur au conseil d'État, font partie de cet te commission.
Signé : 1\kjAiiisiz ,
LE PAPE ET L'EMPEREUR MAXINILIExN. 63
ANNEXE N' >l.
DÉPÊCHE DE M. RAMIREZ A M. A6UILAR, MINISTRE DU MEXIQUfi A ROME, EN DATE DE MEXICO LE 23 JUIL- LET 1864.
Excellence,
La lecture de la note de Votre Ëxceltence, datée du 10 juin dartaier^ a laissé dans l'esprit de l'empereur une impression profondément pénible.
<( Elle a détruit toutes les espérances qu'avait conçues Sa Majesté et fait avorter toutes les mesures qu'elle avait prises pour tranquiliser les esprits émus et préoccupés par la grave question des biens du clergé> ques-
04 LE PAP£ ET L*£MP£R£l]K MAXlMiLi£N.
tion capitale par la quantité considérable d'intérêts de tous genres auxquels elle touche et qui ne peut rester indécise sans exposer l'État et l'Église à des secousses graves et fatales.
Ce retard, en opposant des obstacles permanents ù rétablissement de la paix publique, cause d'énormes et irréparables dommages à tous les intérêts, par la complication qu'entraînent avec elles les transactions incessantes faites à l'abri des lois qui nationalisent ces biens.
Les rechercher quand ils n'ont passé que par uife seule main est plus simple que lorsqu'ils mt passé: par trois ou quatre mains différentes; mais la chose eèt^plus complexe s'ils sont au pouvoir d'étrangers, et c'est ce qui arrive pour le plus grand nombre, par suite des précautions prises par les acquéreurs. Le danger d'un conflit international est patent.
Prévoyant ces complications de longue date, ! Sa Majesté a lait tous ses efforts ^pour obtenir Tenvoi' d'un nonce investi de toutes les facultés suffisantes i pour couper court aux difficultés qui se présenteraient et qui ne pouvaient être imprévues, puisqu'on était malheureusement instruit par l'expérience. Elle espérfiitique le danger serait compris et envisagé dans toute jsa portée '
et qu'on prendrait à temps les mesures qu'il réclamait.
C'est pourquoi elle désirait que le représentant de Sa Sainteté arrivât en même temps qu'elle, parce que sa coopération eût été opportune et un élément essentiel pour établir sur des bases solides les fondements du nouvel empire.
Cet élément a manqué, et votre note nous fait craindrc de ne pas l'avoir ou au moins de l'avoir bien tard.
Cette situation compromet gravement la responsabilité de Sa Majesté devant Dieu et devant le peuple qui lui a confié ses destinées, en même temps qu'elle compromet le sort de l'empire. Les obligations sacrées qu'elle a contractées ne lui permettent plus de la prolonger et de continuer l'inaction.
Comme celle-ci augmente et aggrave les difficultés au préjudice de TÊtat et de l'Église, Sa Majesté m'ordonne de dire à Votre Excellence qu'elle doit employer toute la prudence, toute la modération et la courtoisie qui la caractérisent pour faire connaître à Son Excellence le cardinal secrétaire d'État que si le nonce de Sa Sainteté ne se trouve pas ici en temps opportun, Tempereur se verra forcé, à son grand regret, de dicter les mesures que réclament la paix et la tranquillité du pays, en tenant compte toutefois des ménagements qu exigent
66 LE PâP£ et L^EMPEREUR MAXIMIUEN.
les intérêts de l'Église et de la religion, lesquels lui sont
également chers.'
Que Votre Exœllence fesse envisager à Sa Sainteté les périls de la situation dans laquelle est engagée Sa Majesté, ainsi que la force irrésistible qui l'oMige à les prévenir, comme aussi le sentiment pénible qui afflige son esprit.
Je renouvelle à Votre Excellence l'assurance de ma considération.
Signé: Râmirez.
