‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 216 sur 416 · Boutaric, La Fraticesous Philippe le Bel, p · texte numérisé non relu

Boutaric, La Fraticesous Philippe le Bel, p

G. Rayuald. anno 1302, n» 14.

Vnam sanctam adressée à toute la chrétienté. Cette bulle, à la rédaction de laquelle il y a lieu de penser que le cardinal d'Acqua-Sparta ne fut pas étranger ^ consacrait en termes exprès la suprématie du saint-siège sur les rois. « L'Eglise, écrivait Boniface, forme un seul corps dont le chef est Jésus- Christ, auquel ont succédé Pierre et les successeurs de Pierre, c'est-à-dire les papes. Or, il y a deux ]niissances dans l'Église, la puissance spirituelle et la puissance temporelle, ligurées l'une et l'autre par les deux glaives que les apôtres présentèrent un jour au Seigneur, en disant : Voici deux épées. Le glaive spirituel est dans la main du pape, qui seul a le droit d'en faire usage; le glaive temporel est dans la main des rois, mais ils ne peuvent s'en servir que selon la volonté du pape. Ainsi se justifie cette parole de Jérémie : Je fai placé au-dessus des rois et des royaumes pour arracher, détruire, bâtir et planter en mon nom. C'est le pouvoir spirituel qui juge le pouvoir temporel; et, si le pouvoir spirituel dévie. Dieu seul peut le juger, car l'Apôtre a dit : L'homme spirituel juge de tout, et personne ne le juge. Celui donc qui prétend que l'autorité temporelle est indépendante de la spirituelle, admet par cela même deux principes et professe une doctrine manichéenne, c'està-dire hérétique. Toute créature humaine est ici-bas soumise au souverain pontife, et le croire est une nécessité du salut ^ ». Grégoire IX et, après lui, Innocent IV avaient proclamé comme Boniface et en termes aussi nets que les papes étaient les souverains du monde; mais on n'avait pas encore dit que reconnaître leur empire était pour les chrétiens un article de foi. C'était le dernier degré que, dans son mouvement ascensionnel, pût gravir le pouvoir théocratique. Cette bulle, qui au fond était dirigée contre Philippe, n'é-

1. Dans un consistoire qui eut lieu à Rome en juillet-août 1302, ce cardinal prononça un discours (reproduit par Dupuy, ibid., p. 73-16, d'après un rass. qui date, à la vérité, du quinzième siècle) où l'on trouve la plupart des doctrines et parfois les termes mêmes de la bulle Unam sanclam.

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