mars 1263. Rcg. de Clém. IV, n
du royaume de Sicile, il la résignerait à la première sommation du pape, et que, dans le cas contraire, il ne pourrait la conserver que pendant trois années. Sur le reste, les conditions étaient, à très peu de chose près, les mêmes que celles qui avaient été stipulées par Urbain. C'étaient les mêmes précautions pour que le futur roi de Sicile et ses successeurs ne pussent étendre leur domination dans les autres parties de la péninsule ou en Allemagne. Indépendamment des cinquante mille livres sterling que Charles devait payer après son avènement, le cens demeurait fixé, non plus à dix mille, mais à huit mille onces d'or. Les pénalités les plus sévères, pénalités déjà insérées par Urbain dans le précédent traité, garantissaient le paiement régulier de ce cens. Si le roi tardait plus de deux mois à s'acquitter, il encourait l'excommunication ; et, s'il laissait passer encore deux autres mois sans se libérer, ses États tombaient sous l'interdit. Tel était l'égarement où les luttes politiques avaient entraîné la cour de Rome, que, pour un intérêt financier, elle privait ainsi tout un peuple du service divin et de l'usage des sacrements. Enfin, si huit mois s'écoulaient sans que le cens fût acquitté, le roi perdait par ce seul fait ses droits à la couronne, et le royaume de Sicile retournait à l'Eglise romaine ^
Charles consentit à toutes ces conditions. Dès l'année précédente, il avait commencé les apprêts d'une expédition que Louis IX, toujours hésitant entre ses scrupules et les sollicitations du saint-siège, avait moins approuvée que tolérée 2. Les efforts des prédicateurs de la croisade et plus encore la perspective de possessions à obtenir dans un royaume qui était réputé l'un des plus riches de l'Occident, avaient attiré dans cette expédition une partie de la chevalerie française ^. Laissant le gros de l'armée se rassembler à Lyon ^, Charles