Bulle du 23 mars 1324, Rayaald. eod. ann. n
2. Gr. Chroniq. éd. P. Paris, t. V, p. 300. Le langage du chroniqueur est plus énergique. « Le pape, dit-il, envoia par toutes les provinces du royaume de France, afin que les églyses et les personnes d'églyse lui aidassent à parfaire ses guerres. Laquielle chose le roy defïendit.. ; mais le pape luy rcscript ; après, le roy considérant Do/2«e m'en je t'en donrai, il nctroia de l'gier, dont le pape luy donna le dixiesme des églyses à deux ans ensuivans ; et ainsi saincle églyse, quant l'un la toud, l'autre Tescorche. »
3. Monitoires des 7 jinvier et 23 mars 132i. Il tynaid. eod. anuo, n"' 3, 13.
grandes peines, si, dans un délai déterminé, il ne faisait acle de soumission K
Ce délai devait expirer au mois d'octobre. Loin de paraître disposé à se soumettre, Louis choisit cette date pour publier contre Jean XXII un nouveau manifeste, où il l'attaquait tout ensemble dans sa conduite politique, dans son administration spirituelle et jusque dans sa foi. « On rap|)orle, y écrivait l'empereur, qu'il dit ouvertement que, lorsque les rois sont divisés, le pape est vraimijnt pape et fait ce qui lui plaît. Il dit aussi que les divisions qui peuvent troubler l'Allemagne assurent la paix de l'Église et le salut du pontife. C'est sans doute par cette raison qu'il n'a pas envoyé de nonces en Allemagne pour empêcher les guerres qu'y avait fait naître une double élection, quoiqu'il eût dans ces contrées plusieurs collecteurs chargés do recueillir de l'argent et auxquels il eût pu aisément confier cette mission, montrant ainsi, par une preuve évidente, qu'il agit contrairement aux préceptes du Christ dont il se dit faussement le vicaire. » Puis, reprochant au pape l'usage (ju'il faisait de son autorité spirituelle: « Qui ne sait, ajoutait Louis, qu'il a conféré des évèchés et des abbayes dans nos États à des ecclésiasti(iues indignes et dont le seul titre à sa faveur était d'être ennemis de l'Empire? En Italie, il a, au mépris de toute justice, condamné comme hérétiques des hommes notoirement orthodoxes, et cela uni(juement parce qu'ils nous étaient fidèles. Il nous traite nousmème de fauteur d'hérétiques parce que nous protégeons nos vassaux, tandis que, de son côté, il s'efforce de les soumettre par la voie des armes si contraire aux devoirs du sacerdoce. C'est lui le véritable auteur des divisions et des guerres qui troublent en ce moment la Lombardie; et c'est à fomenter ces guerres, c'est à répandre le sang que sont employées les sommes considérables qu'il se procure en Italie et en Allemagne au moyen de décimes qu'il double et qu'il triple et des annales qu'il tire de tous les bénéfices vacants. » Après