novembre 1282. D'Achery, Spicil. t. III, p. G
4. « Palgeologum .. quem .. super impenso régi Aragonum contra nos .. Ecclesiam et regem Carolum consilio, auxilio et favore nec non paclis .. et confrederationibus initis cum eodem argumenta .. déferont. »
siège, comme les serments qu'il avait prêtés, étaient la suite (le cette contrainte. Un grand éclat fut donné à cette rupture. On purifia l'église de Sainte-Sophie; les galeries extérieures et celles du vestibule, les tribunes, les colonnes et toutes les saintes images furent aspergées d'eau bénite. Les évoques et les clercs qui avaient pris part à l'union durent se soumettre à une pénitence, et deux archidiacres, qui, envoyés en Italie par Michel Paléologue, avaient assisté à une messe célébrée par le pape, se virent déposés de leur office '. L'union des Grecs avec l'Eglise latine n'était plus désormais qu'un souvenir.
Dans le temps même où s'accomplissait cetle rupture des deux Églises, le pontife, donnant suite à la sentence dont il avait frappé Pierre d'Aragon, enjoignait au cardinal Gérard, qui exerçait les fonctions de légat dans l'Italie méridionale, d'y faire prêcher la croisade contre ce prince, avec promesse des indulgences accordées pour la Terre sainte. « La guerre du roi Charles contre le roi d'Aragon est la cause de Dieu, écrivait-il. Que le Seigneur s'élève donc; qu'il appesantisse sa vengeance sur ses ennemis et qu'il protège de son bras ceux qui combattent pour lui I ^ » Cet appel aux armes ne parut pas suffisant à Charles d'Anjou, et, deux mois après, le pape, s'étant concerté avec ce prince, publiait une nouvelle bulle par laquelle il déclarait Pierre déchu de la couronne fl'Aragon et déliait ses vassaux et ses sujets de leur devoir de fidélité ''. A la vérité, cotte dernière sentence n'eut pas plus d'effet sur l'esprit des Aragonais que les premières n'en avaient eu sur celui des Siciliens. Non seulement les seigneurs et le peuple du royaume d'Aragon, mais les évêques mêmes
L Pachym. Aiidvon. 1. VII, c. LG. Cf. Fleury, llist. ecd. t. XVIII, p. 367- 372. C'est le 2 janvier 1283 qu'on procéda solennelleineiit à la purification de l'église Sainte-Sophie.