‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 184 sur 416 · juillet · texte numérisé non relu

juillet

2. Raynald. anno 1290, n» 43 ; anno 1291, n" 48. ^.'Jleg. de Nicol. IV, n"' 4413-4430.

saint-siège avait pris Charles Martel ^ et qu'il continua de porter, André le Vénitien demeura maître du royaume.

Les affaires de Sicile, que la papauté avait été jusqu'ici impuissante à régler, vinrent encore fournir une autre preuve de cet affaiblissement politique du saint-siège. Charles le Boiteux ayant désintéressé le frère de Philippe le Bel de ses prétentions sur l'Aragon en lui cédant les comtés de l'Anjou et du Maine ', une nouvelle convention avait été conclue le 19 février 1291, par laquelle Alfonse demeurait en possession de son royaume, sous la condition de demander pardon au pape, de rendre les otages qu'il détenait entre ses mains et de ne prêter, sous quelque forme que ce fût, aucun secours à son frère Jacques pour conserver la Sicile^. C'était, en ce qui regardait l'Aragon, enfreindre les décisions du saint-siège, et ne les observer qu'imparfaitement au sujet de la Sicile. Le traité allait toutefois être envoyé au pape pour être soumis à son adhésion *, quand Alfonse mourut inopinément ^ laissant comme plus proche héritier ce même frère Jacques qui régnait à Palérme. Cette mort arrêta l'exécution du traité. Nicolas crut l'occasion favorable de faire enfin triompher les volontés, si longtemps méconnues, du saint-siège. Il somma encore une fois Jacques, — qu'il qualifiait non pas roi, mais seulement fils de Pierre, jadis roi d'Aragon, — de restituer à Charles II l'île de Sicile, lui intordit d'intervenir dans le gouvernement du royaume d'Aragon, et le menaça, en cas de désobéissance, d'user contre lui des moyens ecclésiastiques et

1. Il parait que dès 1290, il avait été couronné à Naples de la main d'un légat. Raynald. anao 1290, n» 43.

2. Le 15 août 1890, Charles de Valois avait épousé une fille de Charles le Boiteux, Marguerite, qui lui apporta ces deux comtés en dot. Guil. de Nang. Chron. anno 1290.

3. Le texte de ce traité a été donné par Piymer, Fœdera, t. I, pars m. p. 17, 78. Ce traité fut ratifié le 7 avril suivant par Charles II et Alfonse.

4. Voir, dans Rymer, ibid., p. 78, la déclaration des deux cardinaux que Nicolas avait envoyés au printemps de 1290 porter des plaintes à Philippe le Bel et auxquels fut remis ce traité pour être soumis au pape.

Page 1