Anml. Placent. Gihell Pertz, ss. t. XVIII, p. o
plus entendu tuutel'ois aux choses du gouvernement qu'à celles de la religion et apportant sur le saint-siège les goûts profanes d'un grand seigneur, non seulement il ne poursuivit aucune des pensées de réforme qu'avait conçues Grégoire: il se laissa entraîner à des abus qui eurent pour effet de discréditer encore la cour de Rome. Aucun pape avanl lui n'avait prodigué à ses proches, au degré où il le fit pour les siens, l'argent et les dignités de l'Église K C'est ce pontife que Dante, trop passionné, il est vrai, pour être toujours juste, devait plus tard placer dans son Enfer en lui faisant prononcer sur lui-même ces paroles accusatrices : « Fils de la Grande Ourse, j'ai voulu enrichir les oursins cupides, et pour cola j'ai englouti les richesses de la terre dans mes coffres et mon âme dans les Enfers-. »
Avec Nicolas 111, la cour de Rome rentra ouvertement dans les voies politiques dont, sous le pontificat do Grégoire, elle avait paru s'éloigner. Aussi jaloux de la puissance temporelle du saint-siège que Grégoire l'était peu, l'une do ses premières mesures fut d'ôler à Charles d'Anjou la dignité sénatoriale. Afin de trouver un appui dans le sacré collège, il créa d'abord neuf cardinaux, dont sept italiens, parmi lesquels plusieurs étaient ses parents^. Il fit ensuite savoir au roi de Sicile que, 1l!S dix années pour lesquelles lui avait été conféré l'office de sénateur, étant sur le point d'expirer, il se prépai'àt à résigner ses fonctions*. Ce fut en vain que Charles essaya de faire revenir le pape sur sa résolution *. Avant que ce prince, contrainl enlin d'obéir, se fût démis de son office, le pape, au mois do juillet 1278, publia une constitution par laquelle, rappelant les maux ([uoles souverains do la maison de Souabe
1. « Nimis fuit ainator suorum. » Ptol. Luc. Hist. eccl. l. XXIII, c. 3L — Gregorovius, loc. cit. p. 342.