LE PAPE ET L^ENPEREUR MAXIMIUEN. 67
CÉRÉMONIAL POUR LA RÉCEPTION DU NONCE HONSEI* GNEUR MEGLU, 9 DÉCEMBRE 1864.
l"" Lorsque le nonce arrivera à IMexico, il devra faire connaître son arrivée au ministre des affaires étrangères, en le [Nriant de lui indiquer le jour et Theureoù il pourra lui faire visite et lui donner copie de ses lettres de créance. Le ministre lui rendra la visite le même jour.
2"" Après cette visite, le minjûstre des affaires étrangères prendra les ordres de Tempereur et en donnera connaissance au grand maréchal, lavertissant que le souverain est disposé à recevoir le nonce.
S"" Lorsque le grand maréchal aura reçu les ordres de Tempereur relatifs à la réception, il en fera part, par écrit, au ministre des affaires étrangères et préviendra le nonce, par l'entremise d'un chambellan qui se rendra chez lui à cet effet, du jour destiné à sa réception et du cérémonial qui y sera observé.
4'' Lors de la visite que le grand maréchal fera au nonce, celui-ci ira à sa rencontre hors de son cabinet et lui donnera la droite.
S"" Le nonce lui rendra la visite et le grand maréchal le recevra de la même manière et avec les mêmes* honneurs indiqués dans l'article précédent.
6° Avant le jour fixé pour l'audience de réception, le grand maréchal préviendra les grands officiers de la couronne, les ministres, les archevêques et les autres fonctionnaires de la cour afin qu- ils assistent à la cérémonie à Fheure indiquée et il remettra à chacun d'eux un exemplaire du cérémonial. Le secrétaire des cérémonies donnera au grand maréchal la liste des personnes qui devront être présentes à la cérémonie.
7** Le secrétaire des cérémonies avertira le grand chambellan de l'impératrice de l'arrivée du nonce ainsi que du jour et de l'heure fixés pour la remise de ses lettres de créance à l'empereur.
S"" Le grand chambellan de Timpératrice prendra les ordres de Sa Majesté relativement à la réception du nonce et il les lui communiquera dans la visite qu*il lui fera immédiatement après.
9* Le nonce lui rendra sa visite.
10» Le grand maréchal avertira par écrit le premier écuyer de faire disposer, une demi-heure à l'avance dans la cour du palais, les voitures qui doivent aller prendre le nonce.
Il"" Le jour fixé pour l'audience de réception, un chambellan et un officier d'ordonnance iront avec trois voitures de la cour chercher le nonce pour le conduire au palais. L'officier d'ordonnance ira dans la première voiture et le chambellan dans la seconde, où il s'assiéra sur le siège de devant.
12<> La seconde voiture sera attelée de six chevaux avec deux piqueurs qui se tiendront derrière la voiture lors« qu'elle ira chercher le nonce.
15"* Tous les fonctionnaires se revêtiront du grand uniforme et la livrée sera celle du gala.
14'' Le grand maréchal avertira par écrit le commandant supérieur militahre du jour et de l'heure de la réception du nonce, afin que cet officier envoie au palais un escadron de la garde impériale. Cet escadron sera
partagé en deux détachements qui marcheront, l'un devant la première des trois voilures et Tautre derrière la troisième. De plus un bataillon d'infanterie avec drapeau et musique en tète, sera formé eii bataille sur la place et fera deux haies devant la porte d'honneur du palais. A Tarrivée du nonce sur la place, la troupe présentera les armes, les tambours battront aux champs et la musique jouera.
IS"" Le commandant de Tescorte se tiendra à cheval à la portière de droite de la voiture du nonce.
16'* A leur arrivée à Thabitation du nonce, le chambellan et Toffieier d'ordonnance mettront les voitures à sa disposition. Le chambellan portera la parole.
17** En retournant au palais, Tofficier d'ordonnance ira dans la première voiture, le nonce et le chambellan monteront dans la seconde. Le nonce y occupera le fond et le chambellan s'assiéra sur le devant, en face de lui. Le personnel de la nonciature montera dans la troisième.
