nov. 1220. Ihid. p
3. Huillard-BréhoUes, Rouleaux de Cluny, Not. et extr. des mss. t. XXI, 2* part., p. 353. Cf. Hist. dipl Introd. p. 110.
principal objet do sa sollicituJo, il parut consentir à celte séparation trompeuse, et Frédéric fut autorisé à se présenter dans Rome.
Il y lit son entrée, le 22 novembre 1220, par la cité Léonine. Aux princes et aux évoques allemands qui l'avaient accompagné s'étaient joints les députés d'un certain nombre de villes du nord et du centre de l'Italie, avec les barons feudataires du royaume de Sicile. Ce concours inusité de tant de nobles personnages, venus d'au delà les Alpes et de tous les points de la péninsule, flatta sans doute la vanité des Romains, et ce fut au milieu des plus vives acclamations que le nouvel empereur reçut la couronne dans la basilique de Saint- Pierre ^ A l'issue de la cérémonie et dans la basilique mémo où elle avait été célébrée, furent promulgués, sous le titre de constitutions impériales, les décrets qu'avaient présentés à l'adhésion de Frédéric les envoyés d'IIonorius, et qui devaient être exécutés dans toute l'étendue de l'Empire. En les sanctionnant de son autorité, l'habile monarque avait voulu donner de nouvelles preuves de son attachement au saintsiège. L'un de ces décrets annulait tous les statuts et coutumes des villes qui étaient contraires aux libertés de l'Eglise, défendait de traduire les clercs devant les tribunaux séculiers et mettait au ban de l'Empire quiconque usurpait les biens ecclésiastiques. Par un autre décret, qui avait trait spécialement à la répression de l'hérésie, étaient notés d'infamie et punis de la confiscation des biens tous les hérétiques, à quelque secte qu'ils appartinssent; en outre, injonction était faite aux. magistrats des villes de les poursuivre et aux seigneurs de les chasser de leurs terres, sous peine, pour les premiers, d'être destitués de leurs fonctions et, pour les seconds, d'être privés de leurs domaines 2. Frédéric n'oublia pas la marque de piété qui devait le plus toucher Honorius. Il renouvela solennellement le vœu de délivrer la Terre sainte du joug des
1, Voir une lettre d'IIonorius du 13 décembre 1220. Hist. dipl. t. II, p. 82. Cf. Zeller, Hist. d'Allem. t. V, p. 194.
2. Pour le texte de ces constitutions, voir Hist. dipl. t. II, p. 2-7.
Infidèles et reçut une seconde fois la croix des mains du cardinal Ugolin, évèque d'Ostie ^ A son exemple, le duc de Bavière, plus de quatre cents seigneurs et un grand nombre de simples chevaliers allemands et siciliens prirent la croix, et le vieux pontife crut pouvoir annoncer aux chrétiens d'Orient la prochaine arrivée de l'empereur avec « une magnifique armée ^. »
Cet espoir devait être déçu. Aussitôt après son couronnement, Frédéric, profitant du nouveau répit qu'il s'était ménage avant son départ outre-mer, avait quitté Rome pour se rendre en son royaume de Sicile. Les huit années qu'il avait passées au delà des xUpes depuis son élévation à l'Empire n'avaient pas été sans nuire à son pouvoir dans l'Italie méridionale, et de nombreuses usurpations y avaient été commises par les barons et les villes. En môme temps qu'il voulait rétablir la royauté en ses prérogatives, il se proposait de descendre dansl'ile de Sicile pour y soumettre les Sarrazins, qui, à la faveur des mémos conjonctures, étaient parvenus à une sorte d'indépendance et troublaient le pays de leurs déprédations ^ Occupé des soins que nécessitaient les intérêts de son autorité et la pacification du royaume, non seulement il laissa passer l'époque où il devait s'embarquer pour l'Egypte; il n'y avait pas même envoyé, à la date convenue, les secours qu'il avait promis. Ce n'est pas qu'en apparence il ne se fût préparé à la croisade. Au mois de février 1221, il avait mandé de Salerne aux fidèles de l'Empire et à toutes les villes de la Lombardie et de la Toscane d'apprêter des forces pour l'aider à reprendre la Terre sainte, vers laquelle, « jour et nuit », disait-il, se portait sa pensée ^ Pressé toutefois par le pontife d'exécuter ses engagements, et pour son propre honneur et pour celui du saint-siège à qui l'on reprochait