juillet 12o6. Raynald, eod. anno, n
2. Thom. Wikes, Chron. apud Bœhiner, Fontes rer. genn. t. II, p. 4ol, 452. — Matth. Paris, t. V, p. G03, 604; 624-627; 640, 641. — Raynald. anno 1237, n" 1 à 8.
LA PAPAUTÉ D7.VIENT TOUTE POLITIQUE l't5
longue guerre du sacerdoce et de l'Empire, et dès les premiers temps d'Innocent IV, l'hérésie, si abattue qu'elle fût depuis les décrets de Grégoire IX, avait repris de la hardiesse. C'était dans le midi de la France et en Italie qu'elle s'était plus particulièrement relevée. Innocent, tout occupé qu'il était de combattre Frédéric, n'avait pas laissé de la poursuivre de ses sévérités. Toutefois on n'avait pas revu ces condamnations impitoyables qui, sous Grégoire IX, avaient étonné l'Occident. Innocent, au début de son pontificat, avait prescrit d'adoucir dans l'application les décrets de son prédécesseur ^ jugeant dangereux, au moment où il luttait contre Frédéric, de lui susciter des alliés. A la vérité, aussitôt que, délivré de son adversaire, il avait pu reparaître en Italie, il était sorti de cette modération. Il avait ordonné d'exécuter, dans toute leur rigueur, les lois de mort que Frédéric avait jadis rendues contre les hérétiques, alléguant que ce monarque, à l'époque où il les avait publiées, était encore un fils dévoué de l'Église'-. A certains égards même, il avait ajouté aux sévérités de Grégoire IX. Il avait défendu de révéler à l'avenir, dans les procès d'hérésie, les noms des témoins et des accusateurs 3. Il avait fait plus; il avait enjoint aux pouvoirs séculiers de mettre les hérétiques à la torture pour leur faire avouer leurs erreurs et dénoncer leurs complices *, et c'est à lui qu'appartient cette triste innovation d'infliger un premier supplice à des hommes qu'au nom de la foi on livrait ensuite au bûcher ^.
Alexandre n'imita que trop ces funestes exemples. Il ne