Ravnald. ibid. n° 9 et ss
religion en ces contrées, était enfin tombée, il s'efforça, par des instances réitérées et plus pressantes, de ranimer l'ardeur de la chrétienté en faveur de la Terre sainte. Le l^'"aoùt 1291, il l'ublia une encyclique où, pour émouvoir la piété des fidèles, il employait toutes les figures et épuisait tous les moyens de la rhétorique du temps K II enjoignit h tous les métropolitains, comme à tous leurs suffragants, de faire prêcher la croisade, les premiers dans leurs provinces, les autres dans leurs diocèses. Il n'écrivit pas seulement aux divers souverains de l'Europe; il écrivit à l'empereur de Constantinople, au roi d'Arménie, envoya des lettres jusque chez les Tartares, qui étaient restés en relation avec le saint-siège depuis le concile de Lyon et dont il sollicita l'assistance ^ Rodolfe, à qui Grégoire X avait voulu confier le commandement de l'expédition contre les Infidèles, étant mort dans l'intervalle ^ il s'adressa plus' particulièrement à Philippe le Bel, lui disant que c'était sur lui que l'Eglise et les princes jetaient les yeux en cette douloureuse conjoncture*. Afin d'obtenir plus sûrement son concours, il écrivit aux prélats de France qu'il conjura d'intervenir auprès du roi et de tout faire pour entraîner avec lui la noblesse à la croisade. Tous ces appels furent vains. Les évoques de France, s'étant réunis dans des conciles provinciaux pour se concerter sur la conduite à tenir, envoyèrent au pontife, qui était alors à Rome, le résultat de leurs délibérations. Ce résultat était « qu'il fallait d'abord réconcilier les princes et pacifier les peuples, nommément les Grecs, les Siciliens et les Aragonais, après quoi, si le pape le jugeait opportun, on prêcherait la croisade par toute la chrétienté ^ «