Gregorovius, Storia di Roma, t. VI, p
4. Voir une lettre du pape au roi de France du 28 août 1328, Raynald.eod. anno, n° 51. — Gregorovius, ibid. p. 194, 195.
nouvel appel aux Gibelins et de se porter ensuite contre Florence. Dans lo trajet, si l'on en croit le tiMiioignage de Villani, la mort enleva à ses côtés Marsile de Padoue *; bientôt il apprenait celle de Gastruccio*. Il perdait ainsi ses deux plus utiles auxiliaires, qui le secondaient l'un de ses conseils et l'autre de son épée. Arrivé à Pise, il y trouva Michel de Césène et Guillaume Ockam, qui, venus à Avignon et sur le point d'y être arrêtés par ordre du pontife, s'étaient évadés avec Bonnegràce de Bergame et avaient réussi à gagner l'Italie. Ils cherchèrent à réveiller son courage. C'est à eux qu'on a prêté ces mots: « Défendez-nous avec le fer, nous vous défendrons avec la plume ^ » A leur instigation, Louis réitéra la sentence de déposition dont il avait frappé Jean XXII, le déclara de nouveau hérétique notoire et défendit à tous les sujets de l'Empire de le reconnaître pour pontife *. Peu après, l'antipape entrait à son tour à Pise, accompagné de ses cardinaux, et. le 18 février 1329, dans une assemblée à laquelle assistaient l'empereur, des seigneurs allemands et plusieurs nobles de la ville, confirmant de ses sévérités les défenses du monarque, il fulminait l'anathème contre Jean, le roi de Naples, les Florentins et leurs adhérents ^. Mais ces sentences, que Louis ne soutenait plus du succès de ses armes, ne rani-
1. A Montalto, 10 septembre 1328. G. Villani, 1. X, c. 100. Cette assertion de Villani parait contredite par une lettre de Louis de Bavière écrivant à Benoit XII en 1336 (Raynald. hoc anno, n» 36) : « Universos hsereticos... extirpabimus... et specialiter... Marsilium de Padua. » Mais ce texte ne nous semble pas mériter une entière créance (voy., dans le présent volume, à la date de 1336, nos notes sur le pontificat de Benoit XII). Ce qui est certain, c'est que, — si l'on excepte cette lettre de Louis, — la personne de Marsile disparait de l'histoire depuis 1328, à ce point que .Jean XXII s'abstient dés lors de sévir contre lui, bien qu'il poursuive avec rigueur les partisans de ses doctrines. G. Muller, ouvr. cité, t. Il, p- 160, regarde comme possible l'existence de Marsile en 1342 d'après ud traité qu'il aurait écrit à l'occasion du divorce de Marguerite Maultasch; mais il reconnaît lui-même que l'attribution de ce traité à Marsile est contestable. Cf. Baldassore Labanca, Marsilio de Padova, p. 111, in-S" 1882.