‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 215 sur 416 · Dupuy, Hist. du différend, p. GO · texte numérisé non relu

Dupuy, Hist. du différend, p. GO

2. Dupuy, ibid.,p. 67-71. La lettre des évèciues et celle des barons sont datées l'une et l'autri' du jour où sij tint l'assemblée, c'est-à dire du 10 avril i30i\

Philippe se trompa on espérant rallier à sa cause quelquesuns des cardinaux. Soil (ju'ils craignissent le courroux de Boniface, soit plutôt que les intérêts de la cour de Rome leur parussent, en cette occasion, se confondre avec ceux du pontife, ils se montrèrent, dans leur réponse aux nobles du royaume, en complet accord avec lui \ Do son côté, Boniface adressaaux évoques une lettre véhémente où, leur reprochant lenr faiblesse, il leur notifiait le refus formel de céder sur l'objet de leur demande'. Un événement qui eut lieu sur ces entrefaites, en semblant porter atteinte à la puissance de Philippe, ne put qu'affermir le pape dans ses résolutions. Les Flamands, sur lesquels ce prince, depuis qu'il s'était emparé de leur territoire, faisait peser un joug des plus durs, s'étant endn soulevés, avaient écrasé une armée française devant Courtrai ^ désastre qu'à la vérité allait bi(mtôt réparer la victoire éclatante de Mons-en-Puelle. Enhardis eux-mêmes par cet événement, un certain nombre de prélats du royaume, malgré les défenses de Philippe, se rendirent à Rome pour le concile du l^"" novembre ''. Le roi, en ordonnant de saisir leur temporel ^ irrita encore Boniface, qui se décida dès lors à de nouvelles mesures contre Philippe. Le 18 novembre, en même temps que, par une première bulle, il déclarait frappé d'excommunication quiconque empêchait les fidèles do se rendre auprès du saint-siège *, il publiait la bulle

d. Dupuy, Ilisf. du différend, p. 63-65. La réponse des cardinaux est du 26 juin 1302. Voir aussi leur r'-ponse aux députés des villes, qui est de la même date, ibid. p. 71, 72.

2. Djipuy, ibid., p. 6o, 66. Potthast, Reg. pontif. n» 25i8i, place cette lettre en août-octobre 1302; mais elle est certainement d'une date antérieure, le pape y parlant de Pierre Flotte comme s'il vivait encore et ayant dû être informé, vers la fin du mois d'août, de la bataille de Courtrai, où Flotte perdit la vie.

Page 1