18" Le grand maréchal de la cour et le secrétaire des cérémonies recevront au palais le nonce avec la suite qui entrera par la porte du milieu, la garde faisant la haie. Ils le conduiront à Tantichambre de la salle d'Iturbide en passant par la salle du Tr6ne. Le grand maréchal se mettra à sa droite et le chambellan à sa gauche. Le se-
crétaire des cérémonies et l'officier d'ordonnance iront par devant, précédés de deux huissiers.
19"" Au bas de Tescalier, sur le palier, en haut de Pescalier et à l'entrée des salons, se trouveront deux gardes palatins. A l'entrée des salons et en dehors, devant la porte, il y aura deux files de valets de pied, une de chaque côté. Devant la porte qui conduit à la salle dlturbide, on placera deux huissiers et deux gardes palatins.
20"" L'empereur se trouvera dans la salle d'iturbide, ayant derrière lui le ministre des affaires étrangères et tout le personnel du grand service, placé dans l'ordre hiérarchique.
21*» Toutes les portes seront ouvertes à deux battants.
22"" Après que le grand maréchal aura averti Tempereur que le nonce est à la porte, il ira l'y chercher pour l'introduire et il entrera avec lui.
SS"" Le chambellan, le secrétaire des cérémonies et l'officier d'ordonnance resteront près de la porte dans la partie intérieure de la salle.
24" Le nonce en entrant fera trois révérences à Sa Majesté et le grand maréchal le présentera à l'empereur.
25"" Alors le nonce prononcera son discours auquel
n LE PAPE ET L^EMPEREUR MÂXIMILIEN.
Tempereur répondra en peu de mots, et il remettra à l'empereur ses lettres de créance que Sa Majesté passera au ministre des affaires étrangères.
26<> Ensuite le nonce présentera à l'empereur les membres de la nonciature qui raccompagnent.
27» Lorsque Tempereur congédiera le nonce, celui-ci se retirera sans se retourner, en faisant encore trois révérences.
28'' Le grand maréchal, le chambellan et le secrétaire des cérémonies, ainsi que FofQcier d'ordonnance, placés dans le même ordre qu'à l'entrée, conduiront le nonce jusqu'au corridor, en lui faisant traverser les mêmes pièces que celles par lesquelles il sera entré et de là à la galerie, en passant par l'antichambre.
29^ Dans la galerie se trouvera un chambellan de ser-* vice qui conduira le nonce à l'antichambre de la salle d'audiences en passant par celle du conseil.
50"" Le grand maréchal, le chambellan, le secrétaire des cérémonies et Tofficier d'ordonnance resteront dans la galerie et y attendront le retour du nonce.
51® Le grand chambellan de l'impératrice ira audevant du nonce jusqu'à l'antichambre.
52» L'impéiatrice sera dans la salie d'audience ayant derrière elle madame Almonte et deux dames du palais.
SS"" Après avoir averti l'impératrice que le nonce est à la porte, le grand chambellan l'introduira dans la salle d'audiences et le présentera à l'impératrice.
Zi"* Le chambellan de service restera près de la porte du côté intérieur de la salle.
W Ensuite le nonce présentera à Timpératrice le per* sonnel de la nonciature qui raccompagne.
Sô"" Le nonce observera pendant cette audience pour entrer, saluer et sortir, le même cérémonial qu'à celle de l'empereur.
37* Lorsque l'impératrice congédiera le nonce, le grand chambellan l'accompagnera jusqu'à l'antichambre et le chambellan de service jusqu'à la galerie, où se trouveront le grand maréchal, le chambellan, le secrétaire des cérémonies et l'officier d'ordonnance, qui le reconduiront, en observant à son départ le même cérémonial que lors de son arrivée.
Le secrétaire des cérémonies^
Signé : Pedro E. de Negrete.
74 LE PAK ET l'EMPEpVR MAXQUUEN.