‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 141 sur 416 · Gregorovius, Sloi-ia cli Roma, t. V, p · texte numérisé non relu

Gregorovius, Sloi-ia cli Roma, t. V, p

3. Sabas Malasp. 1. IV, c. 9-H. Cf. Gregorovius, ibicl. p. 401-495.

cution eut lieu le lendemain, 29 octobre, sur l'une des places de la ville et sous les yeux mêmes du roi, qui, d'une fenêtre où il s'était placé, vit couler le sang généreux du petit-fils de Frédéric ^

La nouvelle de cette exécution causa en Occident la plus vive impression. Partout on plaignit Gonradin. En Allemagne, l'opinion se prononça énergiquement contre Charles d'Anjou et contre la cour de Rome ^. Ailleurs on crut voir, dans cet événement. Dieu vengeant son Église et, selon la parole de l'Ecriture, étendant sa colère jusqu'à la quatrième génération, c'est-à-dire sur la race entière dô ses ennemis'. Suivant certains chroniqueurs, le pape désapprouva la sentence qui frappait Gonradin *. Suivant d'autres, il la conseilla, et quelquesuns lui ont attribué ce mot célèbre : « Vùa Corradini, mors Caroli; mors Corradini, vitaCaroli: La vie de Gonradin est la mort de Gharles; la mort de Gonradin est la vie de Charles. » Mais aucun texte digne de foi ne justifie cette assertion. Ce qu'on peut affirmer, c'est que le pontife, étranger au prononcé de la sentence, la laissa exécuter sans infligera cet acte la flétrissure qu'il méritait. Aucun document ne nous fait non plus connaître les sentiments de Louis IX. Mais on ne saurait douter que ce pieux et consciencieux monarque, qui, six ans auparavant, opposait aux entreprises du saint-siège les droits de Gonradin, n'eût réprouvé une condamnation contraire tout ensemble aux lois de la justice et de la guerre. Ainsi fut consommée par la mort de Gonradin l'œuvre d'Innocent IV ; ainsi finit la lutte, alors plus que séculaire, de la papauté et de la maison de Souabe. La cour de Rome triomphait en des desseins que, depuis Frédéric Barberousse, elle n'avait cessé de poursuivre. Les événements allaient bien-

1. Pour tous ces faits, voir GLierrier, llist. de la lutte des papes et des empereurs, t. III, p. 268-280. Voir aussi Gregorovius, loc. cit. 497-509.

2. « De cujus morte tota dolet Germania. » Ellenliard. Ckron. Pertz, ss., t. XVII, p. 122. Cf. Annal, brev. Worm. ibid. p. 76.

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