Ricord. Malesp. c
4. « Non considerasti .. nostre mitris Ecclesise insuperabilem excellentiam, .. cui totus orbis terrarum et omnes obediunt creaturae. Hsec est quam pontus, aethera .. adorant, et tenentur ei omnes qui sub sole sunt reddere tributaria débita. » Martene, Thés, anecd. t. III, p. 30, 31.
de Coiiradin, il se disait seul appelé, pur les droits qu'il tenait de 'la fille de Manfred, à régner sur TUalie méridionale K C'était braver ouvertement l'autorité du saint-siège. Dès lors la lutte n'était plus seulemontentre le roi de Sicile et le roi d'Aragon, mais entre le roi d'Aragon et le chef de l'Eglise. Les événements accomplis en Sicile semblaient d'autant plus graves, que la révolte avait gagné les villes de l'Etat ecclésiastique que gardaient les troupes françaises. A Rome même, sous l'influence desOrsini, le peuple s'était soulevé contre Charles, et, dans toute la péninsule, les Gibelins commençaient à s'agiter ^. Martin résolut de sévir. Au mois de novembre 1282, il fulminait une sentence par laquelle, après avoir déclaré que, l'Eglise romaine ayant enlevé la couronne de Sicile à Frédéric II et à sa race, Pierre n'avait aucun droit d'y prétendre, il frappait ce prince d'excommunication, lui interdisait de prendre le titre de roi de Sicile et lui enjoignait de quitter l'île sans délai, le menaçant, en cas de désobéissance, de le priver du royaume d'Aragon ^.
Dans cette sentence, le pape dénonçait Michel Paléologuc comme coupable d'avoir conspiré avec le roi d'Aragon contre l'Église et contre Charles *, et il menaçait de môme le monarque grec, s'il ne cessait d'apporter son appui à l'usurpation, de toutes les sévérités du saint-siège. Michel Paléologue étant mort le 11 décembre de cette année, son fils Aiidronic eut sans doute seul connaissance do cette sentence, dont le résultat fut de hâter une rupture que tout faisait prévoir. Le premier acte d'Andronic, en montant sur le trône de Constantinople, fut en effet de se séparer ostensiblement de Rome. Il déclara qu'il n'était entré dans l'union que forcé par son père, et que les lettres d'adhésion qu'il avait adressées au sainl-