G. Villani, 1. X, c
vellcs conventions avoc Frédéric d'Autriche, venait d'associer ce prince au gouvernement de l'Empire et avait été jusqu'à lui restituer le titre de roi des Romains ^ En se conciliant ainsi les partisans qu'avait pu conserver son ancien compétiteur, il rendait plus difficiles les menées du pape en Allemagne. Il crut qu'il pouvait dès lors donner toute son attention aux événements d'Italie, et une diète fut convoquée à Trente, pour le commencement de l'année 1327, en vue d'aviser aux moyens de secourir efficacement les Gibelins.
Lorsque Louis parut à cette diète, les principaux chefs gibelins s'y trouvaient réunis. Ceux qui n'avaient pu venir en personne, tels que Castruccio Castracani, avaient envoyé des députés. Le roi de Sicile, Frédéric, avec lequel Louis avait depuis peu conclu une alliance ^, s'était également fait représenter par des ambassadeurs. Tous supplièrent le monarque de ne pas confier à d'autres mains que les siennes les nouveaux secours qu'il se proposait de leur accorder; mais de descendre lui-même en Italie et d'aller à Rome prendre la couronne impériale, lui offrant, pour les frais de son expédition, un subside de cent cinquante mille florins ^. Cédant à des sollicitations qui s'accordaient avec ses secrets desseins, Louis promit de se rendre en Italie et d'y rétablir la puissance « que les Allemands avaient autrefois conquise au prix de leur noble sang^. » Des évêques, des clercs, des frères mi-
1. Pour le détail de ces singulières et nouvelles conventions qui eurent lieu en septembre 1323 à Munich, puis en janvier 1326 à Ulm, voir C. Millier, Der Kampf Ludwigs des Baiern mit dcr Romischai Curie, t. I, p. 117-123. Il y a lieu de supposer que, dans l'idée de Louis, ces conventions n'avaient qu'une valeur momentanée. Il pensait, dès cette époque, au voyage d'Italie, et il devait croire que, lorsqu'il reviendrait en Allemagne avec le titre d'empereur, les concessions faites à son ancien rival se trouveraient par cela même annulées.
2. Cette alliance avait été conclue le 17 mars 1325. Voir dans l'Anonyme de Sicile, Murât, rer. ital. t. XII, p. 898, 899, une lettre de Louis à Frédéric, datée de Trente, le 26 février 1327.