Gregoroyias, ibid. p
avaient autrefois causés à l'Italie, il décidait qu'à Tavenir et sous peine d'excommunication aucun empereur, roi, prince, duc, margrave, comte ou baron, ne pourrait exercer dans Rome, à temps ou à vie, les fonctions de sénateur, de patrice ou de capitaine du peuple ; que les comtes et barons Romains seraient seuls exceptés de cette disposition, et que la durée de ce mandat, quel qu'en fût le titulaire, ne pourrait, sans l'assentiment du chef de l'Église, excéder une année K Par cette constitution, iNicolas avait surtout en vue d'empêcher que le gouvernement de Rome ne retombât aux mains d'un prince étranger; mais elle ne rendait pas ce gouvernement au saintsiège. Craignant d'exciter dos troubles dans le peuple s'il se fût attribué le droit de nommer le sénateur, il se concerta avec les nobles, qui dominaient alors la ville, et obtint que, par un semblant d'élection, on lui déléguât, pour sa vie durant, le pouvoir sénatorial. Il ne voulut toutefois l'accepter qu'en qualité de noble Romain, non en qualité de pape. Encore eut-il la prudence de ne pas l'exercer lui-même, et, avec l'adhésion des Romains, il remit le titre et les fonctions à son frère Mathieu Orsini. C'était par une voie détournée rétablir habilement à Rome, sinon l'entière autorité, du moins l'mlluence politique du saint-siège-'.
Il était sans doute surprenant (juo le chef de lEglise consentît à tenir du suffrage des Ronlains la magistrature sénatoriale, alors que les papes avaient toujours réclamé la souveraineté temporelle de Rome. Celte souveraineté, Nicolas la revendiquait expressément dans sa constitution. De môme que ses prédécesseurs, il lui assignait pour origine, la donation de Constantin ; mais il prétiuidait que, si ce moiiartjue avait cédé cette souveraineté au représentant de l' Apôtre, ce n'était pas seulement parce qu'il jugeait indigne ([u'un « empereur terrestre » régnât au même lieu où « l'empereur céleste » avait
1. 18 JLiillet 1278. Theiuer, Cad. cUpl. dom. temp. t. I, p. 216-218. Cf. ibid. p. 210,216.