Tanquam regem Salomonem, in suo diademate coronatum
(HIUTE DE LA TTIKOC; P. ATIE 321
(le son cheval, comme si, après les tragiques événements qui étaient encore présents à toutes les mémoires, il eût voulu, par ce public hommage, marquer sa soumission au siège apostolique ^
Ce n'était là de la part du roi de France qu'une feinte déférence. Tout indique que des engagements avaient été pris envers lui par le nouveau pontife, qui, sans élévation de caractère, de foi médiocre et de mœurs pou sévères, était acquis d'avance à une politique de faiblesse et de transaction. On a placé avec raison au rang des fables une entrevue que, d'après Villani, Philippe aurait eue avec Bertrand de Got, alors qu'il n'était encore que l'un des trois candidats proposés pour le saint-siège, et dans laquelle ce prince, se disant maître du parti français dans le sacré collège, lui aurait promis la tiare à des conditions que l'archevêque aurait acceptées'. Mais il n'est pas impossible que le roi eût fait connaître ces conditions au prélat par une autre voie \ Il résulte d'ailleurs d'une lettre de Clément lui-même que, dès que se répandit le bruit de son élection, il reçut des envoyés de Philippe et que, dans cet entretien, on traita de choses si graves qu'à l'exception du pape, du roi et de quelques-uns de ses conseillers, on convint de les tenir secrètes K II est également avéré que Philippe, arrivé à Lyon, reprit en personne les négociations entamées par ses ambassadeurs, qu'il demanda expressément au pontife de condamner le mémoire de Boniface sur le chef d'hé-
1. Baluze, Vitse papar. avenion. t. I, p. 23, 03, 97. Cf. Christophe, Hist. de la papauté au X/F<= siècle, t. I, p. 186-188.
2. G. Villani,!. VIII, c 80. On sait que les prétendues conditions imposées par Philippe étaient de l'absoudre pour la part qu'il avait prise à l'arrestation de Boniface; de révoquer les sentences prononcées contre lui et ses agents; de lui acccorder, pendant cinq ans, le dixième des revenus ecclésiastiques du royaume; de condamner la mémoire de Boniface; de rétablir les Colonna dans leurs dignités, plus une sixième condition (l'abolition de l'ordre des Templiers) qu'il se réservait de faire connaître plus tard. Sauf la condamnation de la mémoire de Boniface, toutes ces conditions ont été en fait remplies par Clément.
3. Boutaric, Clément V. Philippe le Bel et les Templiers, p. 5, 6.