‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 229 sur 416 · Boutaric, La France sons Philippe le Bel, p. 124, note · texte numérisé non relu

Boutaric, La France sons Philippe le Bel, p. 124, note

3. Il n'est pas douteux que Bertrand de Got ne fût alors bien vu de Philippe. Une lettre écrite à Philippe en 1314 par le cardinal Xapoleone Orsini ou, comme on dit communément, Napoléon des Ursins, dit expressément qu'en le choisissant pour pape, la majorité du sacré collège avait voulu plaire au roi de France (Baluze, Vitse papar, Avenion. t. II, p. 280 et ss). Pour l'élection de Bertrand de Got voir : Christophe, i/isi. de la papauté au X/F« siècle, t. I, p. 176-182, Paris, 1833. — Boutaric, Clément V, Philippe le Bel et les Templiers, p. 1-10, 1872. — Héfélé. Conc. t. IX, i91 et ss. — Renan, étude sur Bertrand de Got, Hist. lifter, t. XXVIII (année 1881), p. 273-275. — Voir aussi une étude de M. Leclère dans les Annales de la Faculté de philosophie et lettres de l'Université libre de Bruxelles, année 1800.

L'élection eut lieu le S juin 1305. Averti du choix dont il était l'objet, Bertrand de Got, qui se trouvait aux environs de Poitiers, se rendit aussitôt à Bordeaux, où il reçut les députés du sacré collège venus pour lui notifier son élection \ et, le 24 juillet, assis dans la chaire épiscopale, il déclara prendre le nom de Clément V. Depuis la mort de Boniface, des troubles avaient éclaté à Rome et dans les provinces ecclésiastiques, troubles qu'avait encore ap^gravés la dernière vacance du saint-siège, et une lettre des cardinaux, représentant au pontife les périls auxquels était exposé l'Etat temporel de l'Église, le suppliait de hâter son arrivée en Italie -. Contrairement à leur attente, Clément désigna la ville de Lyon pour le lieu de son couronnement et manda aux membres du sacré collège de s'y transporter avec les ornements pontificaux. A la fin d'août, il (juitta Bordeaux et s'achemina vers Lyon. Il avait convié à cette solennité le roi de France, le roi d'Angleterre et tous les princes régnants^. La pompe déployée en cette occasion rappela celle que, dans une môme circonstance, avait déployée Boniface VIII. Le palais où devait séjourner le pontife avait été décoré avec magnificence. Le roi d'Angleterre, en particulier, avait envoyé, avec les meubles les plus précieux, un service complet de table en or massif. La cérémonie religieuse fut célébrée le 14 novembre dans l'église Saint-Juste ; ensuite eut lien, à travers une foule considérable accourue pour être témoin de cette solennité, la cavalcade triomphale qui était d'usage à Rome après l'acte du couronnement. Clément, à cheval et la tiare en tête, ressemblait, dit un contemporain, au roi Salomon paré de son diadème ^. Philippe le Bel, avec ses frères Charles de Valois et Louis, comte d'Évreux, figurait dans le cortège. On le vit marcher quelque temps à pied à côté du pape et tenir la bride

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