‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 197 sur 416 · Boutaric, La France sous Philippe le Bel, p · texte numérisé non relu

Boutaric, La France sous Philippe le Bel, p

clace était subordonnée à la prudence, attendait un résultat plus sûr et du maintien de ses édits et d'une démarche que, sans doute à son instigation, les évoques de France firent alors auprès de Boniface. Vingt-trois prélats écrivirent au pape qu'en raison des dangers auxquels était exposé le royaume ils se regardaient comme obligés de secourir le roi, et ils le supplièrent de retirer une constitution qui, par les scandales qu'elle soulevait, nuisait à la paix et à la dignité de l'Église K Cette démarche parut en effet modifier les sentiments de Boniface, qui, déjà alarmé des édits et se voyant abandonné des évêques, se montra aussi accommodant que d'abord il avait été impérieux. Par une lettre du 7 février 1297, il autorisa le clergé à fournir des subsides \ et, quelques jours après, comme s'il eût été à son tour ému des dangers qui menaçaient la France, il se déclarait prêt à offrir, pour la conservation du roi et du royaume, les biens de l'Église romaine et sa propre personne 3. Philippe, de son côté, retira ses édits. Poussant plus loin la complaisance, Boniface ne tarda pas à publier une bulle par laquelle il reconnaissait non seulement à Philippe, mais d'une manière générale au roi de France, s'il était majeur, ou à son conseil, s'il était mmeur, le droit de taxer le clergé, en cas de nécessité, sans consulter le siège apostolique *. Il lit davantage; il accorda à Philippe la moitié de l'argent destiné à l'expédition de Terre sainte ', lui abandonna une année de revenu de tous les bénéfices vacants « et, enjoignit aux évêques, tant que dureraient les hostilités, d'incarcérer les clercs coupables de révéler aux ennemis de ce prince <c les secrets de son royaume \ » Enfin, comme s'il eût voulu témoigner,

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