‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 104 sur 416 · Gherrier, ouvr. cité, t. III, p. 35 et suiv · texte numérisé non relu

Gherrier, ouvr. cité, t. III, p. 35 et suiv

suffisantes pour en expulser Manfred. Il devait également, avant cette date et sans réclamer jamais les cent mille livres tournois promises par Innocent, payer à l'Église romaine 13o, 541 marcs sterling, montant des dettes qu'elle avait contractées pour la guerre de Sicile. Dans le cas oiî, à celte date, il n'aurait pas envoyé de troupes, ou même s'il n'avait pas payé les 135,541, marcs, non seulement le traité était réputé nul, mais le roi tombait sous le coup de l'excommunication et ses États étaient frappés d'interdit K

Le roi d'Angleterre adhéra à toutes les conditions de cet onéreux et singulier traité, où la religion n'avait de place que par les peines spirituelles qui en garantissaient l'efficacité. Il est vrai que, pour aider le monarque dans les dépenses de la guerre qu'il allait entreprendre, Alexandre lui accorda tout l'argent qui avait été jusqu'ici recueilli en Angleterre en vue de l'expédition contre les Infidèles *. Le sousdiacre Rostand, notaire apostolique, envoyé dans ce royaume, eut en outre la mission de lever sur le clergé une décime dont le produit devait être également remis entre les mains du roi ^ Enfin, pour hâter la réunion des forces que ce prince devait diriger sur l'Italie, Alexandre, imitant jusqu'au bout les procédés d'Innocent IV, chargea ce même Rostand de prêcher en Angleterre la croisade contre Manfred, avec promesse des indulgences réservées pour la Terre sainte "*.

En attendant les secours de l'Angleterre, Alexandre leva en Italie de nouvelles troupes à sa solde, qu'un des membres du sacré collège fut chargé de conduire contre Manfred. Mais, si divisés que fussent alors les esprits dans le royaume de Sicile, cet appel à l'Angleterre, en excitant des mécontentements, eut pour ciïet de grossir le nombre des partisans de

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