‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 247 sur 416 · Raynald. anno 1312, n» Ifi · texte numérisé non relu

Raynald. anno 1312, n» Ifi

pas davantage leur sentiment au sujet de la décime ordonnée pour la Terre sainte. « On ne peut vraiment appelei celte assemblée un concile, ajoute le narrateur; car le pape a tout fait à sa volonté, sans que le concile répondît ou approuvât K » La dépendance de l'épiscopat et l'avilissement des conciles avaient atteint la mesure extrême. Ce fut la dernière assemblée que, durant un siècle, devait réunir le saint-siège.

Pendant que se célébrait ce prétendu concile, Henri de Luxî.'mbourg, àla tète d'une armée composée d'environ mille chevaliers et cinq mille hommes de pied, entrait en Italie pour aller à Rome ceindre la couronne impériale-. Avant de passer les Alpes, il avait renouvelé, en présence de deux commissaires pontificaux, les serments prêtés en son nom par ses ambassadeurs à la cour d'Avignon. De nouveau il s'était engagé à protéger la personne du pontife et les droits du saintsiège et avait confirmé à l'Église Romaine ses possessions territoriales ^ Clément avait, de son côté, mandé aux Génois, aux Milanais, aux Florentins et aux autres peuples de la péninsule de rendre au futur empereur les honneurs qui lui étaient dus ^. Il y avait alors soixante ans que l'Italie n'avait pas vu d'empereur, par un effet de la politique des papes qui, à l'exception de Grégoire X, avaient cherché à en éloigner les Allemands. Le désir de se créer un appui con-

1. Walteri de Hemiiigburgh, Chron., t. II, p. 293, Lond., 1849. Il convient de noter que l'assertion du chroniqueur au sujet de la décime est contredite par uije lettre de Clément du 19 décembre 1312 (Reg. Clément. V, n» 8986), déclarant que la levée de cette décime a été décidée après examen avec les cardinaux, évéques, procureurs de chapitres etc., et avec leur approbation. Mais, quand on se rappelle les difficultés qu'éprouva Grégoire X pour obtenir du concile de Lyon une décime analogue, — décime qui n'était pas encore en 1307 intégralement payée (Reg. Clément. V, n» 1941, 18 octobre 1307), — on est autorisé à croire tout au moins que le consentement des Pères du concile de Vienne ne fut pas donné sans résistance.

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