Ihid. c. 29. La promotion est du 18 septembre
GlIUTE DE LA. THÉOCRATIE 263
à Naplcspar coiiiplaisaiico pour Gliarics. C'était ouvortcnicnt substituer à leur influence l'influence de ce prince. Des murmures, des réclamations se firent bientôt entendre autour de Célestin, Dans une pieuse intention, il remit en vigueur la constitution de Grégoire X sur le conclave *. Cette dernière mesure acheva de lui aliéner les anciens cardinaux, qui résolurent dès lors de lui ôter une dignité dont l'avaient si imprudemment investi leurs sufTrages.
Ils furent secondés dans leur dessein par Célestin lui-même. Au milieu de soins si nouveaux pour lui, le pauvre ermite regrettait sa solitude. II s'était fait construire une cellule dans le palais qu'il habitait à Naples, et il s'y retirait de temps à autre pour se livrer à la méditation. Inquiet des plaintes qui parvenaient jusqu'à lui, fatigué surtout du souci des affaires, il exprima le désir de se décharger d'un fardeau trop pesant. Plusieurs des cardinaux qui l'avaient élu l'encouragèrent dans cette pensée, lui insinuant qu'il compromettait les intérêts de l'Eglise et ne pouvait rester sur le saint-siège avec sûreté de conscience. \ en croire certains témoignages, des artifices coupables, des fraudes même furent employés pour effrayer les scrupules de Célestin, qui se détermina enfin à abdiquer. Benoît Cajétan, l'un des anciens cardinaux dont tout prouve que les conseils exercèrent le plus d'influence sur le faible esprit du pontife, prépara un acte de renonciation, que, le 13 décembre, cinq mois après son élection, Célestin lut lui-même en présence de tout le sacré collège. Dans cet acte, il déclarait que son peu de santé, son ignorance, le désir d'une vie plus parfaite, celui de retourner aux consolations de son existence passée, le décidaient à se démettre du saint-siège '. Il fît ensuite rédiger, sur la demande d'un des cardinaux, une constitution établissant qu'il était licite à un pape de renoncer à sa dignité et aux membres du sacré collège d'accepter cette re-