Murât. Anjiali. d'ital. anno
LE SAINT-SIÈGE A AVIGNON H.)l
dont le plus grand à ses yeux était assurément de s'être montrés rebelles à la chaire apostolique K Pour subvenir aux frais de cette croisade, il imposa une décime à toutes les églises de France. Le roi de France, qui était alors Charles IV le Bel, frère de Philippe le Long, s'opposa d'abord à la levée de cette décime. Mais le pape l'ayant autorisé à en lever une pour lui-même, il donna son adhésion. « Tel est aujourd'hui le misérable sort de l'Église, écrivait un contemporain ; quand l'un la tond, l'autre l'écorche -. »
Le jour où il ordonnait cette croisade, Jean, qui déjà une première fois, après la publication de sa bulle contre Louis de Bavière, avait assigné ce prince devant le saint-siège pour rendre compte de sa conduite, le citait de nouveau à comparaître ^ Mais, sans avoir égard à ces avertissements, le monarque allemand continuait à envoyer des secours aux Gibelins et nommait des vicaires impériaux dans les principales villes de Lombardie. Le pape se décida alors à exécuter ses menaces. Le 11 juillet 1324, il lança conti'e Louis une sentence par laquelle il le déclarait déchu de tous les droits que lui avait donnés son élection, et lui réitérait la défense de prendre le titre de roi dos Romains et d'en exercer les foncions, sous peine, non plus seulement d'encourir l'excommunication, mais de se voir privé des fiefs et privilèges qu'il tenait de l'Empire ou de l'Eglise. Cette sentence fut notifiée à tous les princes chrétiens et publiée à la fois en France, en Angleterre, en Italie et en Allemagne. Encore le pape se réservait-il, par la même sentence, de frapper Louis de plus