‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 135 sur 416 · Gregorovius, Storia di Roma, t. V, p · texte numérisé non relu

Gregorovius, Storia di Roma, t. V, p

jou toute l'Italie du Sud. Partout les villes ouvrirent leurs portes. Les ministres de Manfred vinrent offrir leurs services, et Charles, dont des succès aussi prompts dépassaient les espérances, entrait bientôt à Naples dans tout l'appareil royal *. Les vœux de la papauté semblaient remplis. Après onze ans de lutte, le sceptre du royaume de Sicile était enfin, ainsi qu'elle l'avait souhaité, arraché à la maison de Souabe. « C'est Dieu qui vous a choisi pour défendre les siens, écrivait le pontife au comte d'Anjou, et, par cette victoire glorieuse donnée à vos armes, il a comblé nos désirs et ceux de toute l'Eglise -. )) La même victoire qui valait à ce prince la possession d'un royaume, en jetant le désarroi dans les rangs des Gibelins, releva l'ascendant du saint-siège dans l'Italie centrale et lui rattacha quelques-unes des communes hostiles de Lombardie ^ Le rétablissement de l'autorité apostolique à Rome semblait seul manquer au triomphe de la papauté. Clément, se fondant sur les traités, exigea que Chcrles se démît de la dignité sénatoriale. Ce prince se rendit, non sans quelque résistance, aux exigences du pontife *. Comme, en vertu de ces traités, il s'était engagé à ramener les Romains à l'obéissance du chef de l'Église dès qu'il sortirait de charge. Clément s'était flatté qu'il recouvrerait alors la seigneurie temporelle de Rome, et, dans cette vue, il était venu de Pérouse à Viterbe. Mais le nouveau roi ne se prêta par aucun effort au désir du pape, elles Romains, de leur côté, ne se montrèrent pas disposés à se replacer sous le joug du saint-siège. La renonciation de Charles n'eut d'autre effet que de provoquer des désordres, à la suite desquels, au printemps de 1267,

1. Voy. Matteo di Giovennazo, § 181, lequel, présent à cette entrée, en a donné une description détaillée.

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