Martene, Thés, anecd. t. II, p
3. 0 avril 1268. Raynald. eod. anno, n° 4, 16. G. Même date. Potthast, Refj. pontif. n» 20310.
Sicile à reprendre pour dix ans le gouvernement de Rome, s'il lui était de nouveau offert par les Romains^. Charles luimôme, qui, sur l'appel du pontife, s'était rendu à Florence et dont le premier dessein avait été de se porter avec les forces guelfes au devant de son rival, se vit obligé de quitter en hâte la Toscane et de retourner en son royaume pour y arrêter les progrès de la révolte.
A peine Charles avait-il quitté la Toscane, que Conradin y arrivait à son tour. De là il se dirigea sur Rome. 11 y reçut tous les honneurs dus au chef de l'Empire. Des arcs de triomphe élevés sur son passage, les rues jonchées de fleurs, les acclamations du peuple, tout semblait lui promettre le succès de sa cause'. Ce fut la fin de ses espérances. Sorti de Rome pour gagner l'Italie méridionale par le val de l'Abruzze, il rencontra l'année de Charles, le 23 août 1208, à Tagliacozzo^. Vaincu comme Manfred, il n'eut pas, comme lui, l'heureuse fortune de mourir en combattant. 11 courut se réfugier à Rome; mais les dispositions y étaient changées parla nouvelle de sa défaite, et il fut contraint d'en repartir. Arrêté dans sa fuite par des partisans de Charles et enfermé au château de Palestrine, il ne tarda pas à se voir livré aux mains de son vainqueur. Charles arrivait alors à Rome, où les Guelfes, qui avaient repris l'ascendant, le proclamèrent sénateur. Tout venait à souhait à l'ambitieux souverain. Henri de Custille, qui avait combattu aux côtés de Conradin, était luimême prisonnier. Par l'ordre du roi, Conradin fut transféré à Naples. Ce n'était pas assez pour Charles que son adversaire fût abattu; il le voulait anéanti. Il sentait que, tant que Conradin vivrait, sa couronne serait en péril. L'intérêt politique, l'ambition l'emportèrent sur la clémence. Après un semblant de procès qu'instruisirent des juges obéissants, le jeune et infortuné prince fut condamné à avoir la tête tranchée. L'exé-