‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 196 sur 416 · Tosti, Hist. de Boniface VIII, t · texte numérisé non relu

Tosti, Hist. de Boniface VIII, t

3. Dupuy. Hist. du différend, p. 13. — Héfélé, Conc. t. IX, p. 183-189.

4. Bulle Ineff'abilis amoris, 26 septembre 1296. Raynald. eod. anno, n° 23-32.

contribuer aux charges des princes par des dons volontaires K En réponse à cette seconde bulle qui, pour atténuer ce que la première avait de trop absolu, n'eu était pas moins impérieuse, Philippe fit rédiger une déclaration qui l'égalait en hauteur. « Avant qu'il y eût un clergé, était-il dit dans cet écrit, le roi de France avait la garde de son royaume et pouvait prendre les mesures qu'il jugeait nécessaires pour le préserver de ses ennemis. Il n'est que légitime de demander des subsides à des iiommes qui par état ne peuvent se protéger eux-mêmes, pour les donner à ceux dont ils attendent leur sécurité. Il est vrai que des immunités ont été accordées aux clercs par les papes; mais elles n'ont pu l'être qu'avec l'assentiment des princes, et elles ne doivent pas devenir une entrave à la sûreté du royaume. Les clercs, comme les laïques, font partie du corps de l'Etat, et quiconque refuse de le secourir en est un membre inutile. Est-il juste d'interdire au clergé, sous peine d'anathème, d'aider les princes de ses deniers, quand ce sont les princes qui l'ont enrichi de leurs dons; et n'a-t-on pas lieu de s'étonner que le vicaire du Christ défende aux ecclésiastiques de secourir le royaume, et les laisse néanmoins dissiper leurs revenus en vêtements luxueux, en chevauchées, en festins, au détriment des pauvres et au dommage de la religion ? Le roi révère l'Église et ses ministres; mais il n«! craint pas les menaces injustes et déraisonnables des hommes '. »

Pour la première fois, on osait dire au chef de l'Église que les ecclésiastiques étaient, au même titre que les séculiers, des membres de l'État et qu'ils se devaient, comme eux, au royaume dont ils faisaient partie. A la vérité, il y a lieu de croire que cette fière réponse ne fut pas envoyée à Rome et qu'elle demeura à l'état de projet ^ Phihppe, chez qui l'au-

1. Voir ce que dit à ce sujet Héfélé, Conc. t. IX, p. 182-185.

2. Dupuy, Hist. du différend, p. 21. Renan estime que la rédaction de cet écrit doit être attribuée à Pierre Flotte, l'un des légistes du roi. Hist. littér.X. XXVII, p. 373, 374.

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