‹ La cour de Rome et l'esprit de réforme avant Luther (volume 2)Chapitre 248 sur 416 · septembre 1310. Raynald. iôid. n · texte numérisé non relu

septembre 1310. Raynald. iôid. n

trc Philippe le Bel, l'espoir de raffermir avec les forces unies de Henri VII et du roi de Naples un pouvoir temporel ébranlé par les factions, avaient porté Clément à se départir, sur ce point, des vues de ses prédécesseurs. Toutefois, se disant empêché par les affaires du concile, il avait résolu de ne pas aller lui-môme à Rome, et il avait délégué cinq cardinaux chargés de présider, à sa place, aux cérémonies du couronnement. Dans la lettre où il leur confiait cette mission, le pontife écrivait ces mots, qui rappelaient le langage exagéré de certaines bulles de Boniface, et qui, s'ils n'étaient pas de sa part une vaine témérité, montraient combien il se faisait encore illusion sur le rôle du saint-siège à l'égard des princes : « Jésus-Christ, le roi des rois, disait-il, a donné à son Église une dignité d'un si incomparable éclat et lui a attribué en même temps une telle plénitude de puissance, que son concours est nécessaire à l'élévation des plus grands princes et que c'est à elle qu'il appartient de consacrer leur autorité, comme ils ont eux-mêmes le devoir de lui obéir et de la servir Kn

Supérieur par la fermeté, le courage, par la magnanimité des sentiments aux derniers souverains qui l'avaient précédé, Henri ne venait pas en Italie avec l'unique dessein de ceindre le diadème; il avait annoncé l'intention de relever en deçà des Alpes la puissance impériale, moins dans des vues d'ambition que pour éteindre les factions et rétablir la paix, et Clément, intéressé lui-même à cette œuvre de pacification, avait fait savoir au monarque qu'il attendait de son intervention cet heureux résultat ^ Le spectacle des provinces du nord et du centre de la péninsule, devenues presque partout la proie de petits tyrans, inspirait alors à l'auteur de la Divine Comédie, qui, victime lui-même de la violence des partis, avait été exilé de Florence, sa patrie, ces paroles élo-

1. d8 juin 13H. Raynald. eod. anno, n» 7-18. Dans cette lettre, le pape indiquait, avec un minutieux détail, les diverses formalités auxquelles devait se soumettre le futur empereur lors de son couronnement.

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