Raynald. anno 1293, n
3. Voir, dans Raynald. anno 1294, n° 7, l'acte d'élection. Cf. Potthast, Reg. po)itif. 3 juillet 1294.
4. Ville de l'Abruzze, fondée environ quarante ans auparavant par Frédéric II.
(l'une foule immenso, il cuira monté sur un âne qui lui servait ordinairement pour ses quêtes et dont Charles II et son fils tenaient la bride. Jamais le chef de TEglise ne s'était montré dans un appareil aussi humble; les fidèles y virent comme une imitation de l'entrée de Jésus à Jérusalem. Les cardinaux, que Pierre de Mouron avait mandés à Aquila, tout en s'étonnant de sa détermination, ne tardèrent pas à le rejoindre, et, le 29 août, il était sacré dans cette ville sous le nom de Célestin V '.
En d'autres temps, l'élévation de ce saint religieux sur la chaire de l'Apôtre eût été une joie pour l'Eglise; mais, depuis que le siège de saint Pierre était devenu un trône occupé par des princes plutôt que par des évêques, la cour de Rome voulait d'autres pontifes, et Célestin, par la vie <pi'il avait menée jusqu'ici comme par ses vertus mêmes, n'était pas fait pour succéder aux Innocent III et aux Innocent IV. Timide, parlant peu, ignorant de toutes choses, il se laissa diriger par ceux qui l'approchaient et devint la proie de leurs intrigues. Par un autre efTet de cette timidité, il se tint éloigné des membres du sacré collège, préférant se confier à des clercs d'ordre inférieur ou même à des laïques, qui profitèrent de son inexpérience pour se faire distribuer, en dehors de toute règle, nombre de faveurs, ou le porter à des décisions qu'eût réprouvées sa droiture naturelle -. Craignant les mesures inconsidérées où le pouvait entraîner son ignorance, mécontents surtout de se voir écartés de ses conseils, les cardinaux commencèrent à regretter leur choix. Célestin les indisposa encore en créant, sans les consulter et à l'instigation de Charles le Boiteux,douze nouveaux cardinaux, dont sept étaient français et les autres italiens, tous dévoués au roi de Naples ^ Leur mécontentement s'accrut quand ils virent qu'au lieu de se rendre à Rome, comme ils s'y attendaient, il allait fixer sa résidence
1. Pour tous les faits qui précèdent, voir Ptol. Luc. lUst. eccles. 1. XXIV, c. 29-31. — Act. sanct. maii, t. IV, p. 451, 452, 433.