Charles le Bel était mort le le^ février
lins. Sous prétexte de rétablir l'accord entre les doux juridictions, [mais en réalité pour réprimer les empiétements du clergé, il convoqua dans une assemblée à Paris les prélats et les barons du royaume ^ et, pour la première fois, les droits revendiqués par l'épiscopat furent soumis au grand jour d'un débat solennel.
Cette assemblée se tint dans le temps que Louis de Bavière, ayant quitté la Lombardie, venait de rentrer en Allemagne. Vingt prélats, dont cinq archevêques et quinze évoques, y assistaient, ainsi qu'un certain nombre de barons et d'officiers royaux. L'un des conseillers du monarque, Pierre de Gugnières, célèbre légiste de l'époque, eut d'abord la parole pour défendre les droits de la royauté et des seigneurs. S'app ayant sur ce texte : Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu, il demanda hautement la séparation des deux pouvoirs, déclara que les évêques devaient se borner au spirituel et, les accusant d'outrepasser leurs droits, proposa contre eux soixante-six articles de griefs. Les interprètes de l'épiscopat s'expliquèrent à leur tour. Ils commencèrent par décliner la compétence du roi, disant qu'ils ne parlaient que pour éclairer sa conscience; après quoi, ils s'efforcèrent de démontrer que la juridiction temporelle n'était pas incompatible dans une môme personne avec la spirituelle, rappelèrent que Jésus-Christ avait possédé l'une et l'autre puissance, et, entrant dans le détail des soixante-six articles formulés par Pierre de Gugnières, se plaignirent qu'ils tondissent pour la plupart à la ruine de toute justice ecclésiastique. Les discussions, animées de part et d'autre, occupèrent plusieurs séances. Le roi rendit un premier jugement qui, sans fixer clairement les limites respectives des deux juridictions, ne laissait pas d'être défavorable aux évêques. Par la bouche de Pierre de Gugnières, il leur défendit à l'avenir « de connaître des causes civiles », tout eu se disant disposé à les maintenir dans les droits qui paraîtraient