‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 137 sur 416 · Id. anno 1266, n · texte numérisé non relu

Id. anno 1266, n

La Cour de Rome. — T. IL 12

riiUontion d'envoyer lui-iiiêmo au delà des Alpes recueillir les témoignages dont il avait besoin pour éclairer son jugement, il assigna les deux compétiteurs à se présenter de nouveau, en personne ou par procureurs, le 26 mars 1268 K

On conçoit dans quelle confusion un aussi long interrègne avait plongé l'Allemagne. Les canons d'un synode tenu à cette époque par l'archevêque de Cologne montrent que les séculiers y attaquaient impunément les personnes et les biens du clergé ^. On juge par là des excès qui se commettaient dans l'étendue de l'Empire. Au spectacle de ces désordres, des voix s'étaient élevées pour annuler deux élections si fatales aux peuples germaniques, et les vœux s'étaient encore une fois portés vers Conradin. A l'exemple de ses devanciers, Clément menaça des foudres apostoliques quiconque prêterait la mani à cette entreprise^; et, comme précédemment, ce projet avorta. L'on ne pouvait dire cependant que le pape fût insensible aux maux de l'Allemagne, et lui-même semblait comprendre qu'il était de l'honneur du saint-siège de mettre un terme à ce funeste état de choses ''. Mais il n'était pas non plus sans se rendre compte qu'en suspendant ainsi sa décision entre Alfonse et Richard, il restituait en quelque manière à la chaire apostolique cette prépondérance qu'elle avait exercée jadis sur les affaires de l'Empire et que lui avaient enlevée les événements. C'est du moins ce qu'on peut inférer d'une réponse adressée par lui, dans le mois de juin 1267, au roi de Castille, qui avait fait parvenir au saintsiège de nouvelles sollicitations. Il ne se contenta pas de mander à ce prince que, le débat soulevé entre lui et Ri-

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