‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 217 sur 416 · nov. 1302. Dupuy, ibid. p · texte numérisé non relu

nov. 1302. Dupuy, ibid. p

Luit que le prélude des sévérités auxquelles le pape allait se porter à l'égard de ce prince. Six jours après l'avoir publiée, il envoyait en France un cardinal chargé de demander satisfaction au roi sur plusieurs articles qui intéressaient tant l'Eglise de France que le saint-siège lui-même, avec menace, en cas de refus, de procéder contre lui, « par les voies spirituelles et temporelles. » Il exigeait notamment que Pliilippe révoquât la défense faite aux prélats de son royaume de se rendre à Rome et restituât à ceux qui avaient enfreint cette défense le temporel dont il s'était saisi ; qu'il s'abstînt à l'avenir de traduire à sa cour aucun ecclésiastique, pour quelque motif que ce lut, et de rien entreprendre sur les privilèges et les biens du clergé ; qu'enfin il laissât un libre accès dans ses Etats aux nonces et aux légats du pape, et reconnût au chef de l'Eglise le droit absolu de disposer de tous les bénéfices ^ Philippe adressa au pontife une réponse dans laquelle, s'expliquant en termes évasifs sur ces divers articles, il protestait de son intention de maintenir, à l'exemple de ses prédécesseurs, l'harmonie qui avait toujours existé entre le royaume de France et le saint-siège -. Mécontent de cette réponse, Boniface, par une lettre du 13 avril 1303, enjoignit à son légat de réitérer ses démarches auprès du roi et, s'il persistait à ne pas donner les satisfactions exigées, de le frapper d'excommunication ^.

Philippe, qui s'attendait sans doute à cette dernière mesure, avait avisé aux moyens d'en prévenir l'eflet. Dans une assemblée de barons et de prélats qui se réunit au Louvre le 12 mars de cette année, et à laquelle il assistait, un autre de ses dévoués légistes, Guillaume de Nogaret, qui n'était, comme Pierre Flotte, qu'un instrument du monarque, demanda et obtint de porter contre Boniface plusieurs accusations. Après avoir parlé des guerres que le pontife avait al-

1. Pottliasl, Reg. pontif. n» 2al91 — Dupuy, Hist. du différend, p. 90-92.

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