G. Villani, 1. X, c. 55. — Gregorovius, ibid. p
Pierre? On ne pouvait faire au saint-siège une plus violente injure, ni montrer par une preuve plus éclatante de quel esprit d'indépendance était alors animée, dans ses rapports avec l'Eglise, la société laïque.
Jean ne laissa pas sans réponse un tel acte d'audace. Par une bulle du 31 mars 1328, il déclara de nulle valeur le couronnement de Louis de Bavière, cassant d'avance toutes les décisions que ce monarque pourrait prendre en qualité d'empereur *, et, par une autre lettre du môme jour, il signifia aux Romains que si, dans un délai de trois mois, ils n'avaient chassé l'usurpateur et n'étaient revenus à l'obéissance de l'Eglise, il lancerait sur eux les foudres de l'excommunication et mettrait leur ville en interdit^. Déjà, le 21 janvier, avant de savoir que Louis fût entré à Rome, il avait ordonné de prêcher en Italie une croisade contre lui, promettant à tous ceux qui le combattraient par les armes les indulgences accordées pour la Terre sainte ^. Il renouvela alors cette injonction, en même temps que par ses soins était resserrée l'alliance qui unissait Robert de Naples, Florence, Bologne et les autres cités guelfes ^. ÎS^on content d'attaquer son adversaire en Italie, il tenta, comme il avait fait une première fois, de l'ébranler en Allemagne. Il rappela aux évêques et aux princes allemands que Louis de Bavière avait été destitué par une sentence du saint-siège de tous ses droits à l'Empire et les pressa de procéder au choix d'un autre souverain ^ Il ne chercha pas, ainsi qu'on eût pu s'y attendre, à lui opposer Frédéric d'Autriche, bien que ce prince portât le titre de roi des Romains. Il reprochait à Frédéric d'avoir méconnu les prérogatives apostoliques en ne demandant pas au saint-siège, depuis treize ans qu'il avait été élu